DUALISME DES DEUX ASPECTS, PHTSIQUE ET MENTAL
tîons^ aux volitions, et celles-ci à d'autres idées, émotions, coûtions ; mais nous savons bien que ce n'est pas là un courant de pures subjectivités; ces faits ont leurs rapports physiques-. » — Sans doute, mais il faut simplement conclure de là que le mental^ dans notre expérience stricte, ne se montre jamais agissant seul^ sans support matériel ; vous, au contraire, vous concluez qu'il n'agit en aucune façon, qu'il n'a aucune part à Teffet total, qu'il n'est point un des facteurs, mais une expression additionnelle du physique. Une pareille conclusion déborde vos prémisses et, de plus, elle contredit expressément la causation double que vous aviez d'abord posée : au lieu du mental-physique produisant le mental-physique, vous dites maintenant que c'est le physique seul qui produit le mental-physique. Il faudrait pourtant choisir.
c( Dans révolution des êtres conscients, continue Bain, nous devons placer le physique sur l'avant et non sur l'arrière; nous pouvons co7istater r apparition Aq l'aspect subjectif avec le développement de la structure physique, mais nous ne pouvons pas même dire que le côté subjectif réagisse sur l'autre côté et avance son propre développement. Nous assumons simplement que, si par quelque moyen nous pouvions réaliser un certain arrangement de nerfs et d'autres organes, une manifestation subjective s'ensuivrait, comme quelque chose qui se produit le long du chemin ; qu'avec des arrangements plus avancés et plus compliqués, il y aurait une subjectivité plus avancée. » — Ainsi, encore une fois, loin d'avoir une « cause double et conjointe», nous n'avons qu'une seule cause, l'automatisme physique, qui va droit son chemin; seulement « le long du chemin», un accident imprévu, un accompagnement extraordinaire se produit : l'automate, tout d'un coup, se met à sentir, à penser et à vouloir.
Spencer, dans sa biologie, soutient une thèse analogue. Selon lui, un homme ne mange pas parce qu'il a faim, ne boit pas parce qu'il a soif. Il ne se marie pas et ne s'entoure pas d'une famille pour son plaisir et son agrément. L'admettre, ce serait introduire des causes subjectives dans la liste générale des facteurs, où ne doivent figurer que des forces physiques ; ce serait contredire la théorie de la conservation de l'énergie. L'homme fait tout ce qu'il fait en vertu des seules relations qui produisent en lui ses divers états physiques, en vertu de la seule structure de son mécanisme nerveux. La crainte de la peine comme telle, l'espoir du plaisir comme tel, doivent être exclus des causes des actions
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