‹ L'excellence de la dévotion au cœur adorable de Jésus-Christ [microforme]Chapitre 67 sur 98 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DES IMAGES DES SACRÉS CŒURS DK JÉsus ET DE MARIE

L'image sacrée du Cœur de Jésus-Christ n’a pas été reçue partout avec le respect et l'amour qu’elle mérite. Elle a même essuyé une sorte de persécution de la part

de ceux qui étaient opposés à la dévotion au Cœur de Jésus. Ilest marqué dans la Vie de la vénérable Mère Marguerite-Marie, que le premier crayon qui fut fait de ce Sacré-Cœur par les novices que cette sainte maîtresse conduisait, excita contre elle une tempête qui ne put être calmée qu’en faisant disparaître cette image. Elle a rencontré la même opposition dans les autres lieux où la dévotion au Cœur de Jésus a eu des contradicteurs; l’un était une suite naturelle de l’autre.

Par an principe contraire, partout où le Cœur de Jésus a trouvé des adorateurs, l’image de ce Cœur divin ya été révérée ; et elle s’est multipliée à proportion que le nombre des dévots du Cœur de Jésus s’est augmenté. En effet, lorsque nous aimons un objet, son image nous devient aimable, sa vue console; elle excite dans nos cœurs les mêmes affections que ferait la présence de l'objet ; elle tient en quelque manière sa place à notre égard. De là, les sentiments de dévotion que les images de Jésus-Christ

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excitent dans les Âmes qui sont touchées de son amour. Sainte Thérèse disait qu'elle aurait voulu en rencontrer dans tous les lieux où elle portait sa vue. Ce sont, dans ces Âmes pures, à l'égard de ces images, des aflections et des tendresses qui ne sont bien connues que de ceux qui ont le bonheur de les éprouver.

L'amour que le Saint-Esprit leur inspire pour la sainte humanité de Jésus-Christ, leur rend infiniment cher tout ce qui lui est propre: son Âme, son corps, son sang, ses plaies, son nom, ses pieds, ses mains, son côté percé, son visage, sa croix, ses clous, ses épines, ses langes, ses vêtements, son suaire, sa crèche, etc., tous ces objets sacrés, aussi bien que les images qui les représentent, ont pour elles des attraits charmants, comme on le remarque dans leur vie et dans leurs écrits. L'Église est si persuadée que ces images servent à l'édification des fidèles, qu’elle les présente partout à leurs yeux; car, quoi de plus commun que les images de la croix de Jésus-Christ, de son saint nom, de ses plaies, de son suaire et des instruments de sa Passion ? Mais s’il est vrai que ces images sont saintes, utiles, édifiantes, propres à cxciter, à entretenir, à nourrir la dévotion des peuples, que doit-on penser de l’image du Cœur de Jésus ?

Voici une réflexion encore plus pressante. On expose communément à la vue et au culte des fidèles l’image du cœur de certains saints: saint Augustin, par exemple, et saint François de Sales sont représentés tenant à la main un cœur enflammé, qui est l’image de leur propre cœur embrasé de l’amour divin. Ces images se trouvent en cent endroits sans que la piété des fidèles en soit offensée. Comment donc cette même piété a-t-elle pu être offensée de l’image du Cœur de Jésus-Christ embrasé des flammes

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de son amour! De plus, l'image du cœur de sainte Thé. rèse, qu'on représente avec la plaie qu'il reçut du trait enflammé dont un séraphin le perça, cette image est commune en Espagne, et elle est répandue en mille autres endroits: nous l'avons vue et tenue au milieu de Rome. Les dévots de cette séraphique sainte la conservent avec respect, la baisent a vec amour; elle sert à exciter leur fer. veur; et l’image du Cœur de Jésus percé du coup de lance qu'il a reçu pour notre salut, ne produirait pas les mêmes effets! Quoi! l'image du Cœur d'un Dieu Rédempteur aurait-elle moins de force pour toucher nos cœurs que l'image du cœur d’un saint ou d'une sainte ?

