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LA OUASTITÉ DANS LES ÉTATS DE CONSCIENCE

peut donc dire que toutes les mesures, même physiques, sont vraies seulement dans Tabstrait et sous certaines conditions hypothétiques; nous admettons ensuite, dans les sciences concrètes, que ces conditions sont sensiblement réalisées, et nous appliquons alors les lois posées dans l'abstrait. Il en est de même en psychologie, avec cette diflérence que c'est précisément Vapparence qui est ici l'objet de la mesure et que, conséquemment, l'égalité apparetite est plus que jamais suffisante en théorie comme en pratique.

Quant auï formules mathématiques relatives à la mesure des états de conscience, on peut contester avec raison leur parfaite exactitude pour tous les cas {!), Mais ce sont là des problèmes secondaires. La seule chose qui nous importe en ce moment, c'est que les états de conscience ont une grandeur intensive, et que cette grandeur môme, dans beaucoup de cas, est pour nous une quantité mesurable. N'est-il pas naturel d'induire que, si nous avions des procédés de mesure plus délicats, nous trouverions tous les états de conscience mesurables sous le rapport de l'intensité? C'est donc bien d'abord en nous que nous trouvons l'intensité, et c'est bien par l'intensité de nos états de conscience, en dernière analyse, que nous mesurons toutes les autres intensités. L'intensité est une idée psychique transportée par nous dans le monde physique; et la mesure psycnique, en déSnitive, est la mesure de toutes choses, Tcôvtuv [AÉTpov.

S'il en est ainsi, nous pouvons déjà inférer qu'U est peu probable que les états de conscience soient de simples reflets, des accompagnements inertes, qui ne seraient facteurs sous aucun rapport? Comment croire que ce qui est essentiellement intensif, à des degrés divers, ne soit qu'une forme tout extérieure et superficielle. L'intensité ne se conçoit que comme un rapport de forces et d'activités, comme le résultat d'une harmonie ou d'un conflit, non entre des ombres, mais entre des réalités. Une sensation de soif intense, un sentiment de désir intense, n'est-ce rien que des épiphénomènes passifs, laissant en dehors d'eux toute la force vraiment agissante ? — Cette opinion est dès àprésent improbable, puisque en définitive Vintensité est un objet direct de conscience et ne se saisit que dans la conscience. L'intensité attribuée, par exemple, aux forces en action dans notre estomac ou dans notre cerveau n'est elle-même qu'un dérivé, une projection de l'intensité directement saisie dans notre faim ou dans notre désir ; il

. Voir M. DelliCEur, la Psycho-phtjsiiiiu:

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