‹ L'évolutionnisme des idées-forces (volume 4)Chapitre 14 sur 73 · LA CONSCIENCE ATTEINT-ELLE DES QUALITÉS RÉELLES ET DES LOIS RÉELLES · texte numérisé non relu

LA CONSCIENCE ATTEINT-ELLE DES QUALITÉS RÉELLES ET DES LOIS RÉELLES

I. La conscience atteint-elle des qualités réelles et spécifiques. — La qualité est irréductible à la quantité; la quantité est elle-même une forme de la qualité. La spécificité des états de conscience ne peut être apparente.

II. La conscience atteint-elle des lois réelles, ou seulement les résultats de lois inconscientes et physiques. — Examen de la théorie soutenue par les partisans exclusifs des lois physiques.— Que la conscience atteint seule les \m?, primaires.

I. — Il est une école qui s'efforce de ramener à une simple apparence la qualité, telle qu'elle existe dans notre conscience et dans ces formes mentales que nous appelons idées. On va même parfois jusqu'à croire que tout le réel consiste dans la quantité et dans la relation, dont les sensations qualitatives ne seraient que des signes, sans ressemblance avec leurs objets. A plus forte raison les états de conscience qualitatifs sontils, dans cette théorie , dépourvus de toute efficace et de toute influence sur le cours des choses. La quantité et la relation régnent seules sur le monde extérieur ou même intérieur : c'est la réalisation du rêve pythagorique, les nombres régissent le monde.

En face de cette école se trouve celle qui place toute réalité non seulement dans les états de conscience, mais dans les plus développés de ces états, dans ceux qui constituent la conscience de soi et la liaison : elle confère à l'esprit des attributs de simplicité, d'unité absolue, d'indépendance, par lesquels il s'oppose entièrement à la matière. Cette école est portée à prendre pour simples et irréductibles beaucoup d'états de conscience qui apparaissent d'abord comme tels : elle admet l'innéité d'un nombre considérable de formes mentales, d'idées et de pouvoirs.

Nous croyons qu'entre ces deux extrêmes il y a place pour une théorie qui reconnaît la composition des états de conscience, mais qui les compose avec des éléments d'ordre qualitatif et mental, non d'ordre simplement quantitatif et matériel.

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En premier lieu, les systèmes qui veulent tout réduire à des quantités et à des rapports entre les quantités sont chimériques. Bien loin que la qualité soit réductible à la quantité, c'est au contraire celle-ci qui n'est qu'une forme de l'autre. En effet, qu'est-ce tout d'abord que la quantité intensive^ le degré? Nous l'avons vu, c'est une certaine énergie, une certaine force qui^ saisie d'abord dans nos états de conscience, est ensuite projetée dans leurs causes. Et qu'est-ce qu'énergie, force, activité, vivacité, faiblesse, obscurité, etc., sinon des qualités de nos états de conscience? Quant à la quantité extensive, temps, espace, nombre, qu'est-ce autre chose que des successions, des simultanéités, des additions, des rapports en un mot et des synthèses, qui n'ont de sens que par les opérations de la conscience dont elles dérivent, par la logique dont elles sont une projection au dehors ; le successif, le simultané, le multiple, etc., tout autant de qualifications : la quantité extensive n'est qu'une forme de la qualité.

Sous son aspect quantitatif, le monde semble se résoudre en une combinaison objective de mouvements ; sous son aspect qualitatif, le monde semble se résoudre en une série subjective de sensations ; mais la qualité \iQ. peut être le résultat d'une simple différence dans le nombre et la position d'unités quahtativement égales ou encore qualitativement nulles ; elle ne peut être une simple forme de la quantité : c'est au contraire la quantité elle-même qui est une espèce de qualité primitive (1).

En second lieu, y a-t-il quelque chose de réel et de vraiment spécifique dans les qualités qui appartiennent aux états de conscience, par exemple aux sensations, sentiments, etc.? Il ne s'agit pas de savoir ce qui, hors denous, correspond ou ne correspond pas à ces quahtés, mais si, en nous-mêmes^ les quahtés et les états qui nous semblent avoir quelque chose de spécifique, de suigeneris^ ont en effet une originahté réelle, ou si, au contraire, nous sommes dupes d'une illusion sur la prétendue spécificité de la sensation et des autres formes de conscience.

Selon nous, fillusion est ici impossible, parce que l'illusion même équivaut à la réalité. Nous verrons plus tard que l'apparence de la simplicité n'entraîne pas nécessairement une simplicité réelk., parce qu'il y a ici une question de c|uantité et non seulement de quahté ; mais un mode apparent de sentir^

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