‹ L'évolutionnisme des idées-forces (volume 3)Chapitre 17 sur 84 · LXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXII INTRODUCTION

le jugement ou plutôt la proposition affirme le rapport de deux idées, mais « elle n'a pas plus d'efficacité pour produire un acte que le jugement pour produire la vérité. » — Cette assimilation ne nous paraît pas exacte de tout point ; la vérité est objective et en quelque sorte extérieure à nous : prononcer sur la vérité, c'est s'éliminer soi-même et éliminer autant que possible le subjectif afin d'avoir pour résidu l'objectif, La volition, elle, demeure immanente et prononce sur ce que je veux faire, non sur ce qui est déjà fait indépendamment de moi; elle tend à faire prédominer le subjectif et non à l'éliminer. « Le je veux, ajoute M. Ribot, constate une situation, mais ne la constitue pas. » Soit, si l'on parle seulement de la proposition : « Je veux » , qui exprime moins le vouloir même que la conscience du vouloir, et qui formule le décret ou promulgue le verdict, mais ne le fait pas. Peut-on étendre la mêjne passivité au « Je pense », c'eskà-dire : — Je conçois telle idée, par exemple l'idée de la patrie, de l'humanité, de l'univers; je pense tel ou tel idéal? — Non. La pensée ne se borne pas alors à constater une situation indépendante d'elle-même; elle entre comme facteur dans la constitution d'une situation nouvelle. De plus, parmi les pensées, il y en a une qui est un facteur plus essentiel et plus méconnu par les autres : c'est la pensée du vouloir possible. « Je veux vouloir », en con-

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