DUALISME DES DEUX ASPECTS, PHYSIOUE ET MENTAL
humaines. Quelle que soit l'intensité des plaisirs et peini dont nous avons l'expérience, quels que soient les désirs, \ les tristesses, les joies renfermées dans les innombrables itariétés du subjectif, tout cela ne produit aucune interférence avec le cours exactement mécanique des choses dans les automates appelés animaux ou plantes. Le subjectif, comme cause efficace, n'a point de place dans la chaîne des événements cosmiques, dans la série de la " causation'», Il n'est toujours qu'un aspect qui vient s'ajouter à la causatlf " mécanique.
Cette hypothèse de Spencer et de Bain a pour but de mai tenir l'unité et l'homogénéité dans les explications scientifiques, sans intrusion ni irruption possible du mental. Mais autre chose est la science, autre chose la philosophie. On n'obtient l'homogénéité du côté physique qu'en laissant l'autre aspect absolument hétérogène avec le premier et, qaî plus est, avec lui-même, puisqu'il n'y a plus de loi vraiment propre pour communiquer une unité intrinsèque aux termes de la série mentale. Cette division de la réalité en deux portions incommensurables est aussi peu satisfaisante pour la pensée philosophique que a l'obligation de calculer avec des termes hétérogènes ». De plus, comme l'absolue dépendance du mental par rapport au physique ne peut s'exprimer en termes de catise et d'e/fel, elle demeure inexprimable autrement que par les métaphores déjà indiquées, lesquelles sont des mots et non des explications : reflet, réverbération, accompagnement, expression additionnelle, accessoire, etc. Le lien des faits physiques entre eux sera-t-il au moins assuré par l'élimination do tout élément psychique? — Non ; ce lien demeure en réalité indéterminé ou tout extérieur. On ne peut plus dire qu'une chose : c'est que les faits se sont suivis jusqu'à présent dans tel ou tel ordre, et que nous, machinalement, par habitude, nous attendons pour l'avenir les mêmes phénomènes dans les mêmes circonstances. Mais alors, pourquoi réser\'er tout l'honneur de l'activité efficiente aux phénomènes physiques et le retirer aux phénomènes psychiques? Ces derniers ne sont ni plus ni moins inertes que les autres, mais ils sont lie's comme les autres, liés aux autres, et les autres leur sont liés à leur tour, d'un lieu d'ailleurs contingent, d'un lien de fait et d'habitude, qui n'a aucune nécessité logique (1 ).
(1) Voir James, loco cil.