Thompson HUt, uni voy, vol. XXIX
but de désarmer les mauvais esprits, d'apaiser leur soif de sang et de mort, en leur offrant une petite partie du corps afin de sauver le reste. Tient-on à appeler religieuses ces aberrations à la fois barbares et enfantines? soit; mais c'est à coup' sûr une religion bien rudimentaire. Quoique plus intelligents et ayant déjà adopté la vie pastorale, les Hottentots n'étaient guère plus religieux que les Bochimans, leurs voisins. Quand un des leurs venait à mourir, ils l'enveloppaient de son plus mauvais vêtement ou kros, le plaçaient dans la position accroupie, sûrement pour qu'il occupât moins de place, et l'inhumaient à quelque dislance de leur campement, dans une fosse peu profonde, qu'ils comblaient ensuite avec de la terre et des pierres*. Or le souci de préserver, d'une manière quelconque, le cadavre de la dent des carnassiers ou du bec des oiseaux carnivores implique généralement la croyance si répandue chez les sauvages, à la survie du double après la mort au moins pendant un certain temps. Les Hottentots devaient donc croire à l'existence des doubles spiritiques. Certaines de leurs tribus d'ailleurs, notamment celle des Korannas, usaient et môme abusaient des pratiques de la magie. Or, ces deux genres d'aberrations, la magie et la spiritisme, se tiennent de fort près.
Les idées des Hottentots à propos de la vie future étaient très confuses encore*. Déjà pourtant ces sauvages redoutaient le voisinage des ombres, que les morts devaient laisser derrière eux, et, après chaque décès, le krâl hottentot se hâtait de décamper'.
Quant à des croyances en des êlres mythiques méritant d'être appelés dieux^ l'existence en est fort douteuse chez les Hottentots. Levaillant rapporte que chez une seule tribu,