‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 83 sur 555 · Moffat. Loc. cU · texte numérisé non relu

Moffat. Loc. cU

L'AIflMISMB DANS L'AFRIQUB AUSTRALE. 75

sanglant, l'immolation d'un animal domestique, offert à Tesprit qu'on veut se concilier. La valeur de la victime propitiatoire varie avec la difficulté ou l'importance de chaque cas. Dans une longup sécheresse, un célèbre Taiseur de pluie répondait aux reproches de la population : « Vous ne me donnez à tuer que des brebis et des chèvres; je ne puis vous faire que de la pluie de chèvre. Donnez-moi un bœuf gras, et je vous ferai avoir de la pluie de bœuf. »

Mais l'intervention du sorcier est requise dans diverses circonstances : le plus souvent pour obtenir de la pluie, fréquemment aussi pour découvrir un coupable ou guérir un malade, ou bien quand un accident a effrayé la tribu, par exemple, quand un arbre ayant été foudroyé', on se croit menacé de l'être. Tous ces sacrifices expiatoires, propitiatoires ou divinatoires se font par le sorcier et ordinairement sur son conseil'. — En Cafrerie, le crédit des faiseurs de pluie est considérable ; il l'emporte parfois sur celui des rois euxmêmes, et ce sont eux surtout qui tiennent les missionnaires en échec*. La race bantou est intelligente, c'est dire que beaucoup de faiseurs de pluie sont plus fripons que dupes. € 11 n'y a, disait l'un d'eux ik Moffat, que des hommes sages qui puissent être faiseurs de pluie; car il faut beaucoup de sagesse pour tromper un si grand nombre d'hommes. Vous el moi, ajouta-t-il finement, nous savons ce qu'il en est*. »

Les sacrifices d'animaux sont évidemment un culte embryonnaire, puisque, partout, les pratiques religieuses ont pour but de se concilier les personnages mythiques, d'apaiser leur courroux ou d'en obtenir une faveur; mais ces

i. MoCfot. Loc. cit. 100.

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