‹ L'exemple de la France, avis à la Grande Bretagne [microforme]Chapitre 14 sur 31 · DR ES · texte numérisé non relu

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84 L'EX EMPLE pe La FRANCE mes ! Alors ils se sont déterminés païti, plu ôt que de garder, en leur noye si décreditée, Ils ont craint le monicnt inévitable ou les assignats ne vaudroient plus rien, ét ils ont eu peur de garder ce qu'un soufle Pouvoit anéantir, Les assigrats ont € € pour eux un objet de terreur Hs ont don: employé l'urs QU'HirS Uniquement pour se débarra:ser d'une mon ‘oyé qu'ils savoient n'avoir qu'une valeur arbitraire ct de om, Ïls se sont empressé de donner en payement ce qu'il n'y a voit point de sureté à garder

à prendre tout autre possession, une mon

Ilya, dans les lettres de Drapier par Swift, u qui explique partaitement bien la "a1SOn po:

et l'argent ont absolument disparu de France. En citant ce passage, je n’y ferai d'autres ch ngements que de mettre le MOL Aisgrals en place du mot sd: de boi Quand à moi j'ar déjà résolu ce que je dois faire. ‘J'äi une loutique assez bien Journie en Éoffes el en soyeries : au lieu de re éveir des assige PAtS, 1° me propose de tre que mar handises pour mas chandises, denrées Pour denrées avec mes voisin de boucher, le bculanger, le brasieur et autres. Le Peu d'or et d'argent que j'ai, je le L'rdsvai par devers moi aussi Précieusemens qe lé ang de mon faur, ji{qu'à des Lemps plus héurcux, jusqu'à ce ‘que je soye sur de point de niourir de Jim, et alors j'acheterai des assiglats,

Après avoir jetté Jes yeux sur l’état micrce en France, tournés vos regards florissant du commerce en Angleïcr'e Admirés en lim. Mmensté: non il n'y à pas d'expressions qui puissent en €xigcrer la crandeur réelle. Contemplés Ja fabrique gigantésque élevec sur l'industrie de ce royaume, Co sideres le Montant prodigieux des fonds publics, la circulation en Paoicr de toute espece, la quantité d'or et d'argent soit en monnoie soit en vaisselle. Admirés ces établissements de manufactures qui ont fait sortir de terre, ct comme par en- Chantement, des cités nouveies, Examinés les grandes routes, les canaux ct autres oux rages publics qui font la com mudité et l'embellisement des villes Capitales, ( ontemplés enfin la marine, les Côanticrs, les magazine et HO5 rit hcsses MiéiCañtiies de mille ee

nc especes differentes, et qui vont se répandre

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AVIS à La GRANDE BRETAGNE. 87

tons par des sçélerats déterminés qui se sont mis en avant et qui, après s'être rassemblés en armes, se sont emparés r eux seuls de l'autorité ct du pouvoir qu'ils affectoient d'attribuer au peuple. Le pillage s'enest suivi; et la grande masse de la nation a reconnu qu'il lui en avoit couté terriblement cher pour ne gagner autre chose qu'un changement de maitre. De la soumission aun Roi eile a passé sous la tyrannie d'une bande de sçélerats, et ce changement n’a produit que des fruits bien dur: et bien pénibles a digerer. L'argent a entiérement disparu, les riches qui auparavant fouraissoient de l'emploi et donnoient a travailler, ont été poursuivis et détruits comme des betes fauves; les riches marchands et manufacturiers ont été chassés par les troubles convulsifs du moment ; les emplois et les ouvrages, qui échangeoient le travail pour du pain, ont disparu aussitot que les sources qui les alimentoient ont été dessechées. Le pauvre ouvrier qui ne reçoit en payement qu'uné monnoie dérisoire meurt de faim s'il ne peut manger ses assignats. Hne lui reste alors qu'une ressource; c'est de les tremper dans le sang. Armé d'une pique, il tèche de s'emparer du bled destiné à appaiser la faim des autres. Cette tragédie st souvent représentée dans ce malheureux royaume, sera Tenouvellée jusqu'à ce que l'égalité finisse comme partout aitleurs par une égalité de ruine. Les manufactures ne font rien ; on n'achéte rien; il n'y a de commerce que parmi les soldats, ŸYene vois dans Le trafic autre chose que noire imprudence et notre sang. Bientot on ne verra plus ricn ch France que de la misere et du paprer. * Voila ce que nous tenons de la bouche même d'un Jacobin membre de la Convention! Pourroit il donc nous rester

quelque doute? ?

