‹ L'examen de soi-même pour se bien préparer à la communionChapitre 12 sur 15 · PRIÈRE DE PRÉPARATION · texte numérisé non relu

PRIÈRE DE PRÉPARATION

POUR LA (ÎOMMUNION

MON Dieu, mon Sauveur et mon Père, je me prosterne au pied de ton trône, pour y adorer ta majesté et pour y reconnaître ta justice. Je ne suis devant toi que cendre et que poudre, qu'un ver de terre, indigne que tu tournes tes yeux sur moi ou que tu déploies en ma faveur les soins de ta providence. Car, qu'est-ce que àe Vhomme mortel^ que tu te souviennes de lui et du fils de Vhomme que tu le visites? Mais je suis de plus une cendre et une poudre criminelle, une créature pécheresse, digne de tes plus sévères jugements, et plus je me con-

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sidère moi-même, plus je me trouve coupable de la violation de tous tes commandements, ingrat à tant de faveur que j*ai reçues de ta bonté, et infidèle aux engagements de ma vocation. Hélas 1 Seigneur, si tu prenais garde à mes iniquités, comment pourrais-je subsister en ta présence ?

J'ai fermé mille fois i'oreille aux exhortations de ta parole, j'ai été sourd à tes menaces, j'ai été peu sensible à tes corrections. Tout occupé des choses vaines et périssables de ce siècle, combien de fois me suis^ je laissé surprendre à leurs pièges, en négligeant celles de ton royaume et de mon salut? Combien de fois ai- je préféré mes intérêts et mes passions aux règles de mon devoir et de ta justice? Combien de fois me suis-je écarté de tes voies, pour me jeter dans celles du monde, où je me fusse perdu si tu ne m'eusses tendu la main ?

Tous les moments de ma vie me reprochent des faiblesses et des imperfections, ma conscience m'en accuse et mes péchés

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sortent de toutes parts pour me donner de la confusion, car tes yeux sont trop purs pour pouvoir souffrir le mal ou pour prendre plaisir à l'injustice. Je me condamne donc moi-même devant ta face et je confesse que, si tu voulais me traiter à la rigueur, tu ne trouverais en moi que trop de matière de me livrer à ta juste vengeance et, en retirant de moi toutes les précieuses marques d'alliance et d'adoption que tu m'as données, me rejeter entièrement de ta communion. Mais tu es un Dieu bon et pitoyable, qui es ému envers nous des mêmes compassions dont un père est ému envers ses enfants.

Ceux que tu as une fois aimés, tu les aimes jusqu'à la fin ; tes dons et ta vocation sont sans repentance, et tu nous as promis que, quand nos péchés seraient rouges comme le sang, tu les blanchirais comme la neige. J'ai donc recours à ta miséricorde ; aie pitié de moi, mon Dieu ; pardonne-moi mes fautes, et, selon la

grandeur de tes compassions, eÔace mes transgressions. Je sais que tu demandes la conversion des pécheurs afin qu'ils vivent, mais je sais aussi que, encore que ma repentance ne soit pas telle que je la devrais avoir, tu n'éteins pourtant pas le lumignon fumant ni ne brises le roseau qui est cassé. Ton très cher Fils est mort pour moi, il est ressuscité pour ma justification, il est monté au ciel, et il y £ait requête pour moi. Ecoute en ma faveur la voix de son sang et celle de son intercession, et, en considération de ses souffrances et de son mérite, redonne-moi la joie de ton salut. Je ne reconnais point d'autre Médiateur que lui ni ne mets ma confiance qu'en son sacrifice, car il est lui seul la voie, la vérité et la vie, et nul ne va à toi que par lui. Impute -moi l'obéissance qu'il t'a rendue en mourant pour nous et me revêts de sa justice très parfaite, afin que je puisse comparaître irrépréhensible devant tes yeux. Et puisque tu

m'appelles bientôt à la participation de sa divine Table; fais- moi la grâce, Seigneur, d'y recevoir dignement les gages sacrés de ma rédemption. Détache toimême mes pensées de la terre et les élève à la méditation des grands et célestes objets qui me sont représentés dans ton sacrement. Augmente en moi la foi de ces mystères, afin que d'un cœur vraiment purifié je reçoive le corps et le sang de ton Fils, comme la victime qui t'a été offerte une fois sur la Croix, mais qui maintenant m'est présentée dans cette divine action. Qiie je les reçoive par une foi vive, et par une acceptation sincère, comme tu me les donnes dans la sincérité de ton amour. Que j'accompagne cette foi d'une humilité profonde et d'une sainte reconnaissance de ce que sans aucun de nos mérites, lors même que nous étions plongés dans la condamnation et dans le crime, tu as tiré de tes trésors cette manne éternelle, ce pain de vie pour nous

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le communiquer dans l'espérance de Timmortalité bienheureuse que tu nous as préparée. C'est, mon Dieu, ce que je te demande au nom de ton Fils, auquel comme à toi et au Saint-Esprit, un seul Dieu béni à jamais, soit honneur et gloire au siècle des siècles. Amen.

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