CHAPITRE QUATRIÈME
I. Questions préliminaires. La conscience est-elle une vision passive, distincte des faits de conscience. — Y a-t-il opposition ou disproportion entre la conscience et les états de conscience.
II. La conscience est-elle coextensive à la sphère mentale. Prétendues preuves de l'inconscient par Y observation, — Distinction des divers degrés de la conscience.
III. Examen des preuves tirées du raisonnement. L'intelligence inconsciente. Sensations, perceptions, raisonnements inconscients. Habitudes intellectuelles et mémoire inconsciente.
IV. L'activité inconsciente. Actes instinctifs. Actes volontaires. — Conclusion sur l'inconscient.
Une des principales raisons qui font refuser toute force efficace aux états de conscience, sentiments et idées, c'est qu'on se représente la conscience comme un phénomène accidentel de vision venant s'ajouter à des phénomènes internes qui existeraient sans lui et, à plus forte raison, aux phénomènes externes. La conscience devient un spectateur, un témoin, un œil contemplant des choses sur le cours desquelles il ne peut rien; moins que cela encore, un simple reflet qui jette un éclair momentané sur un fond réellement obscur et inconscient.
Pour apprécier à sa valeur cette conception, demandonsnous : 1° si la conscience est différente des phénomènes intérieurs qu'elle saisit, quand elle les saisit ; 2° si elle est coextensive à la totalité des phénomènes mentaux, ou s'il existe des faits à la fois mentaux et inconscients.
I. — La conscience témoin, Y œil de la conscience, — autant de métaphores qu'on a fini par prendre au sérieux ; mais le caractère propre de la conscience, dans les états de conscience, c'est d'être absolument inséparable de ces états mêmes.
La première preuve de cette vérité, c'est que nous disons : j'ai conscience que je sens, que je pense, que je veux ; et non pas : « Un sentiment se produit, une pensée, une volition. »