‹ L'examen de soi-même pour se bien préparer à la communionChapitre 11 sur 15 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

usage de cet examen, préceptes pour s'avancer dans la sanctification

LA conclusion de cet examen, après que nous Taurons exactement fait, est ce qu'il y a de plus important. Ce serait en vain que nous serions allés jusques là si nous ne réduisions toute la connaissance que nous aurons prise de nousmêmes à un légitime usage. Mais quel est cet usage? Personne à mon avis ne l'ignore.

C'est notre humiliation profonde en la présence de Dieu, une condamnation de nousmêmes devant sa face, une douleur vive et amère de 1 avoir offensé, un saint et ar^ dent recours à sa miséricorde, par la satis*

faction et par rîntercesssion de Jésus-Christ son Fils. Quand nous aurons fait cette juste et nécessaire recherche de notre vie, hélas ! nous n'y trouverons que trop de matière d'anéantissement et de repentance, car qui est rhomme qui ne doive dire avec le prophète î Wentre point en jugement avec ton serviteur } car nul homme vivant ne sera justifié devant toi (Ps. 143, ±), Seigneur, si tu prends garde aux iniquités, qui est-ce qui subsistera (Ps. 130, 3)? Nos péchés sortiront de toutes parts pour se présenter devant nous , ils nous feront voit leut nombre et leur horreur, et, en les mettant en opposition avec cette justice et cette sainteté parfaite que l'Evangile et la vocation Jésus-Christ demandent de nous, il ne sera pas possible que notre âme n'en soit émue. N'en détournons pas nos yeux comme nous avons accoutumé de le faire à l'égard des objets désagréables. Arrêtons-y au contraire un assez long temps notre vue et notre méditation , et tirons-en , autant que nous le

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pourrons, tout ce qu'ils auront de capable de nous épouvanter et de nous confondre.

Une confession de bouche, une humiliation extérieure, une gloire passagère, une contrition de quelques moments, tout cela ne suffirait pas. Il faut une repentance sincère et entière, qui remplisse tout le cœur et qui pénètre la conscience, si nous voulons qu'elle soit agréable à Dieu.

A ces mouvements il faut faire succéder ceux d'un recours ardent à la miséricorde divine par le prix ineâfable du sang de notre Rédempteur, et, pour cet effet, se souvenir des douces promesses que Dieu nous a faites dans sa parole : Je suis vivant^ je ne prends point plaisir à la mort du méchant, mais plutôt à ce que le méchant se dé* tourne de son train (Ezéch., xxm, ii). Il d éloigné de nous nos iniquités autant que l'orient est éloigné de Voccident. Comme un père est ému de compassion envers ses enfants, l'Eternel est touché de compassion envers ceux qui le craignent (Ps, cm, 12 et 13). Quand vos

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péchés seraient comme le cramoisi, ils seront blanchis comme la neige (Es., i, i8). Si quelqu'un a péché, nous avons un avocat au^ prés du Père, savoir Jésus-Christ, le juste, car c'est lui qui est la propitiation pour nos péchés (I Jean i, 2). Il peut toujours sauver uux qui s^ approchent de Dieu par lui (Hébr., VII, 25). Allons avec assurance au trône de la grâce, afin £y obtenir miséricorde et y trouver grâce pour être secourus dans le temps convenable (Héb., IV, 16).

Mais un des principaux effets que doit produire notre examen et sans lequel tout le reste serait inutile, c'est de prendre des mesures et des précautions pour nous corriger et pour avancer notre sanctification.

Car la véritable repentance a deux sortes de regards, les uns sur le passé et les autres sur l'avenir, à cause de quoi Jésus- Christ, qui les a joints ensemble dans la prière dominicale, nous fait dire d'un côté : Pardonne-nous nos offenses, et de Tautre : Ne nous induis point en tentation. On peut don-

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ner sur ce dernier usage quelques préceptes, qui, étant bien exécutés, ne seront pas de peu de fruit.

Le premier est d'appliquer notre esprit autant qu'il nous sera possible à la méditation des mystères de la religion. Par ce moyen, la religion nous deviendra familière^ et il est presque impossible qu'en nous devenant familière, avec la bénédiction de Dieu, elle ne nous adoucisse le cœur et l'esprit. Ses mystères sont si beaux qu'on ne saurait les voir souvent d'un œil illuminé par la grâce, sans s'accoutumer à les estimer et à les aimer. Ses préceptes sont si droits, que si nous les faisons revenir sou^ vent à nous^ insensiblement ils nous rectifieront Tâme.

C'est une chose étrange de voir combien la plupart des gens ont de négligence sur ce point. Il y en a une infinité qui désirent leur salut et qui d'ailleurs vivent d'une manière sage et réglée, qui n'ont presque rien à faire et qui pourtant passent leurs

jours à des occupations frivoles, à des conversations inutiles, à des lectures de néant, au lieu qu'ils pourraient s'appliquer à l'étude de la religion, où ils trouveraient tout ensemble et du plaisir et du profit.

