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L’excellence du Cœur de Jésus-Christ se mesure encore à la sainteté qui lui est propre. Il est de foi que le Cœur de Jésus est saint de la sainteté du Verbe éternel qui lui est uni, et par conséquent d’une sainteté infinie. Mais cette sainteté étant commune à tout ce qui compose le corps de Jésus-Christ, ce n’est pas celle que nous avons ici particulièrement en vue. Il yen a une qui est toute propre üu cœur; pour la faire connaître, il faut observer :
Premièrement, que le corps humain participe à la sainteté de l’âme qui l'anime. De là le culte dû aux reliques des saints ; et il suit du même principe que plusl’âme est sainte, plus aussi le corps doit être saint. En effet, les reliques des plus grands saints sont plus précieuses que les autres : une relique, par exemple, de la sainte Vierge mérite un honneur bien au-dessus de celui qui est dû aux reliques des autres saints. On doit proportionner le culte à la sainteté du sujet.
Secondement, entre toutes les parties du corps, celle qui participe davantage à la sainteté de l’âme, c’est le cœur ; aussi est-il regardé généralement comme la plus précieuse relique des saints. La raison de cette différence doit être prise des propriétés du cœur qu’on a remarqué ci-dessus.
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Mais il y a une autre remarque à faire à l'égard du cœur, qui est digne d’une attention particulière, La voici : ilest certain que les dons les plus singuliers dont Dieu favorise les saints en cette vie, sont reçus d’une manière toute particulière dans le cœur. C'est le témoignage que les âmes fävorisées de ces dons rendent unanimement dans leurs écrits ; elles témoignent que, dans les voies extraordinaires de la grâce, l’infusion de ces dons célestes se fait dans le cœur d’une manière très réelle et très sensible. C'est le cœur, par exemple, qui ressent spécialement les douceurs des divines consolations ; il en est pénétré, inondé, enivré. C’est au cœur que se font sentir !:s douleurs, les tristesses, les angoisses et les autres peines intérieures si communes dans la vie spirituelle ; c'est du cœur que partent les gémissements et les soupirs. La contrition, quand elle est vive, perce le cœur, déchire le cœur et le réduit souvent à l'extrémité. C’est le cœur qui, dans les excès de l’amour divin, brûle, languit, reçoit des impressions ineffables. En un mot, soit que l’âme jouisse des douceurs célestes dans les sacrées communications du divin Époux ; soit que, dans les épreuves surnaturelles, elle soit purifiée par mille sortes de travaux intérieurs, le cœur souffre toutes ces impressions l’une après l’autre d’une manière si réelle, si sensible, si vive, si extraordinaire que, suivant le témoignage des âmes saintes qui en ont l'expérience, il n’est pas possible de douter que tout cela ne se passe physiquement dans le cœur. L'imagination n’y a point Cv: part ; et, pour en convaincre tout lecteur raisonnäi le, nous rapporterons au long sur cela, dans un ch'oitre exprès, des témoignages si clairs, si précis et si certains,
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qu’il n’est pas possible d’y résister. (Voyez, à la fin de ce second livre, l’ Addition, Art. 1%.)
De plus, il est constant, par les témoignages et l’expérience des saints, que le cœur est le lieu où le Saint-Esprit habite sensiblement, et où Jésus-Christ fait sentir sa présence à ses épouses d’une manière spéciale. C’est là qu’il demeure comme sur son trône et comme dans son jardin de délices ; ce sont leurs expressions. Tout cela est si certain par l'expérience des âmes pures et élevées à l'union divine, qu’il n’est personneun peu instruit dans ces matières qui puisse le révoquer en doute. (Vie de sainte Madeleine de Pe:i, chap. xcut. — Sainte Gertrude, Liv. IE, chap. xx.)
Cela supposé, il est aisé de comprendre comment le cœur doit être sanctifié d’une manière admirable par l’infusion de tous ces dons célestes, par toutes ces divines impressions de joie, de tristesse, de délices, de douleurs, et par tant d’autres aflections saintes, qui sont tellement propres du cœur qu’elles n’ont rien de commun avec les autres organes du corps. Or, ilest évident que plus ces grâces surnaturelles seront excellentes, plus elles communiqueront au cœur de cette sainteté dont il est capable ; d’où il résulte enfin ce que nous cherchons par ces réflexions : savoir, la sainteté ineffable du Cœur de jésus- Christ, puisque tout ce qui a été communiqué de ces sortes de grâces aux cœurs des saints, quand on les réunirait toutes ensemble, n'est rien, comparé aux richesses de ce Cœur divin.
Nous ajouterons à tout cela une dernière réflexion, qui se tire des expressions qu’on trouve dans la vie de plusieurs saints: savoir, que c'est de son propre Cœur que
Eragere me Wii
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Jésus-Christ se sert souvent pour enrichir les âmes de ses plus précieuses faveurs. Sainte Gertrude (Liv. II, chap. xx) a laissé par écrit que les grâces qu'elle avait reçues par le Cœur de Jésus étaient inneffables. Sainte Mechtilde (Révélations, Liv. I, chap. xxvui) disait que s’il lui fallait écrire les grâces qu'elle avait reçues du Cœur de Jésus, un gros livre ne suffirait pas. Et ilest remarqué, dans sa vie, qu’il se passait peu de communications" intimes de Jésus avec cette sainte, qu’elle ne reçüt quelque faveur particulière immédiatement de ce Cœur adorable. Nous rapporterons dans la suite d’autres exemples pour confirmer cette vérité.
Ceux qui ont peine à ajouter foi à pareilles grâces doivent considérer que Jésus-Christ se sert bien de sa propre chair dans le saint Sacrement, pour produire dans nos âmes la grâce sanctifiante ; et que, durant sa vie mortelle, il sortait de cette même chair une vertu divine, qui guérissait toutes sortes de maladies. Virtus de illo exibat et sanabat omnes. (Luc, vi, 19.) Quelle difficulté pourrait-il donc y avoir qu'il se servit de son Cœur pour communiquer aux âmes pures ses faveurs les plus excellentes? Mais ce sont là des mystères cachés aux sages et aux prudents, et révélés seulement aux petits. Abscondisti hæc a sapientibus et prudentibus, et revelasti ea parvulis. (Matth. x1, 25.) Ah! si les richesses du Cœur de Jésus-Christ, si les sources abondantes de sainteté qu'il renferme, si le prix infini de ses prérogatives admirables était connu de tous, comme il l’a été d’une Gertrude, d’une Mechtilde, d’une Catherine de Sienne, d’une Madeleine de Pazzi, qu’il serait peu nécessaire de faire des raïisonnements pour persuader l'excellence dece Cœur divin!
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