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80 L'ÉY0LUTÏ0>' RELIGIEUSE.
Il en est ainsi au Gabon, et il n'en va pas autrement dans TAfrique orientale où les indigènes chantent, lors d'un décès : a Tout est fini et pour toujours*! » Oui, mais dans leur opinion, ce qui est fini, c'est l'être en chair et en os. Celui-là est parti, à jamais disparu, toutefois en laissant derrière lui quelque chose.
Pourtant, dans l'Afrique Orientale, dans la région des Grands Lacs et du Haut Nil, région, il est vrai, où la raceclhiopiennc domine, le voyageur Baker a rencontré un chef, Commoro, roi des Latoukas, qui semblait absolument affranchi de toute illusion au sujet de la mort, si du moins l'on s'en rapporte au très curieux dialogue publié par le voyageur anglais. Il y a déjà bien des années, j'ai le premier attiré Taltenlion sur cet instructif entretien*, actuellement assez connu, mais que je ne puis me dispenser de citer encore, ne fût-ce que pour l'édification des professeurs de métaphysique : « Un jour, dit sir Baker^ après que les danses funèbres eurent été terminées, j'envoyai chercher Commoro, et par le moyen de mes deux interprètes j'eus avec lui un assez long entretien sur les coutumes du pays. Je voulais, autant que possible, découvrir l'origine de la mode exiraordinaire, qui faisait exhumer les cadavres après leur sépulture : peut-être, pensais-je, cet acte tient-il aune croyance en la résurrection.... Jelui demandai pourquoi on laissait sans sépulture les corps des guerriers tués sur le champ de bataille. — C'était une coutume, qui avait toujours existé; mais il ne pouvait pas m'en expliquer le motif. — Mais, répliquai-je, pourquoi déranger les os de ceux qui ont déjà été enterrés et les exposer hors de la ville? — C'était l'usage de nos aïeux et nous l'avons conservé, répondit-il. — Ne croyez-vous pas à une autre existence après