‹ L'exemple de la France, avis à la Grande Bretagne [microforme]Chapitre 5 sur 31 · II PARTIE · texte numérisé non relu

II PARTIE

Causes des malheurs de la France.

AP? RES avoir exposé les suites affreuses de la révolution de France, nous allons examiner quelles en ont été les causes. On peut attribuer ces malheurs à trois caractères distinctifs et très remarquables dans le nouveau système torgé par les soi-disant philosophes, savoir — [. A LA REPRÉSENTATION PERSONELLE, JE, AUX DROITS DE L'HOMME, JII, À L’EGALITE,

* Droits de l'hémme par Paire, | + 1 G & igid,

38 A VIS à 14 GRANDE BRETAGNE.

— 1 © Représentation Personelle. —

Mr.NECKER, contre l'avis de tous ceux dont l'opinion étoit la plus respectable, donna au iers-état une double représentation. Parmi les causes des horribles événements dont la France est le théatre, s’ily en à une à qu’il faille plus particulierement les attribuer, c'est à cette double re. présentation. * On vitaussitot se manifester la préponde. rance du peuple dans les murs de Paris, ct l'esprit de révolte au déhors. Une courdivisée, un roi plein de probité et de conscience n'étoient pas ce qu'il falloit pour résister au danger du moment. La populace triompha, et tout le monde sait ce qu'il s'en est suivi. Si l’on peut juger de l'arbre par les fruits, nous pouvons hardiment assurer qu'une représenta. tion personelle qui donne au peuple de la derniere classe une influence directe sur le gouvernement, ne peut manquer de précipiter dans une anarchie totale une grande capitale et un vaste empire. C'est ce qui est arrivé en France,

Dans tout gouvernement représentatif, s’il n'y a qu’une représentation de personne, c'est à dire, si celui qui n’a pas un sheling a le même droit aux élections que celui qui possede des propriétés; si ceux qui ont du bien sont dix fois moins nombreux que ceux qui n’en ont point; si des représentants ainsi élus siégent assez de témps pour voter et rendre fidellement la volonté de leurs constituents, la consequence directe d’une telle représentation sera que toutes les propriétés de l’état seront à la merci de ceux qui ne posscdent rien, Si quelqu'un se laissoit tromper par des principes de pure théorie, assez stupidement pour suposer un instant que les mains armées d’un tel pouvoir ne s'exercerork pas à | usurpation et au pillage, il n’auroit qu’à récourir aux fuirs arrivés en France pour se désabuser et pour bien connoitre ce que la raison auroit du prévoir.

De toutes les idées qui n'ont réellement aucune exiftence poli-

$ Pains dit que le Parlement de Paris avoit demandé la double re. présentation du #éers-crat. Il auroit du mieux s’instruire ; qu'étoit il alors à Paris,

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AVIS A 1a GRANDE BRETAGNE. 39

politique, celles qui ont produit tout le mal, ce sont les idées abstraites et métaphisiques des droits de l’homme. Car ces droits ne peuvent étre exercés et ne peuvent produire aucun effet, a moins que les droits d'autrui soient violés. C'est donc un délire d'imagination que de vouloir admettre en même temps l'exercice de ces droits de la part des uns, et là conservation de ces mêmes droits de la part des autres. Ces droits de l’homme sont enfantés par des jeux d'imagination; mais il est impossible de les réduire en pratique. Les franç is ont donné dans cette espece de reve ; ils se sont imagines que la représentation personelle reconnoitroit et assure. roit ces droits; c’es là dessus qu'ils ont établi leur souverne… ment—}ls ont tourné en ridicule la constitution de Angle. terre parcequ’elle est appuyée sur la balance des pouvoirs, et parcequ'elle renferme une corporation d’Aristocratie qui à une négative sur les droits de l'homme.

Îzs ont en conséquence fait sortir de leurs cervelles une belle trame de théorie, afin de mettre les droits de l’homme à l'abri de toute atteinte. Est ce là un exemple propre a citer :—cst ce la une grande expérience politique sur la représentation personelle ?—qu'ils repondent à cette question, ceux qui ont écrit avec tant de chaleur des panégyriques en faveur de la constitution françoise, tels que Mr. Makintosb, Mr. Christie et plusieurs autres habiles écrivains. Mais ils ont déjà donné une réponse décisive, en disant que s’il y a quelque faute dans la constitution de France, c’est que la représentation n’y est pas assez personelle. Cependant l’expérience a fait voir qu'elle étoit assez personelle pour anéantir toute propriété. Ainsi cette partie de la question est décidée au même temps qu’elle est proposée.

