‹ L'exemple de la France, avis à la Grande Bretagne [microforme]Chapitre 9 sur 31 · PRIS · texte numérisé non relu

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72 L'EX EMPLE pe La FRANCE

Parlement agit par l'impulsion immédiate du peuple (la représentation personelle ne lui permet pas d'agir autrement) ce qu'il y a de sage dans la société sera conduit par cequ'il y aura de fol. La prospérité la plus évidente et la plus incontestable dont jamais aucune nation ait jouit, foime une expérience qui donne a ce principe une sanction vive et énergique. Ne seroit ce donc pas une folie de risquer un si bel héritage et une si riche possession et de s'en rapporter a des raisonnements tous secs, fondés sur de nouvelles théories; de s'en rapporter a des hypotheses de per'."tion, a des avantages imaginaires, et a des spéculations de réforme ? C'est cependant là cette cause dont leë partisants des droits de l’homme épousent le parti. Une pure thcorie qu'on proposeroit sur l'agriculture et qui ne vaudroit pas mieux que celle là, ne décideroit pas un fermier prudent a changer sa maniere de cultiver, quand même il ne s’agiroit que d’en faire l'expérience sur un champs de navets, Nos réformateurs, cependant, n'ont pas de meilleures raisons a alléguer, quand ils sollicitent des changements a faire dans un gouvernement auquel un grand empire doit sa prospérité.

N'oublions pas que ces réformateurs, qui s'étoient déclaré en faveur de la révolution de France dans ses commencements, continuent à en être les partisans, même dans le moment actuel. Sous l'assemblée constituante, ils ont approuvé publiquement, et avec de grands éloges, l'anéantissement des différents ordres. Sous l’Assemblée suivante,

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AVIS À La GRANDE BRETAGNE. 7f

France, comme du plus grand des événemen:s dont l'histoire fasse mention? Oxerouit ils vanter si hautement les évé. riements de la France, quoiqu'iis n'avenr été effectués que par les proscriptiôns et les ma:s1cres ? Il ne vou: faut, dites vous; qu'une réforme m derée — je vais vous dire ce qu'il faut: car j'en juge par les com; agnies qe vous frequentés.. -S1 vous êtes membre de quelques associations 1l vous faut la cha:e pour laquelle ces associations se combinent. Si vous solicités la repré sentation personelle. vou: solicitésipar là même ce qe lar rés sentation personélle a produit en France: Si vous demandés une assemblée populaire soumise à une phrénesie populaire, vous demandés les effets qu'une pareille assemblée a produit chez nos voisine. Vous dites que vous ne voudriés aller que jusqu’à un certain point ;—mais VOUS avez éceute ceux que vous sçaviez bien vouloir pousser les choses, beaucoup plus loin; vous les soutenés et les favorisés: À en juger directe ment par votre conduite; n'avons nous pas raison de croire que vos intentions s'étendent bien plus loin que la politique et la prudence ne vous permettent de / avouer kb.

Une chose curieuse et remarquable, c’est la conduite de certaines gens qui se disent moderés; qui font le tour ds sociétés réformatrices, mais qui les abandonnent quan elles vont trop loin. 1 y a maintenant, parmi /es amis d peuple, de ces faiseurs de grand bruit qui ont retiré leurs noms de la société constitutionelle, parce qu'ils en ont trouvé les vues trop hardies, C'est exactement là une révolution en miniaturé. Les premiers instigateurs désirent peut-être uné réforme d'abus qui soit moderée ; et quand Îcurs asso ciés poussent les choses plus loin, ils s'én séparent. Mais de tels associés ne s'arrêtent pas dans leur märche, parce qu’ils n’ont plus dans leur corhpagnie des hommes moderés, Êt ceux ci après avoir favorisé les vues des mal-intentionés, sans en prévoir les suites, ne sont plus dans la possibilité d'en arrèrer les conséquences. Ainsi les membres de là societé constitutionelle, quoique abandonnés par ce qu’ils a-

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l'Angleterre la Convention de France,

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4 L'EXEMPLE Ds 14 FRANCE

une fois soutenu des gens méchants et dangéreux, et qu'ils les auront admis dans une association de quelaue impertance, ils en seront eux-mêmes chassés, s'ils veulent s'arréter, et s'ils refusent d'aller jucar aux dernieres extrenatés Ils verront enfin que leurs : ++ 1 ndérées n'auront servi qu'à soutenir, avancer et conduire à leurs fins les desseins de ceux qui n'ont rien de modere. 1ls verront qu'ils auront servi d’instrumeñts à ceux qui regardent notre constitution comme un temple de P qui s'imep ue c'est un devoir de la renverert : à poussiere, af: qu'il puisse s'élever de ses ruines; jme celeste et une wis'on Welicreuse semblable à celle Ce la Convention Françoise, (ly'elle conclusion faut il donc tirer? C'est que les premieres lignes de meconentement sont, dans le fait, les plus dangereuses : c'est qu'un: r'f rme moderée, ou m2: 51e réforme quel. Conque éicllie en principe, est une démarche assurée vers tout Ce qui a suivi la reforme en France, c’est-à-dire, vers le jacobirisine, l'anarchie et l'effusion de sang.

