‹ L'excellence de la dévotion au cœur adorable de Jésus-Christ [microforme]Chapitre 66 sur 98 · RESSEMBLANCE ADMIRABLE ENTRE JÉSUS ET MARIE · texte numérisé non relu

RESSEMBLANCE ADMIRABLE ENTRE JÉSUS ET MARIE

L'auteur fait d'abord remarquer la différence infinie qu'il y a entre Jésus et Marie, pour que le lecteur ne se méprenne point sur le vrai sens de la comparaison établie dans cet article. Il fait voir ensuite «cette ressemblance dans les perfections, les vertus, les grâces, les titres, les privilèges, les qualités, les richesses, la puissance, la gloire et enfin les honneurs que l'Église rend au Fils et à la Mère. »

Le P. de Gallifet développe surtout ce dernier point : la ressemblance dansles honneurs. On trouveleculte de Marie associé à celui de Jésus, chez tous les peuples, dans tous les temples catholiques, chez tous les saints. L'Église donne l'exemple : elle les unit dans ses prières, ses prédications et ses cérémonies augustes, et elle a soin que les fidèles ne les séparent pas non plus dans leurs prières et leurs louanges.

Notre confiance et notre amour, qui sont ce qu’il y a de principal dans le culte, Jésus a voulu les partager avec sa divine Mère. Admirable est en effet la confiance des peuples envers Marie : rien de si universel, de si ardent et de si tendre. Les fidèles de toute condition l’invoquent dans leurs besoins. Il n'est point de titre capable d’exciter la confiance que Jésus n'ait fait donner à Marie dans le monde entier. Non moins admirable l'amour des fidèles, qui éclate dans leur ardeur à hot.orer cette tendre mère.

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Or Jésus ne cesse d'i cet amour des peuples, spirituelles et temporelles, Marie. 11

n faveur de

tablieen l'honneur de Jésus, qu'on l'honneur de Marie.

il est aisé de conclure que la dévotion une suite naturelle de la dévotion au Ensuite, après avoir montré que depuis plus s où il écrivait, la dévotion au Cœur r dans plusieurs ordres religieux et nce, le P. de Gallifet en vient à traiter

Que si on cherche mai dent la solidité,

amour que le Cœur de Marie. On doit donc appliquer, avec une Juste Proportion, à ce Cœur sacré, tout ce que nous avons dit de l'excellence du Cœur de Jésus, au livre I, chap. 1.

En effet, on peut considérer le Cœur de Marie en deux manières, comme nous avons considéré le Cœur de Jésus Ou en lui-même par rapport à sa propre excellence, ou

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par rapport aux hommes. Si vous le considérez en luimême, son excellence se prend : premièrement, de ce que ce Cœur sacré est ce qu’il y a de plus noble dans le corps de la Mère de Dieu, corps le plus saint qui soit dans le monde, lequel participant à la dignité de la personne, devient par là d’une dignité comme infinie; secondement, de ce qu’il est le principe de la vie de la Mère d’un Dieu, c'est-à-dire de la plus noble, de la plus belle, de la plus divine de toutes les vies, après celle de l'Homme-Dieu ; troisièmement, de ce qu’il est le principe du sang dont a été formé le corps de Jésus-Christ et qui a été uni à la divinité ; quatrièmement, de ce que c’est l'organe le plus noble de l’âme la plus grande et la plus sainte qui fut jamais, dans ses opérations sensibles les plus admirables, telles que sont celles de sa volonté ; cinquièmement, de ce qu’il est l'instrument principal de la gloire que Dieu reçoit des affections sensibles de la sainte Vierge, et singulièrement de son amour, dont un seul acte est plus agréable à Dieu que tout ce qui part du reste des créatures; sixièmement, de ce qu'il est le sanctuaire par excellence du Saint-Esprit, sanctifié d’une manière extraordinaire par les opérations de ce divin Esprit, et par l'infusion de ses grâces et de ses dons les plus excellents.

Il est évident, par tous ces endroits, qu’il n’est rien parmi les choses corporelles, ni dans le ciel ni sur la terre, après le Cœur de Jésus, de comparable en excellence au Cœur de Marie ; rien de plus saint, rien de plus précieux, rien de plus noble, rien de plus grand, rien de plus aimable, rien de plus agréable à Dieu.

Si on vient ensuite à considérer ce Cœur admirable par rapport aux hommes, à qui on le présente pour objet de

Dévotion au Sacré-Cœur de Marie

LE PÈRE GA BRIEL. LALLEMANT, Martyrisé par les Iroquois le 17 mars 1649

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leur dévotion, où trouvera-t-on jamais un objet plus aimable, plus tendre, plus touchant que ce cœur virginal ? puisque c’est le Cœur de notre divine Maîtresse, de notre bonne Mère, de notre Avocate, de notre consolation, de notre refuge ; le siège de la charité, de la compassion, de la miséricorde, de la tendresse de la sainte Vierge pour nous ; le centre des douleurs immenses que cette divine Mère a souffertes à l’occasion de notre rédemption ; enfin, le modèle sur lequel nous devons former nos cœurs, modèle d’humilité, de pureté, de douceur, de charité, d'amour et de toutes les autres vertus.

Si ces motifs ne rendent pas ce Cœur sacré aimable aux hommes et digne de leur plus tendre dévotion, c’est qu’on n’y réfléchit pas, ou qu’on a le cœur bien insensible.