IL ya un parti, dans ce royaume, qui demande à grand cris une réforme sur la représentation du peuple, et qui voudroit que le droit d'élection fut accordé indistinctement à tout le monde. J'ai moi-même été du nombre de ceux qui désiroient une réforme de cette espéce ; ct je n'ai pas cru qu’il fallut penser a en faire aucune dans le moment où nous som mes. J'aidésiré que les classes moyennes de propriétaires

cussent

40 L'EXEMPLE pr La FRANCE

eussent Cté Mieux représentées ; j’aurois voulu que d que comté, un membre de plus eut été choisi F à on possedent ni moins de cent livres de ÉpauE à ae er plus + Fe et son déduisit un nombre égal de HAE en retranchant quelques nominations moits considérables. Mais si les rl TU és fondées sur les droits de l'homme devoient être mis ini er one en mieux vivre à Con no] radfeld, © Je m'explique en d’autres J'ai des propriétés ;—je ne veux poi Anse le premier dl que je AA 7 ur js pee main, et les droits de l’homme dans Sue un . de a une partie de ce qui est à mi, une partie de Li dont tout bon gouvernement m'assure la paisible Un ie Mais mon idée de réforme n'est qu'en PS rt reste, l'expérience a prouvé que des bourgs corrom ss F sont pas dangereux. Quel cas faut il donc faire des 00 Lots de nos grands faiseurs de spéculation ? die Le fait est que la constitution françoise a été fondée #4 dument sur la représentation personelle, Selon la lettre de Ja loi, certaines personnes étolent exclues, mais Unie 1e même système de législation qui à, au moins indir : ment, mis les armes dans les mains de la populace L ee teurs de la révolution n’ont peut-être pas révu de élections faites à la pointe des bay onettes Fa be ps le pouvoir des bayoncttes. N'examinez pas la lettre gs visionaire, mais Voyez l'histoire de Paris, de Mar. eilles . . Ari : : de ps ce, pe l'expérience dès le premier moment des trou {1 yen a plusieurs qui, par principe de popularité, dési rent la réforme de ce Parlement sous les auspices du I nous Jouissons d'unesécurité qui, surtout au temps de he chie françoise, nous rend un objet d'envie pour les Line nations. Je ne doute pas que plusieurs de ceux qui désirent cette réforme n'ayent des intentions louables :—leur in cipes de théorie Les portent à croire que la PR ur personclle

* La demeure de l’ Auteur,

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AVIS à 4 GRANDE BRETAGNE. 4r personelle peut se trouver compatible avec la suret des pro-

priétés ;—Quoique bien trompes dans cette idée, leur erreur a cependant pu étre respectable pendant un témps *

Ils se disent àeux mêmes je voudrois aller jusque là et pas plus loin, t mais ils oublient qu’en allant jusque là ils laissent échapper de leurs mains le pouvoir au moyen duquel ils en empechuient d autres de pousser les affaires encore un peu plus loin. Ceux-ci à lur tour recoivent une troifieme

impulsion qui les precipite jusqu'aux droits de L'homme; enfin le -ampson de la populace renverse avec l'idole de Dagon tout ce qui exifte maintenant: Quelque respectables que

F puissent

MM TT * Grand nombre de Membres de l'Assemblée constituante étoient de cet avis, imais l'éxpérience 4 fait voir l’absurdité de cette idée ; c’est J' Assemblée constituante qui en à fait l'épreuve. Les membres qui la com posoient ont formé un gouvernement sur les droits de l’homme; mais le fondement sur lequel ils ont bati étoit si glissantique tout l'édifice leur est tombé sur les oreilles au bout d’une seule année, Je ne connois rien de plus fastidieux que Les conversations qu’on entend tenir de coté et d'autre sur ces belles théories, C’est encore à present les mêmes phrases et 1-8 mêmes termes d'eloges qu’il y a un än, dans un temps ou l'Asseinblée Nati= onale constituante étoit louée autant qu'elle est maintenant condamnée, Ceux quitiennent ce langage oublient qu'il ne s'agit plus de parter de théorie, mäis qu'il faut recourit aux faits et à l'histoire ; l'experience a été faite ; nous en avons vu le résultat ; la chose a manqué totalement et COMM piettements - Au nom du sens commun, ne pins a que la seule ex pérence, nous autres cultivateurs ; €t quand des proneurs éternels de théorig se rejetteront encore sur de nouvelles visions de leurs cervelles échauflées, répondons leur, ‘* la chose a été éprouvée; on à effayé cette facon de ‘ cultiver, elle s'est trouvée ne rien valoir, la récolte n’a point réussi.” Les principes de gouvernement sont les mêmes que ceux de l'agriculture ; quand vous avez l'expérience pour guide, pourquoi recourir à la théorie P Quand l'expérience à condamné une demi douzaine de théories sur un même objet, écouterez vous encore de nouvelles idées imaginaires ? vous meutrez vous en fraix de renouveller les mêmes essais, par ce que les mêmes personnes vous disent qu'elles ont de nouvelles idées a vous communiquer sur le mêne objer, Ô1 les personnes Sont representées la proprieté est détruite, Voilà la conclusion qu'il faut tirer de l'expérience faite en France ; celte conclusion est écrite en si gros caractères qu'on peut la lire en courant. Nous savons donc ce qu'il faut penser des projets de réforme qu'on à proposé jusqu'à présent dans ce tuiavine.

+ Les premiers chefs de la révolution tenoient ce langage, et à présent ils en éprouvent les conséquences. NickEk qui donna au tiérs-état la doue

Lol Si \ 4 :

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