M. Colsenet, la Vie inconsciente, p
même ; il faut donc que chacun des sons composants produise un effet propre « dans l'esprit » quand nous avons conscience du tout. De plus, pour expliquer la multiplicité des sensations et leurs rapports, on admet que certaines parties de l'oreille, soit les fibres de Corti, soit, selon la dernière hypothèse, les fibres de la membrana basilaris (1) peuvent être considérées comme les cordes d'un instrument dont chacune répond par influence à un son déterminé. Dans un son composé, chaque harmonique provoque donc les vibrations d'une libre spéciale ; « dès lors, conclut M. Colsenet avec Helmholtz, il est difficile de croire qu'une sensation propre, un fait psychologique élémentaire ne réponde pas à ces vibrations : aussi la simple attention peut-elle rendre consciente l'une ou l'autre de ces sensations correspondantes. »
Il y a ici, ce semble, une inconséquence de raisonnement. Il est parfaitement vrai qu'une perception particulière n'est pas une sensation simple, mais bien un composé de « faits psychiques élémentaires; » seulement, au lieu de supposer qu'elle soit composée de faits inconscients, on peut aussi bien croire qu'elle est composée de sensations, émotions, motions plus ou moins conscientes. M. Colsenet en donne luimême la preuve quand il dit que « la simple attention » peut faire distinguer les éléments. — Comment, demande aussi Helmholtz, notre attention peut-elle s'attacher à l'élément particulier et distinct delà sensation, s'il n'a encore aucune existence dans notre esprit (2)? — L'argument peut se retourner, et nous demanderons nous-même à Helmholtz : — Comment pouvez-vous faire attention à cet élément et en prendre une conscience distincte, s'il n'est pas déjà présent à votre conscience sous une forme vague? Dans l'attention, l'idée de ce qu'on cherche, ou une idée voisine, est un facteur qui coopère à faire discerner par la conscience l'objet cherché : l'attention met le courant nerveux dans la direction convenable pour susciter la représentation à l'état naissant; elle agit comme un courant inducteur. Une .représentation vlus l'attention à cette représentation, devient alors une représentation renforcée. C'est la conclusion qui nous semble ressortir du résumé même que fait Helmholtz de ses belles recherches :
ce l°Les harmoniques, correspondant aux vibrations simples d'un mouvement aérien composé, existent dans la sensation
i. Helmholtz, Théorie physiologique de la musique, 3° édition, p. 560, 1874. 2.1bid., trad. Guéroult, p. 89.