IL y auroit donc incontestablément un danger évident a faire la monidre entreprise pour réformer notre constitution, dans un temps ausii critique que celui ou nous sommes.

s'expérience de la France nous donne, a juste titre, le droit de raisonner aïnsi. I] faut donc conclure que tous ceux, qui ont quelque interét dans ce royaume, sont obligés de résister, de tout leur pouvoir, à ces pernicieux projets que nos voisins Ont mis en exécution, et qui ont enseveli un grand cm pire sous une ruine universelle,

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Troisiéme Partie.

Avis tirés de l'exemple de la France, et addressès à tous ceux qui jouissent dans la Grande-Bretagne de quelques avantages, soit en terres, soit en argent,

fiiércé, Soit én indusiiié ét travail, INTERET TERRITOuiAr.

CEUX qui possedent de proDtiles en terres ont : l'intée

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AVIS à 14 GRANDE BRETAGNE, 74

l'incerèt le plus immédiat et le plus essentiel a s'opposer a toute innovation : Car le poison de l'égalite françoise, en principe et en pra'ique, tend diretement à les ruiner. Le sorc malheureux des seigneurs en F1 nce cit trop connu, pour quil soit nécessaire d'en parler nouveau. Leurs t'rres ont eté saisies, leurs chateaux pulles et brulés, leurs femmes et leurs filles violées ; ils ont eux mémesété massacres ou forces de s'exiler, Les progrès et l'étendue de ce désordre sont presque incroyables, J'ai vu des détails qui prouvent que les propriétes en terres de plus de la moitié du royaume ont chang: de mains, Les fermiers n'ont guéres plus à se louer de la révoutien. On les à violemment attaqué à cause de l'étendue des fermes qu'on a divisé ensuite. Ainsi ils ont payé bien cher l'exemption des dixmes. Sous l'ancien gouvernement, ils étaient payés de ieurs denrées en espèces sonantes ; et sous le rouvsau, 1ls ne reçoivent en payement qu'un papier décredité, et qui perd la moitié de sa valeur : ils ne peuvent même pas se promettre qu’un marché tranquille leur laissera recevoir cette espece de non noie, toute misérable qu'elle est. Nous avons déjà donné des détails sur là maniere dont il: sont traités à ce sujet. * Quand on impose les taxes, le droit de suffrage leur est enlevé ou leur devient inutile, et par consequent ils sont fripannés. Au marché ils sont pillés par la populace ; et chez eux, ils sont pillés par les gens de guerre. Ces faits peuvent ils inspirer à nos cultivateurs et fermiers anglois le déir d'essayer leur habileté a corriger les défauts de notre const. ition? Ces faits sont il de nature a nous faire conçevoir q'-lque respect paur les clubs et les sociétés dont l'objet -: la réforme d'une constitution qui nous a placé dans un état lirectement inverse et oppo.é à celui de la France? Ce its nous dannent-ils sujet d'aimer ceux qui ont besoin de canve ‘ir nos s0cs et nos coutres de charrue en piques eten poignards ? Qui oseroit vous conseiller de changer vos faucilles pour les sabres d'une compagnie de pourvoyeurs patriotes, de ces Meflieurs qui se sont montrés

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extremement adroits à faucher le bled dans les champs de la France? Je désire que vous fafliés des expérience: dans l'Agriculture ; mais gardez vous bien d'en faire qui soient de cetre espece. Gardés vous bien de permettre a d'autres, et surtout à des réformateurs, de faire des expériences sur Votre pronriété votre pain et votre sang Ona fait en France beaucoup d'expériences sur ces trois objets, et le résultat de ces expériences, ainsi que nous l'avons vu, ne doit nous donner nile gout d en essayer, ni l'envie de mettre la main au méme ouvrage Car, pour tout direen un mot, les propriétés des françois ont disparu; l'écorce d'arbre leur sert de pain; et le sang est le seul engrais que les champs de la France ayent reçus dès le premier moment ou elle à écouté des r.tormateurs, Nous à telle donné en cela un exemple à suivre, où un avis dont nous ayons à profiter ?

Les marchands et les manufacturiers peuvent convertir leur riches es en argent, et avec des lettres de change, 1ls peu vent promptement se retirer partout ou il y a surete de propricte. Mais le culnivateur est enchainé sur la place, Sa propriété est renfermée dans le terrein qu’il cultive. II n’a pas le pouvoir de se rernuer, mais il faut qu’il essuye tout les coups de la tenipête quelque impitoyable qu'elle puisse être. Par consequent, c'est surtout le cultivateur

ui doit envisager, sous toute leur difformité naturelle, ces dites de nouvelles inventions sut l'égalité. Car ce sont des doctrine: qui tendent directement à sa destruction ; il ne peut pas s'en sauver, comme bicn d’autres, ni echaper à leur influence pestilenticile,

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