LA QUANTITÉ BANS LES ÉTATS BU CONSCIENCE
que, plus une excitation est déjà forte, comme celle d'une*" liqueur alcoolique, plus forte doit être l'escitation ajoutée pour produire une différence perceptible : la sensation croit donc bien plus lentement que l'excitation. Cette loi s'eipliiiue par l'usure des nerfs. Toute excitation produit un double effet : elle est cause de sensation, et eÛe est cause aussi ' d'épuisement nerveux ; or l'épuisement diminue la sen- I sation (1). Le toucher, après s'Ctre exercé sur des objets rudes, ne sent bientôt plus les aspérités ; une saveur acre ' enlève momentanément le goût; une odeiu- forte, l'odorat; une rose dont on respire d'abord le parfum avec plaisir ne procure plus aucune sensation au bout de quelques instants. Regardez un objet très rouge, puis un objet blanc, le blaDOii vous paraîtra verdâtre; c'est que les nerfs du rouge sont»J émoussés, et ceux de la couleur complémentaire, qui avec Ift.] rouge forme le blanc, ne le sont pas ; de là, en présence de 1 l'objet blanc, la prédominance des sensations qui produisent ! ' le vert. En généri, une seconde sensation ne peut jamais être ' I aussi forte que la première : c'est ce qui cause la déception ■ des buveurs de bqueurs fortes, qui ne peuvent accroître un peu leurs sensations qu'en augmentant beaucoup la dose des excitants.
Dès lors , nous ne voyous pas que la loi de Fechner réduise la conscience, comme M, Ribot semble le dire, à un jeu d'optique en grande partie illusoire, car l'illusion porte Lien plutôt sur l'objet extérieur que sur l'état de conscience lui-même : ce sont nos inductions et non pas notre conscience qui sont ici suspectes. Par exemple, sila conscience n'augmente pas l'intensité de sa sensation de son dans la même mesure que l'excitation extérieure, c'est que l'usure des nerfs contrebalance en partie cette excitation : la conscience est donc fidèle dans son apparente infidélité et reflète l'état exact, sinon des objets extérieurs, du moins du système nerveux- La loi psycho-physique, à nos yeux, n'est pas vraiment psychique, mais simplement physique. Nous ne voyons pas' de quel droit Wundt maintient le caractère psychique de cette loi, où il a voulu voir un « problème de logique inconsciente à forme mathématique »; c'est chercher bien loin, dans la logique inconsciente, une expUcation que la physiologie et la physique peuvent fournir avec plus de simplicité.
Quant à cette loi, plus générale, qui veut qu'au-dessous d'une certaine limite d'intensité les impressions extérieures ne
1. Voir 3ur ce poïDl M. Delbœuf, Ej'amen de la loi psycho-physique.