LE MOUVEMENT DANS LA CONSCIENCE
comme il a une vitesse. Il a même une extension, en ce sens qu'il se propage à un plus ou moins grand nombre d'états mentaux : il retentit dans des sphères plus ou moins larges de la pensée, de l'émotion, de la volition, corrélatives sans doute à l'action d'un plus ou moins grand nombre d'éléments nerveux dans l'étendue,
Le changement de direction, de vitesse, d'énergie et d'extension dans le cours des états de conscience, peut être produit tantôt par le plaisir ou la douleur, tantôt par l'attention volontaire, qui résulte elle-même d'un intérêt pris à l'objet. Quand le changement est produit plus ou moins soudainement par le plaisir ou la douleur, il constitue l'émotion proprement dite. L émotion implique en outre, comme nous le verrons, une réaction spontanée du désir, de la volonté instinctive. Quant à l'attention, elle est une réaction de la volonté réfléchie. Il y a donc ici acHon et réaction de forces, avec moiivemoit consécutif dans les états de conscience, puis dans les muscles.
Nous sentons même en nous quelque chose d'analogue aux mouvements de tension et aux mouvements de translation : nous distinguons de petites tendances au changement qui existent en nombre incalculable et produisent un état de tension intérieure, ^'inquiétude, de conflit intestin; nous distinguons bien mieux encore les mouvements de translation intérieure, les changements massifs, comme le passage de l'indécision à une volition énergique. Puisque, d'autre part, tout état et tout changement de la conscience embrasse, avec une multiplicité d'éléments simultanés, un caractère /oca/ plus ou moins défini, il en résulte que les mouvements intérieurs enveloppent eux-mêmes le sentiment plus ou moins vague d'un mouvement local.
Il est donc bien difficile d'admettre l'opposition classique, trop absolue, entre les changements internes dans la durée et les mouvements externes dans l'espace. Nous portons en nous l'essentiel du mouvement, comme l'essentiel de la force. C'est ce qui deviendra de plus en plus clair, à mesure que nous continuerons d'analyser les rapports des divers états de conscience avec la force et avec le mouvement.