Quand on considère ces choses, on est plus porté à gé. mir qu’à raisonner, et on se demande avec étonnen::nt : Eh! d’où a pu naître dans des chrétiens cette prévention si injuste et si contraire à la piété, contre l'imne 4: Cœur de Jésus leur Sauveur, image non seulement :- 1. : sainte, mais la plus douce et la plus aimable 41: ::4:

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possible, puisque c’est la représentation de l'amour :::ine de Jésus-Christ ? La source de cette étonnante üisposition, il ne faut pas la chercher ailleurs que dans la haine du démon contre Jésus-Christ, et dans les artifices qu’il emploie pour combattre tout ce qui va à la gloire de ce Dieu-Homme, Nous avons remarqué que le Saint-Esprit inspire pour la sainte humanité de Jésus-Christ, et pour tout ce qui la touche, les sentiments les plus vifs et les plus tendres de respect et d’amour. Le démon fait tout le contraire: il porte une haine implacable à cette adorable humanité, et à tout ce qui a rapport avec elle: sa chair, SOn sang, ses plaies, sa croix, etc., sont pour lui des objets d’horreur: mais par-dessus tout son Sacré-Cœur, comme

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étant le siège de son amour, et le centre de ses douleurs qui ont opéré notre Rédemption. D'où il est aisé de comprendre combien l’image de ce Cœur adorable a dû exciter sa fureur.

Il fit autrefois une cruelle guerre à l'image du nom de Jésus, lorsque saint Bernardin de Sienne, suscité de Dieu, entreprit d’en établir le culte. Les disputes qui s’élevèrent contre cette sainte image, furent si vives, que l'Église en fut troublée ; à peine le Saint-Siège put-il les calmer par son autorité. Faut-il s'étonner qu’aujourd’hui ce même ennemi de Jésus-Christ, en combattant de toutes ses forces la dévotion au Cœur de Jésus, se soit élevé contre les images de ce Cœur sacré, et qu’il n'ait rien oublié pour en inspirer du dégoût et du rebut ? Mais, comme les efforts qu’il fit contre l’image du nom de Jésus furent réprimés et anéantis par la puissance de Jésus- Christ,et qu’on vit bientôt après l’image de ce nom sacré briiler partout dans nos temples, et faire l’objet de l’adoration des fidèles, aussi bien que de leur plus tendre dévotion, il en sera de même des efforts qu’il a faits contre l’image du Cœur de Jésus-Christ. En effet, nous avons déjà la consolation de voir cette image, répandue en mille endroits, faire les délices des âmes pures, et nous avons une ferme confiance qu’'le deviendra tous les jours plus commune,

Ce doit être là un des soins principaux des dévots du Cœur de Jésus. Ils doivent procurer avec ardeur cette gloire à ce Cœur divin, afin de réparer par là l’injure que lui a faite le démon en inspirant du mépris pour son image. On doit exposer cette image avec le plus de magnificence qu’il est possible, soit dans les églises, soit

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dans les maisons, soit dans les oratoires particuliers. On doit la porter sur soi comme une marque précieuse de notre amour pour Jésus-Christ, comme une défense contre ‘ les tentations du démon, qui doit craindre et fuir cette image plus que toute autre. Il a plu à Jésus-Christ de déclarer dans une révélation particulière rapportée par la Mère Marguerite-Marie, que l’image de son Cœurétait un objet de ses complaisances, qu'il voulait qu'elle fûtexposée à l’adoration des fidèles, et qu’il répandrait hondamment ses grâces dans les lieux où elle serait révérée, et sur ceux qui l’honoreraient. Nous avons rapporté cidevant la pratique que le célèbre Lansperge inspirait il y a déjà deux cents ans aux âmes intérieures, d’avoir des à images du Cœur de Jésus, de les placer dans des endroits où elles pussent les voir souvent, et de les honorer avec tendresse, comme une source précieuse de bénédictions. Cette divine image est déjà répandue, comme on l’a dit, en mille endroits: on l’a peinte, on l’a gravée, on l’a cise- | lée, on l’a. représentée en diverses manières, et ornée en différentes façons, selon le goût et le génie des peintres, ou selon la dévotion de ceux qui la désiraient. La couronne d’épines et la croix qu'on voit dans l'image du Cœur de Jésus sont les symboles des souffrances que ce Sacré-Cœur a tant aimées Pour nous sauver; et c’est dans ce riême appareil qu’il fut montré à la Mère Marguerite dans une vision céleste, étant de plus environné

de flammes pour marquer son amour, et rayonnant comme un soleil. (1)

(1) Le chapitre suivant, dans le texte original,est consacré

es exercices ou pratiques en l'honneur des saints Cœurs de Jésus et de Marie. Nous en avons choisi quelques-uns que l’on trouvera dans l’Appendice — Note de l'éditeur.

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