Pourvu qu'on sache en gros les points principaux de la foi chrétienne et qu'on lise tous les jours un ou deux chapitres de la Bible, d'ordinaire par forme et sans y faire de réflexion, il leur semble que c'est asse£. Mais ils ne prennent pas garde à ce qu'ils perdent, car la science du salut est une source infinie de belles choses, qui deviennent plus belles et plus admirables à mesure qu'on va plus avant. Un ancien philosophe, voulant définir en quelque manière la divinité, disait que c'était une sphère dont le centre était partout et la circonférence nulle part. Il voulait par là, à mon avis, marquer l'immensité de Dieu.

J'aimerais mieux dire que sa circonférence est partout et que son centre n'est nulle part, car en effet on entre dans la médita-

tion des mystères divins par toute sorte d'endroits ; mais, quand on y est une fois entré, Ton ne trouve point de centre où finisse la ligne, et, au lieu que les lignes qui ont un centre vont en rétrécissant à mesure qu'elles s'avancent, celles de la méditation de Dieu au contraire vont tou-^ jours en grossissant.

A ce premier précepte j'en ajouterai un second, qui est qu'en appliquant son esprit aux choses de la religion, si l'on en veut faire un bon profit, il ne faut pas se contenter d'en avoir une connaissance historique, ni se proposer de se retnplir la tête d*un amas de questions curieuses, pour en pouvoir parler sur-le-champ et en disputer pertinemment ; mais qu'il faut les tourner du côté de la pratique, c'est-à-dire les considérer dans la vue des motifs qu'elles hous fournissent pour la piété et pour la justice, pour la charité et pour les autres vertus. Par exemple, au lieu de s'amuser à se charger la mémoire de tout ce qui se

traite dans l'école touchant la providence de Dieu : comment Dieu a pu permettre rentrée du péché dans le monde, puisqu'il y a fait tant de ravages ; comment il peut concourir aux actions de la créature dans lesquelles il y a du crime, sans intéresser sa sainteté, et telles autres questions, au lieu, dis-je, de s^amuser à cela, il vaut beaucoup mieux envisager la providence dans des vues de pratique. Par ce moyen, on apprendra que Dieu est le maître et le dispensateur souverain de tous les événe* ments, que c'est lui qui hausse et qui baisse le degré comme il lui plaît, qu'il est l'auteur de la naissance, de la vie, de la mort, de l'affliction, de la prospérité, de la lumière et des ténèbres, que c'est des trésors de sa grâce que sortent les bénédictions^ les desseins heureux, les succès favorables, les secours imprévus, les délivrances qui viennent à point nommé, que c'est au con^ traire des trésors de sa justice que viennent les disgrâces et les malheurs , les

projets mal conçus, les accidents funestes, les subversions des royaumes et des familles, ce qui nous. fera avoir de Dieu une idée digne de sa majesté.

Nous y apprendrons à adorer ce soin toujours vigilant et plein de bonté qui se déploie pour la conservation de toutes les créatures, jusqu*à nourrir les oiseaux de Tair et à revêtir les lis des champs de leur éclat et de leur beauté, jusqu'à garder la vie des passereaux. Nous y apprendrons que, dans nos besoins, nos prières se doi^ vent adresser à lui et ne se doivent adres* ser qu'à lui, puisqu'il n'y a que lui seul qui ait en main le gouvernement de l'univers, duquel il ne fait part à aucun autre. Nous y apprendrons aussi à lui rendre grâce de tous les biens que nous possédons comme venant de sa libéralité et à les rapporter à sa gloire et à son service, sans en abuser pour le service de nos passions, puisque c'est le plus grand de tous les outrages qu'on lui puisse faire que d'employer ses

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propres faveurs à le déshonorer et à lui faire la guerre. Nous y apprendrons à soutenir nos afflictions avec patience et avec résignation, puisqu'elles nous viennent de la main toute-puissante de Dieu, qui a un droit absolu sur nous et qui règne dans le ciel et sur la terre. Nous y apprendrons à les souffrir avec acquiescement, puisqu'elles sont dispensées par une sagesse infinie et qui ne fait rien qui ne soit bien fait. Nous y apprendrons même à les supporter avec espérance et avec consolation, en nous souvenant que Dieu les fait toujours réussir au bien et à l'avantage de ses enfants. Nous y apprendrons enfin à ne point former de desseins injustes et à ne point mettre notre confiance dans les choses temporelles, puisque Dieu nous les peut ôter quand il lui plaira, et que du sein même de ce que nous avons prétendu être notre joie et notre gloire il en peut faire sortir notre ruine et notre opprobre.

