EXTENSIVITÉ DES ÉTATS DE CONSCIENCE
VOUS VOUS figurerez un grand trou noir, quelque sensation, soit de pression, soit de mouvement, soit de vide ; vous croirez marcher, étendre les bras, voler dans les airs, tomber dans un goufifre. Si vous réussissez à éliminer les sensations de la vue^ du toucher ou des muscles, il vous restera une représentation vague de votre corps, de la vie corporelle, c'est-à-dire encore de quelque chose à'épandu, d une sphère sensitive sans contours précis ; vous vous figurerez une sorte de grand corps sans hmites, une cœnesthésie indéterminée, un chaos de sensations indéfinies, tout au moins de sensations possibles. Donc rétendue est, si Ton veut, une forme de sensation, mais ce n'est pas une forme pure. Toute sensation vient d'un nerf afférent et se réfléchit sur un nerf efférent par l'intermédiaire des centres nerveux : c'est à cette commune propriété de toute sensation crue parait répondre, dans la conscience, la forme générale ae l'espace.
nombre, la durée, la succession et la coexistence, nous voyons pénétrer dans le monde intérieur une certaine forme élémentaire d'extensioHy un ordre d'états coexistants qui n'aura besoin que de prendre une qualité particulière et de se spécifier pour devenir étendue tactile, visuelle ou musculaire.
. VIII. Le mouvement dans la conscience. — Il y a dans Tesprit, comme dans les objets extérieurs, un mouvement au sens antique du mot, c'est-à-dire un changement continu et une succession d'états. C'est ce que les Allemands, considérant surtout le côté représentatif et conscient de l'esprit, appellent le cours dçs représentations.
Ce cours dans le temps est d'abord sujet à des modifications de vitesse j tout comme le mouvement dans l'espace : je pense plus ou moins vite, je passe plus ou moins rapidement d'une émotion à l'autre, d'une volition à l'autre. Inutile de décrire ici les ingénieuses expériences des psycho-physiciens pour mesurer le temps nécessaire à un acte de discernement, à un souvenir, à une association d'idées, à une aperception, à une volition. Le jeu des cellules cérébrales et le jeu corrélatif des idées se précipitent ou se ralentissent dans la santé ou dans la maladie, dans l'état de repos ou de fatigue, dans l'excitation du plaisir ou de la douleur, de la crainte ou de l'espérance, dans le sommeil, dans la folie, etc.
Ce mouvement des idées et des émotions a une direction