‹ L'évolutionnisme des idées-forces (volume 2)Chapitre 34 sur 87 · PROBLÈME DES ÉTATS MENTAUX INCONSCIENTS · texte numérisé non relu

PROBLÈME DES ÉTATS MENTAUX INCONSCIENTS

les sensations en éléments qui échappent à la conscience et qui seraient cependant « mentaux. » Même courant d'idées en Angleterre. Hamilton et ses partisans expliquent la plupart des faits intérieurs et même extérieurs par la pensée inconsciente ou par les modifications latentes de l'esprit. D'autre part beaucoup de physiologistes, principalement Laycock et Carpenter, ont donné à la théorie une forme plus matérialiste ; en même temps, ils ont désigné le phénomène sous le nom de cérébration inconsciente, Maudsley admet que la conscience saisit simplement les résultats généraux, souvent grossiers, d un travail accompli au-dessous d'elle par l'automatisme cérébral. On a fait, selon lui, trop de cas de la conscience dans le passé : au lieu d'être le soleil autour duquel gravitent tous les phénomènes intérieurs, elle n'est tout au plus qu'un satellite ; ou plutôt « elle se borne à indiquer ce qui se passe au lieu de produire les événements. » Pour Maudsley, l'inconscient n'est plus, comme pour M. de Hartmann, un principe spirituel d un caractère mystique : il s'est réduit en un mécanisme tout matériel (1).

La conscience n'est-elle donc qu'un accident inerte dans la nature, ou existe-t-elle et agit-elle au fond même des choses? Telle est la question capitale qui revient toujours, sur laquelle se sont séparés et se séparent encore idéalistes et matérialistes. De notre temps, cette question a pris une forme plus {psychologique et même physiologique : avant de spéculer sur 'essence des choses, on comprend la nécessité de faire d'abord en nous la part de la conscience et de l'inconscience : aussi peut-on dire que le grand problème de Tactivité inconsciente domine la psychologie contemporaine, a Je me suis cherché moi-même, » disait Heraclite en résumant sa vie entière, et il ajoutait avec mélancolie : « Je ne me suis point trouvé. » A notre époque, nous nous cherchons encore. L'ancienne psychologie croyait atteindre du premier coup le fond de notre être par la conscience : ce Je pense, je me pense, donc je suis. » La tentation actuelle des psychologues est de croire que la pensée avec ses idées est une simple forme, une surface brillante sous laquelle se dérobe un fond toujours obscur, matière selon les: uns, esprit inconscient selon les autres, qui seul dure pourtant, qui seul agit, qui seul est.

Deux hypothèses sont ici possibles. Ou le sentiment et la conscience ne sont qu'une condensation, une complication de

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