‹ L'exégèse de M. Loisy: Les doctrines, les procédésChapitre 1 sur 2 · PARIS. — 6' VICTOH RETAUX, LIBRAIRE-EDITEUR · texte numérisé non relu

PARIS. — 6' VICTOH RETAUX, LIBRAIRE-EDITEUR

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Permis d'imprimer à Paris.

Paris, k 27 Février i903.

Une condamnation portée par Son Éminence le Cardinal Archevêque de Paris, condamnation à laquelle se sont associés déjàplusieurs évoques de France (1), vient de frapper le livre que M. Loisy a publié sous ce titre : L'Évangile et VÉglise.

Ce jugement, rendu pour satisfaire à Tune des obligations les plus graves de la charge pastorale (2), fait désormais autorité et s^impose au respect de tous les catholiques.

Si le livre ne contenait que des idées particulières à son auteur, il n'y aurait peut-être pas lieu d'y insister autrement. Mais on répète de toutes parts qu'il reflète

dans ses pages la pensée d'une école nouvelle d'exégèse, dont M. Loisy serait le principal inspirateur et

(1) s. E. le Cardinal Perraud, évoque d'Autun ; Mgr Tarchevêque de Cambrai; NN. SS, les évoques d'Angers, de Nancy, de Perpignan.

(2) Ch*dinarii^ etiam tanquam Delegati Sedis Apostolicx, libros, aliaque sci'ipta noxia in sua Diœcesi édita vel diff'usa proscribere et è ma' nibus fideliurn a/u ferre sludeant, {Constit. Officiorum ac munerum, Decr. gen. Tit. I, c. x, n. 29.)

L EXEGESE SE M. LOISY

t les adhérents assez répandus deviennent de pjus plus nombreux. On assure que l'ouvrage est redé comme une sorte de manifeste, où se trouve consée la substance de théories longuement élaborées lahilement propagées (1). De ce point de vue, il id une véritable importance et mérite d'attirer l'ation.

^'ailleurs, si la publication de ce livre est un fait fondement regrettable, je serais tenté de dire : ixculpa! et je ne serais pas éloigné d'y voir un permis par la Providence pour en faire sortir un

n constatant à quelles extrémités peuvent conduire )nncipes et les procédés de la nouvelle école, il est Dssible aujourd'hui de ne pas ouvrir les yeux et de >as avouer que nous sommes en face d'un véritable [ doctrinal. Ce n'est pas impunément qu'on abanle la ligne droite de l'orthodoxie, et qu'on cesse de iher à la lumière de la Tradition catholique, sureux, si ceux qui se sont aventurés sur ces routes ;er«4ses reconnaissent enfin leurs illusions et se it que, sur le bord d'un abîme, la vraie prue comme le vrai courage ne consistent plus , à cer mais à reculer ! Heureux, si après avoir « rêvé toutes les erreurs qu'on a pu déduire » d'un il ouvrage, ils réprouvent également les erreurs ' sont manifestement contenues !

ms n'entreprenons point ici une réfutation en . Il faudrait pour cela analyser dans tous ses re-

Ce livre me parait dans foa ensemble, et si on en supprime ea pages des deux premiers chapitres qui sont absolument re- >les. ce qui a été écrit de plus puissant et de plus beau en tbéolistorique depuis le cardinal Newman. ■ Abb^ Naudbt, Juslice ■ 10 Janvier 1903.

y'^ ^ ♦ ' L EXEGESE DE M. LOISV

plis une mentalité spéciale, où Ton a très justement signalé l'influence néfaste de Thégélianisme (1). Au risque d'atteindre moins directement Fauteur et ses disciples, nous nous plaçons d'emblée sur le terrain catholique et nous parlons le langage de la philosophie chrétienne.

Du reste M. Loisy n'a pas cru devoir procéder par voie de démonstration. Son livre, écrit à l'o^asion de leçons publiées par M. Harnack, le trop célèbre professeur de Berlin, parait se présenter comme l'exposition d'un système, et nous donne l'ensemble des conclusions où l'ont conduit ses recherches et ses réflexions sur l'Evangile et l'Eglise. Il nous suffira de dégager ces conclusions, les unes nettement exprimées, les autres plutôt enveloppées dans une composition aux contours indécis, qui ne permet de distinguer ni où commence ni où s'arrête la pensée personnelle de l'auteur. C'est la remarque déjà faite par Mgr l'évêque d'Autun : « La méthode employée dans ce livre est, si je puis m'exprimer de la sorte, essentiellement fuyante et nuageuse. Presque à chaque page, on se demande si l'auteur a voulu dire telle chose ou le contraire ; s'il entend répondre aux objections du professeur protestant dont il analyse les conférences sur « l'Essence du Christianisme », ou bien s'il se les approprie tout en essayant soit de les atténuer, soit de les accommoder tant bien que mal aux enseignements traditionnels de la théologie catholique. » (Lettre du 2 février 1903.)

De là pour le critique un véritable embarras, arrêté qu'il est, pour ainsi dire, à tout instant par la crainte d'attribuer à l'auteur une pensée qui n'est pas absolu-

(1) Voir Études, 20 janvier 1903.

ment la sienne. Malgré Tétude la plus consciencieuse, je n'osé encore me flatter d'avoir débrouillé ce chaos. Dans le doute, j'ai renoncé à relever certains passages qui ont dû cependant offusquer plus d'un lecteur. On voudra bien excuser ces lacunes.

Après avoir esquissé rapidement les Doctrines du livre, j'en indiquerai en quelques mots les Procédés.

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Les Doctrines.

On peut rassembler sous trois chefs les points principaux sur lesquels M. Loisy veut bien nous faire connaître sa pensée : Jésus-Christ, TEglise, les Sacrements.

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