‹ L'excellence de la dévotion au cœur adorable de Jésus-Christ [microforme]Chapitre 33 sur 98 · SAINTE CATHERINE DE SIENNE · texte numérisé non relu

SAINTE CATHERINE DE SIENNE

Dans sa Vie, écrite par le bienheureux Raymond de Capoue, son confesseur, au livre I, chapitre xvi, il est dit: «Un jour que la sainte méditait sur ce verset du Prophète: Créez en moi, Ô mon Dieu, un cœur pur (Psalm. 1, 12), elle se sentit animée d’une ferveur et d’une confiance extraordinaires, et elle demanda à Dieu qu'il lui ôtât son propre cœur, parce qu’il lui paraissait souillé. Elle vit alors le divin Époux qui venait à elle, et s'étant approché, il la toucha de la main au côté gauche, et à l’instant il s’y fit, d’une manière admirable, une ouverture jusques au cœur. La sainte sentit réellement que son cœur était saisi par la main de Jésus-Christ et tiré hors de sa poitrine ; après quoi le Seigneur disparut, la laissant sans cœur. Catherine rendant ensuite compte de cette vision à son confesseur, celui-ci s’en moquait; mais elle persévéra à affirmer la vérité de ce fait et à protester que Notre-Seigneur lui avait pris très réellement son cœur, Le confesseur, de son côté, persistait à n’en ve loir rien croire, disant qu'il n'était pas possible de vivre sans cœur. À quoi la sainte répondait sagement que cela était impossible à l'homme, maïs non pas à Dieu. Elle resta en cet état plusieurs jours, jusqu’à ce qu’un matin, se trouvant dans l’église de Saint-Dominique,

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après un de ces ravissements qui lui étaient ordinaires, revenant à soi elle se vit tout à coup investie d’une lumière céleste, au milieu de laquelle elle aperçut Notre- Seigneur tenant entre ses mains un cœur nouveau éclatant de lumière. La vierge, à cette vision, tomba par terre toute tremblante, et le divin Époux s'étant approché, lui ouvrit de nouveau le côté gauche, et y mit dedans ce nouveau cœur, en disant ces paroles: Ma chère fille, je te pris l’autre jour ton cœur, mais voilà qu’aujourd’hui je te donne en échange le mien, avec lequel désormais tu vivras toujours; et ayant retiré sa divine main, il ferma l’ouverture qu'il avait faite, laissant seulement en signe de miracle une cicatrice tout autour, comme la sainte le confessa elle-même, et que plusieurs personnes l’ont vue de leurs yeux. »

Chapitre xvi: «Il arrivait souvent que ce nouveau cœur tressaillait d’une manière admirable, et de telle sorte que son agitation se faisait entendre des assistants, à qui il était aisé de reconnaître que ce mouvement et ce bruit n'étaient pas naturels. La sainte, dans les transports que ces impressions lui causaient, disait à son confese sur: O mon Père, ne vous apercevez-vous point que je ne suis plus la même qu'auparavant? Oh! si vous connaïssiez et si vous pouviez sentir ce que j'éprouve dans ce cœur nouveau ! Oh! si d’autres que vous pouvaient encore le sentir, il n’est personne qui n’en fût aitendri! Tout ce que je puis dire pour l’exprimer n’est rien au prix de ce que je sens au dedans de moi: je sens un si grand feu et une ardeur si violente dans ce cœur de mon Seigneur, que tout feu matériel me paraît froid en comparaison. »

Des vertus de la dévotion au S.-C.

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