‹ L'excellence de la dévotion au cœur adorable de Jésus-Christ [microforme]Chapitre 25 sur 98 · QUATRIÈME TRAIT D’INGRATITUDE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME TRAIT D’INGRATITUDE

Il nous reste des plaintes plus amères. La présence réelle de Jésus-Christ dans nos églises demanderait qu'on y fût dans un respect et une modestie dignes de sa ma- Jesté souveraine : comment rempht-on un devair si indispensable ? Tout le monde sait ce qui se passe à cetégard: on le voit tous les jours avec étonnement. On entre dans l’église avec moins de sentiments de respect qu’on entrerait dans la salle d’un grand. On se tient devant Jésus- Christ avec moins de modestie qu’on en aurait en la présence d’un prince de la terre. On s’y tient debout, on y est assis d’une manière messéante ; on y promène la vue de tous côtés avec un air de dissipation qui marque combien l'esprit et le cœur sont éloignés de Jésus-Christ. On parle à l’église, on y rit,ons’yentretient de nouvelles,

Excellence de la fin de la dévotion au S.-C. 73

d'affaires, avec la même liberté qu'on ferait dans un lieu profane. Les mères souffrent que leurs enfants y commettent des immodesties qu'on ne leur permettrait pas partout ailleurs. j'ai honte du détail où j'entre : puisse-t-il faire rougir les coupables qui m'obligent à descendre à ces indignités ! On porte l'irrévérence dans les églises jusques à y souffrir des animaux qui y causent des désordres qui alarmeraient notre foi, si elle n'était presque éteinte. L'Église est la maison de Dieu, sanctifiée par la présence réelle et continuelle de Jésus-Christ notre souverain seigneur et maître, destinée uniquement à la prière, au recueillement et aux fonctions les plus saintes et les plus redoutables de la religion ; et on ose y conduire, y porter des bêtes qui ne sont propres qu’à troubler le service divin et la dévotion des fidèles par leurs cris et leurs courses continuelles, et souvent par des

infamies dont la vue déchire le cœur des âmes pieuses, et devrait exciter dans tous la plus vive indignation contre ceux qui donnent occasion à ce scandale. Ce qu’il y a de plus étonnant, c'est qu’on voit tout cela d’un œil tranquille et indifférent, sans que personne en paraisse ému, tant l'habitude a endurci à ces horreurs. Les païens

auraient peine à les croire ; ils sont plus religieux que nous dans les temples de leurs faux dieux.

Je tais cent autres irrévérences extérieures ; mais si Je pouvais pénétrer dans l'intérieur, et dévoiler ce qui se passe dans le cœur de plusieurs fidèles, que je présenterais des objets bien plus odieux ! O mon Dieu ! est-ce donc là la maison du Seigneur ? Est-ce là ce lieu saint et terrible aux anges mêmes ? Es.-ce là où habite réellement et corporeliement Celui devant qui les séraphins tremblent de respect ?

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