Nous finirons cet article par les paroles d’un des plus célèbres missionnaires de Normandie, insigne dévot du saint Cœur de Marie. Ce saint homme (le Père Jean Eudes) (1), dans un écrit sur l'excellence de ce Sacré- Cœur, qu’il imprima à Coutances en 1688, termine ainsi son instruction : «Donc quand nous honorons le Cœur sacré de la Mère de Dieu, nous honorons le Cœur le plus admirable, après celui de son Fils, le plus parfait, le plus aimé de Dieu, le plus orné de toutes les vertus, le plus rempli de grâces et d'amour, de tous les cœurs ; le Cœur le plus tendre pour les pauvres pécheur:. + plus doux, le pis compatissant, le plus miséricordie :, le plus charitable, le plus bienfaisant, le plus aimable ; enfin l’objet après Jésus le plus charmant du ciel et de la terre. C'est donc avec grande raison que nous devons faire de ce Cœur sacré le plus tendre objet de nos dévotions, et lui

(1) Aujourd’hui Vénérable.—Note de l'éditeur.

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rendre tout le culte et tout le respect que son excellence particulière, et les biens que nous avons reçus de lui, exigent de notre reconnaissance et de notre amour.

Enfin on peut confirmer ce que nous avons dit jusques ici du Cœur de Marie, par des révélations divines, et par l'exemple des saints. Dans les révélations de sainte Mechtilde dont nous avons parlé plus haut, on lit au chap. Liv du liv. I, qu'il fut accordé à cette sainte d’honorer et de saluer le Cœur de la sainte Vierge pour sept motifs particuliers : premièrement, à cause des désirs enflammés qu’il a conçus de la venue de Jésus-Christ : secondement, à cause de l’amour dont il a brûlé, et de sa profonde humilité : troisièmement, pour sa tendresse envers l'enfant Jésus ; quatrièmement, pour le soin qu'il a eu de conserver les paroles de Jésus-Christ ; cinquièmement, pour ses souffrances à la Passion de Jésus-Christ ; sixièmement, à raison des prières qu’il a faites et des désirs qu’il a formés pour l'Église : septièmement, pour le soin qu'il a dans le ciel de nous rendre la très sainte Trinité favorable.

Dans les révélations de sainte Gertrude, livre IV, chap. m, on trouve ce trait touchant le Cœur de Marie. Dans une vision rapportée en cet endroit, il est dit que «l'enfant Jésus, plein de douceur et de beauté, apparut à la sainte suçant avec un goût délicieux le Cœur de sa divine Mère; par où il donnait à entendre que comme son humanité était nourrie du lait virginal de sa Mère, ainsi sa divinité prenait son repos et ses complaisances dans ce Cœur très aimable et très innocent. »

Au même livre, chap. xu, il est raconté “qu’au temps de l'office divin, tandis qu’on chantait l’Ave Maria, la sainte eut cette vision. I] lui semblait de voir sortir trois

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rayons de la très sainte Trinité, un du Père, un du Fils, ua du saint Esprit, qui pénétraient le Cœur de la sainte Vierge ; d'où sortant ensuite avec grande impétuosité, ils retournaient d’où ils étaient partis. Le premierrayon, qui sortait du Père éternel, signifiait la puissance qu'il a communiquée à Marie ; le second rayon, qui sortait du Fils, signifiait la sagesse dont ce Fils adorable l’a ornée | et le troisième rayon signifiait la bonté dont le Saint- Esprit l’a comblée. »

Nous avons vu ci-devant que la pratique de la vénérable Mère Marie de l’Incarnation, ursuline, était de ne pas séparer dans son exercice le Cœur de Marie de celui de Jésus ; mais de les honorer ensemble, se servant du Cœur de Marie auprès de Jésus-Christ, en même temps qu’elle se servait du Cœur de Jésus auprès du Père éternel. La vénérable Mère Marguerite de la Visitation, dont nous avons tant de fois fait mention, unissait encore à la dévotion au Cœur de Jésus, la dévotion au Cœur de Marie: et c’est d’elle sans doute que le Père de la Colombière l'avait prise ; car il unissait aussi ces deux Cœurs ensemble dans sa dévotion, comme il paraît par une aspiration très dévote qu’on trouve dans le Journal de ses retraites, Ire retraite, IIIe semaine.

Invités par ces exemples, et convaincus par tant de raisons, ne séparons pas dans notre dévotion le Cœur de Marie du Cœur de Jésus ; honorons-les, aimons-les tous deux du fond de nos cœurs ; dévouons-nous. consacronsnous tout entiers à ces aimables et divins Cœurs. Allons au Père éternel par le Cœur de Jésus : allons à Jésus par le Cœur de Marie. Rendons à Dieu le Père, par le Cœur de Jésus, ce que nous devons à sa majesté, à sa justice et à sa miséricorde infinie: et par le Cœur de Marie, acquit-

Lisdtiiihih Nb: INR: HN HN 2. AN

Images des SS. Cœurs de Jésus et de Marie 151

tons-nous envers le Fils de ce que nous devons à sa grander, à sa clémence, à sa bonté, à ses bienfaits et à son amour. Nous obtiendrons tout du Père par le Cœur du Fils ; et nous obtiendrons tout du Fils par le Cœur de la Mère.

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