Moffat. Loc. cit
74 LÉYOLOTION RELIGIEUSE.
aflaire à des hommes; il est naturel aussi d'admettre que certains objets, capricieusement choisis, sont doués de vertus animiques particulières, d*où tes amulettes, ayant la propriété défaire tomber de la pluie quand on en a besoin^ De môme on a grand'peine à croire à la mort naturelle; le rapide passage de la santé à la maladie, de la maladie à la mort semble illogique, surnaturel. Le monde étant conçu comme rempli de forces nuisibles et les hommes ayant, croit-on, le pouvoir d'influer sur ces forces, il est tout naturel d'attribuer la plupart des décès à la malveillance d'un ennemi, qui avait ensorcelé le défunt et dont il faut tirer vengeance*. Sur ce point les Cafres ne sont pas plus avancés que les Australiens et un grand nombre d'autres populations sauvages. En Cafrerie, la magie homicide se pratique souvent au grand jour; ainsi, chez les Amazoulous, un chef en ensorcelle toujours un autre avant de le combattre : il le tue en imagination avant de le frapper'. Mais pour la sorcellerie, comme pour toute autre chose, les aptitudes des individus sont inégales et certaines personnes savent mieux que les autres dominer les puissances invisibles : ce sont les sorciers; mais le principal usage de la sorcellerie étant de faire pleuvoir, les sorciers sont les faiseurs de pluie. Comment agissent les faiseurs de pluie? A ce qu'il semble, par l'intermédiaire d'esprits cachés, sur lesquels ils ont acquis de l'empire; car un chef cafre tint à Moffat et à son collègue, accusés d'élre des empêcheurs de pluie, le langage suivant : « N'est-il pas vrai que vous vous prosternez dans vos maisons et que vous parlez à quelque mauvais esprit caché sous terre* »? Le moyen le plus habituel pour atteindre par la sorcellerie un but quelconque corrobore nettement la supposition précédente, puisque c'est toujours un sacrifice