‹ L'évolutionnisme des idées-forces (volume 4)Chapitre 48 sur 73 · CORRÉLATION DES FORCES MENTALES · texte numérisé non relu

CORRÉLATION DES FORCES MENTALES

siologie. L'être vivant est précisément occupé à maintenir contre les obstacles extérieurs une somme d'énergie à peu près constante ; il remplace ses pertes par ses acquisitions et tend sans cesse à l'équilibre. Dans le domaine mental, cette tendance à l'équilibre, à la conservation de soi et de sa somme moyenne d'énergie, est également manifeste. Il y a une limite à la croissance intellectuelle comme à la croissance cérébrale ; une faculté trop développée entraîne l'affaiblissement de certaines autres comme dans le balancement des organes. Bain a rendu très plausible le parallélisme du nombre des idées ou rapports d'idées avec le nombre des cellules et connexions de cellules cérébrales. Au delà d'une certaine limite^ la mémoire ne peut plus contenir davantage ; en général, on oublie certaines choses en apprenant des choses nouvelles : il s'établit ainsi un certain équilibre. L'intensité actuelle de la conscience ne peut bien saisir à la fois qu'une idée, et, par cela même qu'une première idée a atteint son maximum de force, elle redescend immédiatement les degrés de l'échelle, s'affaiblit, fait place à une idée contiguë ou similaire. De même, quand un sentiment acquiert un haut degré d'énergie, il s'affaisse ensuite et cet affaissement rétablit l'équihbre : le calme suit l'agitation de la colère, l'abattement suit l'exaltation du courage, l'espérance suit la crainte; un rythme continuel se produit dans la succession des états de conscience, et tous les rythmes particuhers viennent se résumer en quelque sorte dans le rythme plus général et plus uniforme de la veille et du sommeil. Tous ces faits prouvent 1° qu'il y a un certain quantum d'énergie psychique répondant à un certain quantum d'énergie cérébrale, et 2° qu'il y a corrélation quantitative, alternance et rythme entre les divers modes d'énergie mentale, comme il y a corrélation quantitative entre les divers modes d'énergie physique.

Â.utre chose d'ailleurs est d'affirmer, comme nous venons de le faire, l'existence des relations de quantité entre les phénomènes mentaux, et autre chose de prétendre que les phénomènes mentaux soient mesurables pour nous avec une précision mathématique (1). On a dit avec raison que, pour ramener à une même unité de mesure la diversité des qualités mentales, il faudrait commencer par étudier les variations mécaniques correspondant aux variations d'une même qualité psychique. Supposons que l'on étudie à ce point de vue le

(1) Voir plus haut, p. o et suivantes.

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