‹ L'évolutionnisme des idées-forces (volume 2)Chapitre 15 sur 87 · SÉLECTION NATURELLE ET MINIMUM SENSIBLE · texte numérisé non relu

SÉLECTION NATURELLE ET MINIMUM SENSIBLE

parviennent pas au cerveau et à la conscience, elle s'explique surtout, selon nous, par la sélection naturelle. Dans la concurrence pour la vie, les animaux qui ont triomphé sont ceux qui pouvaient le mieux réagir sur l'extérieur pour s'y adapter, par cela môme pour se conserver et se développer. Or il y a eu ici deux excès possibles, tous deux nuisibles à l'être vivant : un excès d'insensibilité, un excès de sensibilité. Supposez un être trop insensible pour être averti d'un ennemi qui le menace, d'une influence extérieure qui lui est contraire : cet être et sa postérité finiront par disparaître. L'insensibilité et l'inconscience presque complètes ne sont admissibles que chez les minéraux, dont la constitution n'a pas la complexité etla fragilité des êtres vivants, surtout des anmaaux, et n'exige pas de leur part une réaction motrice à forme complexe. De là, chez les animaux, la supériorité de ceux qui ont acquis des sensations pins intenses, plus nombreuses et plus variées, en correspondance avec l'intensité, la multiplicité, la variété des circonstances favorables ou défavorables. Mais, d'autre part, supposez un être d'une sensibilité exagérée, chez qui tout retentisse dans la conscience centrale. Cet être sera en entier absorbé par une continuelle réaction vers l'extérieur; il sera dans un état de surexcitation maladive d'où dérivera l'usure rapide du système nerveux- Toute son énergie se dépensera à jouir ou à souffrir ; il ne lui restera même pas une portion d'énergie à convertir en pensées, en réflexions, en résolutions, pour comprendre et écarter le danger. Un tel être ne pourra Tivre ou faire vivre ses descendants : la sélection naturelle l'éliminera. Qu'il s'agisse des centres nerveux inférieurs ou du centre cérébral, l'excès d'impressionnabilité sera également nuisible. Si les centres inférieurs, par exemple ceux qui sont le siège de mouvements réflexes, réagissent contre de trop fûbles excitations, s'ils ne sont pas modérés par des « centres d'arrêt n ou autrement, et s'ils absorbent tout le courant nerveux, ils feront comme les nerfs malades et dépenseront toute l'énergie qu'ils tiennent emmagasinée contre les faibles excitations qui se jouent sans cesse autour d'eux : ils rendront un Bon intense et douloureux comme une harpe qui se plaindrait au plus léger souffle, ils réagiront par des mouvements excessifs et convulsifs contre les moindres excitations. C'est ce qui a lieu quand, par l'ablation des centres supérieurs, on concentre toute l'activité dans les centres réflexes : les mouvemens réflexes s'exagèrent alors ; chez le blessé dont la moeUe n'est plus en communication avec le cerveau, les mouvements réflexes des jambes deviennent, au moindre attouchement,

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