MÉCANISME ET FINALITÉ DANS L'INST[HCT
de la forme des objets, qui, chez l'homme, sont acquises. Cei** I tain poisson iodien, dès qu'il est né, abat les insectes dont il M nourrit en leur lançant avec son museau une goutte d'eau qui manque bien rarement son but, L'étonnement que nous cause cet acte instinctif si remarquable.dit avec raison Maudsley, ne pourrait qu'augmenter si nous réfléchissions que les rayons lumineux, réfractés par l'eau, font apparaître i'insecte à une certaine distance du point où il se trouve réellement;bien plus, [ la différence entre sa position réelle et sa position apparente \ est elle-même variable avec l'obUquité plus ou moins grande des rayons qui ie font apercevoir du poisson. Mais Maudsley en conclut qu'un tel acte est automatique d'un bout à l'autre. — Sans doute, répondrons-nous, le calcul, laréflesion, la volonté, le moi n'ont rien à y voir; mais il y a pourtant dans cet acte plus que des actions et réactions physiques : il y a d'abord la perception, puis l'appétit de la faim, qui est le vrai moteur; il y a aussi une conscience plus ou moins nette de l'activité déployée ; il y a enfin, de ceÛule en cellule, de centre nerveux en centre nerveux, des actions et réactions internes qui peuvent envelopper mi plaisir et une douleur vagues. Il se produit ainsi, selon nous, une communication de sensibilité et non pas seulement de mouvement entre les cellules vivantes ; celles-ci ne peuvent être assimilées à des billes, à des cailloux, à des rouages inertes de machines. Si l'animal est un « automate, » c'est du moins un automate formé de parties vivantes et sentantes, non de parties mortes et insensibles : il n'est inconscient que là où il est automate; il est sensible et conscient comme vivant composé de vivants. Nous n'accorderons donc pas à Maudsley que, dans la machine animée, le sentiment soit un « luxe )i, qui n'est pas « indis-
Îiensable au travail de la machine ». Pe?iser est souvent du use, soit ; mais sentir est du nécessaire ; or on ne sent SIS sans avoir conscience de sentir. Maudsley étend sa éorie jusqu'à l'intelligence, cet instinct supérieur : — ii En l'absence de la conscience, dit-il, l'intelligence môme n'en continuerait pas moins à raisonner ; seulement il n'y aurait plus de sens intérieur apte à révéler ses opérations. » Que la conscience voie ou ne voie pas fonctionner la machine à la- , quelle elle est attachée, c'est pour cette machine « une alterf native aussi indifférente!) que «d'être vue ou non parles yeux d'un spectateur étranger, que d'être éclairée ou non par une lumière extérieure i>. — Ce rôle de contemplation passive, répondrons-nous, est tout au plus admissible pour la réflexion'"