IV. ^- lA VIE FUTURE
Relativement à la vie future, les idées des nègres africains sont fort analogues à celles des nègres océaniens, dont j'ai parlé dans un précédent chapitre. Comme nous allons le voir, les nègres croient fermement, du moins en général, que les morts laissent derrière eux une ombre, un fantôme ; mais ils font une diflférence radicale entre ce résidu impalpable et l'homme en chair et en os, qu'ils ont connu, aimé ou haï. C'est ce qui a fait croire à plusieurs explorateurs, que les nègres étaient de purs matérialistes. Au Gabon, dans une fête, les femmes, en dansant d'une façon très lascive, chantaient ceci : « Tant que nous sommes vivants et bien portants, — soyons gais, chantons et dansons; — car, après la vie vient la mort; — et alors le corps pourrit, le ver le mange — et toiit eist fini pour toujours'* ». Quand une mère voit mourir son enfant, elle s'écrie avec un accent de profonde douleur : « Tout est fini*! »