Outre cela, il sera bon quelquefois de

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ramasser, autant qu'il se pourra, comme en un corps tous les motifs que la religion chrétienne nous donne pour nous porter à l'amour de Dieu et à la sainteté. Car par ce moyen il s'en fera une idée composée, une grande image, laquelle aura beaucoup plus de force sur notre esprit et y fera une beaucoup plus grande impression que quand nous ne considérerons que chaque motif séparément. Quelque régénérés que nous soyons, il faut avouer que nous sommes très difficiles à être émus sur le sujet de la piété. Quand les médecins rencontrent une maladie difficile à guérir, la prudence veut qu'ils emploient un remède d'une plus grande force, ou qu'ils en donnent en plus grande quantité ; nous de même qui savons que nous sommes difficiles à être touchés et émus à faire notre devoir, nous sommes obligés non seulement d'employer à cela les motifs les plus forts que la religion nous fournit, mais d'en joindre plusieurs ensemble, afin qu'ils fassent tous ensemble ce

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qu'ils ne sauraient faire chacun à part.

On ne saurait dire combien il y a d'utilité pour cela même dans la méditation fréquente de la vanité des choses temporelles. Car, comme ce sont elles qui d'ordinaire nous séduisent et qui nous portent à commettre des péchés, il est d'un très grand avantage pour la sanctification de tourner souvent notre esprit sur le peu de prix que ces choses ont en elles-mêmes, sur leur fragilité et sur les faiblesses où tombent ceux qui y ont attaché leur cœur.

Il est bon de considérer dans combien d'impertinences et de sottises se jettent les mondains, combien de pas inutiles ils font, combien d'intrigues laborieuses ils nouent, sans venir le plus souvent à bout de leurs desseins, et, quand ils en sont venus à bout, combien promptement et durement la mort vient qui souffle sur tout cela.

C'est cette grande idée de la mort et de sa nécessité qu'un homme de bien doit se remettre souvent devant les yeux, non

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d'une manière philosophique, en la regardant simplement comme la dernière ligne de la durée des hommes. Car dans cette vue la mort ne peut produire que deux sortes d'effets en nous : ou des pensées de débauche, pour employer aux plaisirs le temps qui nous reste : Mangeons et buvons y car demain nous mourrons, disent les épicuriens; ou des pensées de douleur et de désespoir, comme étant un mal sans remède. Mais il la faut regarder d'une manière chrétienne, c'est-à-dire comme étant accompagnée et suivie du jugement de Dieu, qui décidera dans ce moment pour ou contre nous une éternité de gloire ou une éternité de misère et de damnation. Il faut méditer souvent le malheur éternel où seront plongés les méchants, afin de tenir notre esprit et notre cœur en crainte, et que cela serve de frein à nos passions. Il faut encore élever souvent notre pensée aux biens infinis que Dieu nous a préparés, afin que ce que la crainte a commencé.

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l'espérance l'avance , et que la charité l'achève.

On doit aussi prendre garde à ce à quoi Ton est le plus enclin, afin de se précautionner contre ses infirmités. Car il est vrai que, si l'on ne se précautionne pas, on se trouvera tous les jours exposé à être surpris par ses propres faiblesses, l'un par la colère où son tempérament le poussera, l'autre par un excès de facilité et de complaisance, l'un par l'amour des plaisirs, et l'autre par quelque autre chose de cette nature. Il est donc nécessaire de faire souvent de ces sortes de réflexions, poyr tâcher de se vaincre soi-même, ce qui ne se peut presque faire que par une assez longue suite de temps.

Pour mieux y parvenir, il me semble que le meilleur est de s'éloigner autant qu'on peut des objets et des occasions qui peuvent donner lieu à nos propres infirmités de se produire. Il faut faire ce qu'on dit que les Parthes font, combattre en fuyant

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et se défier toujours de soi-même. Cest dans ce sens que saint Paul veut que nous travaillions à notre propre salut avec crainte et tremblement ^ non en doutant si Dieu nous aime, ou si ses promesses sont véritables, mais en doutant s'il ne permettra pas que nous succombions sous la tentation, car, comme je l'ai déjà dit, il arrive assez souvent que, pour nous humilier, il nous laisse à nous-même lorsque nous faisons les fiers.

J'ajoute à cela un autre précepte que je crois être d'un grand usage, qui est de bien choisir les personnes avec qui nous désirons de faire une amitié particulière, pour jouir souvent de leur commerce. Car il ne faut pas douter que nous ne prenions facilement quelque teinture des mœurs, des inclinations et des manières de ceux avec qui nous conversons d'ordinaire, de sorte qu'il nous importe beaucoup de bien choisir nos amitiés. Ce n'est pas que je veuille dire qu'on doive absolument se retirer du monde et fuir la compagnie des hommes.

