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La première réflexion sur l'excellence du Cœur de Jésus-Christ doit se prendre des propriétes naturelles du cœur: on va les toucher suivant le sentiment commun des hommes, conforme à celui des plus illustres philosophes, que saint Thomas a suivi.
Premièrement, le cœur est la partie la plus noble du corps (Arist., De part. anim., cap. iv, et lib. De motu anim. ; — Galien, De usu part. corp. hum.. lib. VI, cap. cap. vu, et De loc. aflect., lib. V; — Hippocr., lib. De corde) ; et comme il n’est rien dans la nature parmi les choses corporelles de plus excellent que le corps de Jésus- Christ, il est aisé de juger ce qu'on doit penser de son Cœur.
Secondement, le cœur est le principe de la vie naturelle (S. Thomas, opusce. XXXV, De motu cordis, et opusc. LXI, cap. xix); celui de Jésus fut donc le principe de la vie d’un Homme-Dieu; cette vie est d’une excellence infinie; le cœur doit donc participer d’une manière toute spéciale à cette excellence infinie.
Troisièmement, le cœur est la source du sang ; c’est dans le cœur que le sang se purifie ; c’est du cœur qu’il se distribue dans tous les membres. On doit donc juger du prix et de l'excellence du Cœur de Jésus, par le prix et l'excellence de son sang: prix infini, puisque c’est le prix de la Rédemption du monde. Saint Thomas, dans son ouvrage Du Sacrement de l'autel, emploie six chapitres à traiter de la dignité, de l'excellence et du prix du sang de Jésus-Christ, et de l'honneur qui lui est dû (Opusc. LVIIL, cap. xxvn-xxx11); or, il est évident que le
44 Excellence de la dévotion au Sacré-Cœur
Cœur de Jésus n’est pas d’un moindre prix, ni moins digne d'honneur que son sang.
Quatrièmement, le propre du cœur, c'est de répandre dans tout le corps une douce et vive influence, qui porte dans tous les membres, avec la chaleur vitale, la vie et le mouvement, Faites cesser l'influence du cœur, tout cesse dans l'homme ; si le cœur languit, tout languit ; si cette seule partie du corps souffre quelque altération, la machine entière se dément. La fonction du Cœur de Jésus fut donc, durant sa vie mortelle, de soutenir par une influence continuelle le corps de cet Homme-Dieu, de communiquer à tous ses organes, à tous ses sens, la chaleur, la vie, le mouvement, la vigueur nécessaire à leurs fonctions. La vie de Jésus dépendait nécessairement de l'influence perpétuelle de ce Cœur sacré; et conséquemment toutes les actions de ce divin Sauveur, tous ses mouvements, toutes ses paroles, tous ses regards, tous ses pas, toutes ses sensations, toutes ses opérations; en un mot, tout ce que ce sacré corps a fait et souffert, avait pour principe naturel son divin Cœur: d’où il résulte dans ce Cœur une excellence infinie, que ceux qui connaissent l'excellence de l'humanité de Jésus- Christ ne doivent point se lasser de contempler, et qui doit leur rendre ce Cœur divin l'objet le plus doux de leur dévotion ; surtout, si à cette première considération on ajoute celles qui vont suivre.