MILICE
Ju SQU'ici j'ai dit peu de choses sur l’innovation. II n'appartient qu’à des enfants et à des esprits bornés de se déclarer contre une mesure de précaution, précisement parcequ’elie est une nouveauié, Dans tous es temps, ii ; à
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des choses nouvelles qu'il scroit très utile d'introduire, Ainsi le Bill de Mr. Grenville pour examiner les élections douteuses a été une innovation; /'habeas corpus, la Chambre des Communes ont été des innovations, Il ne s’agit pas maintenant d’une question générale pour ou contre toute innovation : [l s’agit de savoir de quelle nature sera celle qu'onsepropose? Car il est hors de doute qu’il faut en in« traduire quelqu’une: et lorsque nous considerons les progrès que fait au dehors l'esprit d'égalité, le danger intérieur qui menace toutes nos propriétés et nos vies mêmes, Peut 1} rester aucun doute sur la qualité de l'innovation qui nous est nécessaire ? Dans les circonstances actuelles, faut il introduire quelque nouveauté qui assure les propriétés? Est il a propos d’amener et de soutenir le monstre a cent têtes, dans des clubs de désordre * et dans des associations de trouble? Seroit il expédient d’entretenir un esprit, et de favoriser parmi nous un principe qui a renversé la France dans la poussiere? Ou bien, devons nous sérieusement penser à quelques précautions nouvelles qui puissent établir une digue contre les flots et un abri contre la tenrpête, afin que nous soyons en surcté contre les vagues et les orages, lorsque nous en serons assaillis? 11 n’y a parmi les propriétaires qu'un homme stupide et imbecille qui puisse rester en suspens sur ces questions. Quand à moi, je pense que l’innovation qu'il nous faut, et qui devroit être solicitée unanimement, c’est une milice de rang et de file composée de propriétaires.
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* On dira peut-être que les Clubs fe font formés fans défordre, et que les affôciations fe font affemblées fans troubles, Mais il ne vaut prefque pas la peine de refuter cette objection. Car comment ont fini en France les clubs et les aflociations qui s’étoient d’abord formés et afflemblés fans défordre et fans troubles ? Des hommes moderés et bien intentionés, qui avoient établi quelques uns de ces clubs, y ont été comme foulés aux pieds, et s’en sont vu chaffés par de nouveaux arrivés qui n’avoient rien de moderé dans leurs vües. 11 en fera de même dans toutes les aflociations ou l’on, admettra des gens fans propriété. Les non proprietaires seront toujours les plus nombreux ; les propofitions les plus violentes feront celles qu’ils goutæront le mieux. Ils: favent qu’ils n’ont rien a perdre. Voila le pivot fur lequel tournent de pareilles aflemblées, Apres avoir commencé, peut être avec de bonnes intentions, elles finiffent par vouloir tout aétruire.
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AVIS à La GRANDE BRETAGNE. 95
La tirannve populaire est une frénésie qui gagne rapidement. ll est certain qu’elle se répandra si on ne prend de bonne heure, des mésures efficaces pour la prévénir. Des soldats tirés de la lie du peuple, et dont l'intérêt imaginaire est de se joindre a des insurgents de toute espece : voila ceux qui forment la principale et derniére ressource de tous les Etats de | Europe. La confiance en de pareils soutiens semble bien hazardée ; et selon le cours naturel des choses, il esta craindre qu’à la longue, cette ressource vienne a manquer, Les périis sont trop évidents pour être dissimulés ; ils sont trop formidables pour être palliés. ‘Tandis que les dangers se présentent ainsi de tout Coté, il faut rendre des mesures efficaces et décilives ; il est nécessaire d'adopter quelque système qui defende et assure ies propriétés. Iln’y a que la follie et l’entêtement qui puissent mettre obitacle à ces précautions.
Les propriétés seroient en sureté si on formoit une milice de ceux qui les ossedent. Il y ades gens, qui ne retirant aucun avantar: -le la paix et de la tranquilité publique, ne demandent p1° rnieux que de la voir troublée, et cherchent 4 exciter des tempêtes qui les élevent eux-mêmes en renver— sant et ruinant les autres. Les propriétaires pourroient envisager avec plus de calme et de patience les attaques de ces hommes dangéreux, soit qu’elles fussent ouvertes et déclarées, soit qu’elles fussent secrettes et cachées.
: "Mais, après tout ce qu'on peut dire, la seule idée de partager les propriétés est une potion délicieuse pour la grande masse du genre humain, Elle trouvera des pañtisants enthousiastes dans tous les pais, et dans les rangs d’une armée plus que partout ailleurs. Il faut donc que les propriétés snient assurées par ceux mêmes qui lés possedent, en en formant des corps de milices armes. Dans chaque Comté de médiocre étendue, on pourroit établir un corps de mille homme de cavalerie assez disciplinés pour obeir au commandement et garder leurs rangs. - Il en couteroit peu à l'état pour les enroiler, les rassembler en compagnies trois jours par an, et les réunir en régiments, une fois en sept ns, Un établitseiment de cette nature donneroit certainement
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ment une sécurité permanente contre Jes exemples penicieux de la France. Ce seroit également une précaution assurée en Angleterre contre les progrès des principes malfaisants qui tendent à l’anarchie, à la guerre civile, et à l'effusion de
sang qui ont précipité nos voisins dans leu: : malheurs actuels et dans une situation désesperée,
On a dit qu’une milice de cette espece est impratiquable. Je ne prétends pas raisonner sur un cas entiérement nouveau, Cependant je demande quel inconvénient il y auroit, si tous ceux qui possedent dans le royaume des propriétés en terres, si tous ceux d’entre eux qui ne désirent pas le renversement de notre constitution sous pretexte de la réformer, si en vertu d’une loi qui les y autoriseroit et en regleroit la manicre, s'ils pouvoient à chaque instant se rassembler armés, se former en compagnies et enrégiments, et être toujours prêts a S'opposer aux amis de l'anarchie? Je ne crains pas d’as. surer qu’une loi de cette espece est essentielle au salut du public, Je ne crains pas d’avancer qu’il ne peut y avoir rien que de bon dans une loi qui prepare des moyens de sureté et de défense, tandis qu’une enragée manie pour l’u… surpation réunit et électrise les ennemis de l'ordre et de la paix. Tout ce qui a rapport aux loix précédentes sur la milice est hors de la question présente. Il n'étoit pas d’une conséquence capitale qu’elles fussent ou ne fussent pas exécutées. Mais le moment actuel.est périlleux, Le danger est trop grand et trop prochain pour qu'il soit permis de le mépriserou de s’en amuser. L’anarchie est à nos portes :
il n’y a donc que des mésures déterminées et vigoureuses qui puissent nous sauver.