SAINTE THÉRÈSE
Dans sa Vie, écrite par un de ses confesseurs, liv. I, chap. 1v, on lit ce qui suit: «Le Seigneur embrasait son cœur d’un si grand feu de l'amour divin qu’elle se sentait brûler et mourir. Il semblait que du plus intime del’âme il en fut parti comme un trait enflammé, qui l’eût frappée et qui dût la consumer. Elle expérimentait des impressions si viveset si ardentes de cet amour, qu’elle nesavaïit que faire : il lui paraissait que son âme fût prête à se séparer de son corps. Elle allait ça et là, comme une biche blessée, portant au plus vif de son cœur une flèche embrasée dont le coup et la plaie la consumaient.. Cettr ardeur divine auginentant, la sainte eut diverses fois 1: vision suivante : elle voyait auprès de soi un ange e.' forme corporelle, d’une beauté ravissante, et si enflammé qu'il lui paraissait de l’ordre des séraphins. 1l avait à la main un dard d’or dont la pointe était embrasée: etavec ce dard l’ange la blessait dans le cœur, et la laissait ainsi toute en feu de l’amour divin. Elle eut «ce vision en divers temps (car ce ne fut pas une seule fois que l’ange lui perça ainsi le cœur) ; or, ces jours-là elle était comme hors d’elle-même. »