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* Sr, Just, Monit, : Décembre, + Dans plufieurs départements le prix du Froment eft de f'4:1o1. fier. qui revient à environ ££ livres de France le ieptier, nélure de Paris, pelant environ 240 livres et contenant 12 Soilleaux ou 4 minots. Le leprier de froment le vendoit à Paris de 20 à 22 livres, très rarement plus de 24 livres avant la révolution.) Comme

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88 L'EXEMPLE pe LA FRANCE

Le 26 Novembre la députationdu département de l'Eure et Loire, paroissant à la barre de la Convention, dit que /es deix sont sans énergie et sans vigueur. Le prix d pain le rend inaccessible aux pauvres. La misere est à sen comËle. Si a éherlé continue, il fant s'attendre aux plus grand malheurs. Des troupes d'hommes armés parcourent les campagnes afin de torcer les cultivateurs de vendre leur bled à moitic da prix Courant, encore cette moitié est elle payée en assigiats ; ils le saisissent même à tout prix. De troupes illégales d'hemmes dans plusieurs d. nartements s'emparent du bled, dans les marc! és, sans le payer, *

Æ Louviers, il y à eu une insurrection de cinq ou six mille ou vriers qui ont forcé les magistra!s de marcher à leur tête, Dour aller chercher du bled dans le; greniers des fermiers. La semaine der niere, ils ont saisi tout re qu'il y avoit sur le marché à 1 455 Pendant que six cent autres devastoient la foret, Ÿ

Sous l'ancien gouvernement, les grandes routes de France étoient un objet d'envie pour toute l'Europe, Maintenant ciles sont dans un état qui, n'y eut il aucun autre obstacle, empecheroit beaucoup le transpoït des grains et en augmen teroit encore la rareté dans bien des endroits. On n'y a fait absolument aucune réparation depuis trois ans. C’est ce que j'ai appris de la bouche d’une personne qui a der. nierement traversé le Royaume. S'étant informé de la rai. son

cette somme et r& affignets, ceux qui ne font pas bien informés pourroient s'ima,: & les pauvres, étant payés en papier, ont pa proportion la même fac: té pour acheter, Mais c'eft précifement le contraire, Le papier monnoie, en même temps qu'il a fait haufler le prix du bled, à détruit les manufactures et le commerce, et attaque maintenant l'as griculture mème, Les gens pauvres font ablolument {ans emploi, et n'ont pas plus le moyen de fe procurer un assignat qu'un Louis, Il n'y à pas encore un an que la mifeie efta ce dégré en France; car en quelques en. droits, les manufactures alloient encore le printens dernier, Les aflaires de ce royaume demandent une attention qui ne Îe ralentille point, fans quoi nous fommes allurés d'être trompés. L'émiflica du papier monnoie a été fort fingulicre, car pendant quelque temps elle à paru avantseeufe: mais da ligne une fois pafee, tout €lt rapidement ton:bé en décadence,

* Le Miniftre du Département de l'Intérieur à la Convention, le 28 de Novembre,

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de l'Eure dit que /es ain le rend re NH 1 urs. Des es afin de 1e du prix g'iats ; ils d'hommes

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AVIS à La GRANDE BRETAGNE. &s

on pour laquelle les chemins étoient en si aauvais état, on lui a répondu en plusieurs endroits que le peuple refusoit absolument toute contribution en travail et en argent pour les reparer, Le 6 de Janvier le ministre de l'Intérieur s'est plaint de ce qu'ils étoient dans un état de dél £ épouvantable, Dans un temp* d'anarchie, l’entre 8 grandes routes peut-être règard. comme une chose € peu d'importance; Mais le peu d'attention qu'on y donne tait voir que, même dans lesobjets ou le peuple a l'interêt le plus pressant, le gouvernement est dans l'impuissance de faire aucun bien ; il ne lui reste de force que pour faire du mal On a aboli les dixmes et les payements de rentes féodales ; bientôt après le peuple a refusé de payer les tailles; enfin il ne veut pas même contribuer a reparer les chemins qui sont pour son utilité et son usage. Telle est l'état des «hoses ; et cependant il y a en Angilcterre, parmi ceu e mclent de politique, des gens qui nous disent qu laires de France finiront par bien aller, comme s'il ét. possible de remedier 4 de si grands maux par de nouvelles expériences, Le seul remedé qui paroisse maintenant convenir 40x maux la F'rânce, ce n’est plus la bienfaisarice d'un Louis XVI, mais c'est le rétab. :sement absolu et sans restriction de l'ancien gouvernement accompagné de ce qu'il avoit de plus apable d'imprimer la terreur. Z/ n'en étoit pas ainst sous l'ancien gouvernetent, Mais les françois n’en étoient pas contents. Le 7 de Janvier le ministre de l’intérieur porte des plaintes contre la Commune de Paris, et écrit à la Con. vention en ces termes; — Au milieu de ! ‘abondance, nouf sommes sur le point de perir par la jamine. Voila lefruit de ces déclamations éternelles qui échauffent les têtes du peuple. L'ad ministralion est negligéez tout est dans un horrible désordre: Aotre nourriture, dit St. Just, a disparu en proportion de ce que notre liberté a augmenté. * Voila en deux mots le mal et sa cause, Les Jacobins disent dans l'adresse aux sociétés de leurs freres, — Le peuple triomphe et souffre pendant quatre ans de misere et pendant quatre mois d'outrages continuels. Ÿ

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* Moniteur 1 Décembre.

‘Leures de Roberifpierre a fes Comimettants, N 9 8, poge 186, 387,

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