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Car Dieu veut au contraire que nous y demeurions, et c'est pour cela que les fidèles sont appelés par saint Paul des flambeaux luisants au milieu de la génération tortue et perverse. Cette humeur solitaire , rigide et farouche , qui dans les premiers siècles de l'Eglise en fit retirer plusieurs dans les déserts, pour fuir la foule et pour éviter le commerce des mondains, avait au commencement une assez belle couleur, et je ne doute pas même qu'il n'y eût en tout cela une bonne intention. Cependant Dieu ne l'a pas accompagnée de sa bénédiction, car c'est de là que sont nées plusieurs superstitions qui ont corrompu la pureté du christianisme.

Je crois donc qu'un homme de bien peut et doit vivre dans le monde, en se souvenant qu'il est homme, c'est-à-dire qu'il est fait pour la société et non pour la retraite. C'est l'ordre sous lequel la Providence nous a mis et la loi que la naissance nous impose. Mais, comme la société com-

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mune n'empêche pas que nous n'ayons nos liaisons particulières avec de certaines personnes que nous aimons plus tendrement et que nous fréquentons plus souvent^ je désire qu'un homme de bien fasse un bon choix d*amis et de familiers^ et cela même contribuera beaucoup à la conservation et à l'augmentation de sa piété et de sa vertu.

On pourrait demander ici quel jugement il faut faire de l'usage des directeurs de conscience *. Je réponds qu'ils peuvent être de quelque fruit, pourvu qu'on y apporte ces précautions : i» Ope l'usage en soit remis à la liberté de chaque fidèle, car, l'Ecriture ne prescrivant rien sur cela, ce serait imposer un joug que d'y vouloir

I. Ce terme de Directeur de conscience ne saurait autoriser une confusion regrettable : on verra que Claude, s'il montre l'utilité de conseils demandés avec discrétion et reçus avec liberté, condamne justement une tendance trop naturelle à abandonner à autrui la direction de la vie religieuse.

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contraindre les personnes. 2» Qu'on ne s*en serve que dans des occasions importantes et pour des choses qui méritent d'être consultées. Car autrement on s'en fera une occasion de paresse et l'on s'accoutumera à ne penser plus par soi-même à ce qu'on doit faire, mais à s'en remettre à l'avis d'un directeur, ce qui serait une très mauvaise chose, puisqu'il n'y a personne qui doive plus s'intéresser dans notre propre salut que nous-mêmes, ni qui nous connaisse mieux que nous-même. 3*» Qiie l'on ne se tienne pas servilement attaché à tout ce qu'il plaira à un directeur de conseiller ou de prescrire, mais qu'on y apporte du choix et de la distinaion, en se réservant toujours le droit que chacun a de juger par soi-même, de ce que dit un directeur. Car autrement ce serait rendre sa conscience esclave des hommes et leur attribuer une autorité qui n'appartient qu'à Dieu et à Jésus-Christ son Fils. 4® Q.ue l^on fasse un bon choix lorsqu'on voudra re-

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courir à un directeur, pour ne se pas mettre en de mauvaises mains, car il y a peu de gens qui aient les qualités nécessaires pour cela, peu qui n'abusent de ces sortes d'emplois pour s'acquérir une espèce de domination sur les esprits et dans les familles. En un mot, cette pratique est sujette à des inconvénients ; c'est pourquoi il en faut user sagement et discrètement.

J'avoue néanmoins qu'il y a de certaines occasions où l'on peut tirer beaucoup d'aide, de lumière et de consolation, de la direction et des conseils d'un homme de bien, sage et éclairé à qui l'on aura recours.

Enfin un des meilleurs préceptes qu'on puisse donner sur ce sujet est celui de prier Dieu et de lui demander ardemment la conduite de son Saint-Esprit : car, sans sa bénédiction et sa grâce, tous les moyens extérieurs ne serviront de rien, puisque c'est lui qui produit en nous et le vouloir et le faire selon son bon plaisir. Mais, quand je dis la prière, je n'entends pas simplement

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celles qui se font en commun dans les assemblées publiques, ou dans les familles où je suppose que chacun fait son devoir ; j'entends aussi des prières secrètes et particulières dans son cabinet, dans sa chambre, dans son lit, où Ton est plus recueilli ; j'entends des élévations fréquentes de notre cœur à Dieu, qui se peuvent faire dans nos autres occupations et qui, pour être courtes et momentanées, n'en sont pourtant pas ni moins vives ni moins efficaces. Dans des occasions extraordinaires, comme dans les afflictions, dans les jours de préparation à la sainte cène, il faut ajouter s'il se peut à la prière le jeûne particulier, pour être d'autant mieux disposé à la dévotion.

Dieu veuille que ce petit traité que je consacre à l'usage de son Eglise, serve au bien et à l'édification des âmes fidèles et qu'on en puisse tirer le fruit que je me suis proposé, à l'avancement du règne de Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Amen.

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