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MESURE DES INTENSITÉS PSYCHIQUES

au sens absolu, dans aucun mouvement physique. On

yeut ramener toute mesure à la superposition (1); mais nous

ne pouvons pas comparer deux quantités de temps, comme

deux quantités d'espace, en les superposant; tandis que la

mesure pour l'espace repose sur la superposition directe, la

mesure pour le temps, et par suite pour la masse, la vitesse,

la force, etc., suppose, outre l'intuition, des hypothèses de

eonstance dans la nature qui ne sont pas directement véri-

fiables.

Ajoutons que les mesures physiques, même pour l'espace, présupposent elles-mêmes des mesures psychiques et une certame foi dans l'apparence intérieure, dans la conscience. Dans le cas même ae la superposition, — de cette superposition qu'on érige en un type de rigueur absolue, — comment puis-je savoir que d'un instant à un autre les longueurs superposées sont demeurées égales, sinon par régalité apparente de mes deux sensations, ou plutôt de mes deux aperceptions? Quand je pèse des objets dans une balance, je suppose non seulement la constance et l'identité de la pesanteur à divers instants, mais encore une constance dans mes états de conscience assez grande pour me permettre de distinguer dans des temps divers l'identité des sensations. Je suppose que c'est la même balance, avec les mêmes plateaux de grandeur apparemment égale, les mêmes poids apparemment identiques, etc. Quand nous mesurons des grandeurs intensives enles transformant en grandem^ extensives d'espace et de temps, comme cela arrive pour la mesure des intensités dans les sons ou dans la lumière, nous admettons que la force des vibrations lumineuses ou sonores est fonction de Téloignement de la source de lumière ou de la source de son ; nous admettons donc qu'un mouvement objectif est fonction de certaines conditions d'espace; c'est là une première hypothèse touchant les conditions extérieures; en second lieu, ici encore, nous admettons cpie nos sensations sont des témoins suffisants pour nous faure apprécier l'égalité ou l'identité de deux lumières et de deux sons.

Le problème psycho-physique est sans doute plus compliaué que les problèmes dits purement physiques, mais en réalité il n'est pas absolument différent. L'homogénéité et la constance des phénomènes sont moins visibles, mais, pour les mesures physiques, un sceptique pourrait également contester la parfaite nomogénéité et la parfaite constance. On

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