‹ L'évolutionnisme des idées-forces (volume 2)Chapitre 39 sur 87 · Voir BoeiOf Contributions à la théorie de la conscience · texte numérisé non relu

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2. Voir Teiposé de la doctrine de Wundt, dans la Psychologie allemande de M. Ribot.

m. — Abordons maintenant les arguments plus scientifiques qu'on a proposés en faveur des faits mentaux inconscientô . Ici, au lieud'invoquer l'observation, onarecours au raisonnement et au calcul ; on imite les procédés féconds de la physique ou derastronomiepourdémontrerrexistence de choses invisibles. En dehors du spectre solaire vous ne voyez plus que de l'obscurité, et pourtant il va encore de la lumière : vos yeux ne l'aperçoivent pas, mais on peut contraindre votre esprit à l'aifirraer. En effet, les rayons invisibles qui avoisinent le spectre visible produisent, comme les autres, des réactions chimiques sur les corps sensibles à la lumière. L'effet patent trahit la cause latente. De môme, en astronomie^ les perturbations aperçues dans un astre observable, Uranus, ont révélé un astre inconnu, Neptune, et permis même de calculer sa place dans le ciel. Un calcul analogue peut s'appliquer aux faits intérieurs. Nos sentiments, nos idées, nos volontés subissent parfois des perturbations sans cause appréciable pour la conscience. J'étais joyeux tout à l'heure; pourquoi suis-je devenu triste? Quel nuage a passé en moi sans que ma conscience l'ait aperçu? Au dehors, rien n'est changé;pourquoi tout est-il changé au dedans? Maine de Bîran expliquait ce fait par ce qu'il appelle la réfraction morale. La conscience est enveloppée d'une atmosphère de petites perceptions inconscientes venues de nos organes, et tout ce qui arrive du dehors ne pénétre en nous qu'en se réfractant à travers ce milieu : un changement dans la sphère inconsciente produit dans la conscience le changement dont nous ne voyons pas les raisons. — C'est par des raisonnements de ce genre, souvent appuyés sur des calculs et des expériences physiologiques, quon est 3 arrivé à concevoir un domaine qui ne serait ni le pur mécanisme matériel, ni l'esprit conscient, mais de l'asprit hiconscient^

Hamilton, s'inspirant en partie de Leibniz, a voulu dé-i montrer a priori l'existence des éléments inconscients da la perception, par une série de raisonnements et de calculs qui rappellent les discussions relatives à la divisibilité des quantités continues. M. Taine, allant plus loin encore, soutient qu'une perception consciente est formée d'une infinité de perceptions inconscientes, parce que, s'il n'y avait pas de petites perceptions, il n'y en aurait pas de grandes, et qu'uHe portion de la cause doit produire une portion de l'effet [{). Par exemple, le minimum visible pour nous est composé de parties, et ce minimum produit sur notre vue une

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