‹ L'exemple de la France, avis à la Grande Bretagne [microforme]Chapitre 8 sur 31 · EE, SOS · texte numérisé non relu

EE, SOS

iégisiaturc ? Est il bon de l'empecher? Æst ëi gécessaire

62 L'EXEMPLE pe La FRANCE

de l'empecher, pour que la liberté même du peupie soit conservée? si cela est nécessaire, comment faut 1l s’y pren. dre pour l'empccher? Le meilleur moyen seroit ce d'éta. blir la représentation populaire et des Parlements qui dure. roient peu de temps ; et sous un tel systéme, toute corruption ou méme toute influence seroit elle impossible ? La conclusion du raisonnement appuyé sur des faits, repond clairement a de pareilles propositions, et en prouve l'absurdité complette. Mais supposéz pour un moment qu'il soit expédient de faire l'expérience ; supposez une Chambre des Communes qui représente le peuple, et qui siége peu de tems ; en quoi mettrez vous alors votre confiance ? sera ce dans la moderation et dans la vertu de ses membres ? Mais cette modération et cette vertu n'ont pas été éprouvées. Qu'on me prouve que la théorie et la speculation de ce que la modération et la vertu peuvent faire, sont un fondement aussi solide que celui des faits et de l'expérience ; alors je conviendrai que nous pouvons sans imprudence changer la possession assurée de tout ce dont nous jouissons à présent,

our l'espérance et l'attente de quelque chose de mieux.

our m'entrainer dans cet avis, vous n'avez qu'à prouver que la théorie est aussi satisfaisante que la pratique. Je vous laisse dans toutes ces belles recherches, comme très digne d'aller de pair avec les philosophes de la France.

Les partisants d'une réforme reviennent encore à la charge, et disent que le Parlement tel qu'il est maintenant élu, n'exprime point le vœu du peuple, et qu'une Chambre des Communes devroit l'exprimier. Ce raisonnement est bon pour ceux qui aiment à s'en :enir à la chéorie. Quand à moi j'ai des faits contraires sur lequels je m’appuie, et je soutiens que si depuis cent ans, et à présent plus que jamais, nous jouissons de la prospérité et du bonheur, c'est à la Chambre des Communes que nous en sommes redevables ; c'est à une Chambre des Communes qui s'exprime point la volenté du peuple. Nous sommes parvenus au dégré éminent de prospérité actuelle, sous l'influence d'une Chambre élue non par toutes sortes de personnes mais par les propriétaircs scuicment: jc m'appuie sur ce fait qui est connu de

tout

tout ler sommes du peupl des ass peuple.

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AVIS à 14 GRANDE BRETAGNE, 63

tout lemonde, Nous sommes redevables de ce que nous sommes a un Parlement organe d'une voix qui n'est pas celle du peuple; la France est redevable de sa situation actuelle a des assemblées nationales qui sont organes de la voix du peuple. J'ai donc une doubie cxpérience qui prouve ce que J'avance en disant qu'il n'y a que de la théorie dans tous ces projets de réformer ou de changer la constitution de notre Chambre des Communes, et de lui faire exprimer un vœu dont elle n’a jamais été l'organe dans ce royaume. Non, il n'y a iè que de la théorie toute pure et qui n'est digne que de ceux qui aiment a se repaiire l'esprit de pures spéculations.

Puisque la pureté et le patriotisme peuvent, dans l'espace de quatre ans, ruiner complettement un Empire florissant, : zinsi que nos voisins en ont fait la triste expérience; puisque la corruption et l'influence nous ont donné la prospérité et le bonheur depuis un siécle, je demar?* en grace a être gou-

verné par les vices de l'Angleterre et pcint du tout par les vertus de la France. Les vice; de noirs gouvernement trainent à leur suite les richesses, l'1 sance et la prospérité,

Le représentation personelle, les éle: i5ns tenouvellées tous les deux ans, l'integrité et la probité des majorités ; tels ont ere les moyens que la veriu des françois 4 employé pour ainener le carnage, l'anarchie et la destruction. Ce contraste frappant porte avec lui une décision qui ne peut laisser aucun doute,

On pourroit cependant dire un mot au sujet de la représenration personelle qui exprime réellement la volonté du peuple souverain. Les assemblées avoient été choisies en France à cet effet, et leur conduite a démontré combien cette idée est futile, Selon les principes des jacobins, le premier mérite de ces assemblées, c'est d'exprimer la volonté souveraine du peuple; et par cette expression ils entendent la majorité du peuple. Mais ce systéme de gouvernemcat est vraiment abominable ; car la minorité, et souvent une très petite minorité, a force d'imprimer ia terreur, a tout faie plier devant elle en toutes circonstances, Cela est arrivé

dans

64 L'EXEMPLE De 1a FRANCE

dans toutes les occasions ou ils s'est agi d’affaires importantes ou remarquables ; et il n’y a pas un seul exemple du contraire. Les membres de l’assemblée constituente avoient dans léur cayers, les instructions et le vœu de leurs commet tants. Maïs ils n’en ont tenu aucun compte. Afin de pouvoir commettre impunément cette infidelité, ils se sont fait assister par une populace furieuse et emportée qui venoit heurler à la porte de leur salle, dans leur galleries, jusques sur leurs bancs, et même jusque dans la chaire du President. Je n’entends parler ici que des principes fondamentaux de la constitution, comme de maintenir la royauté, &c. Dans quelques objets d'importance sécondzire, les membres de l'assemblée constituante ont été fideles a suivre leurs cayers, ainsi que je l'ai fait voir ailleurs. Néanmoins tout ce que cette Assemblée a fait de bon est de la plus petiteimportance possible, pour une raison toute simple. C’est que la constitution qu'ils ont forméen même temps, ne pouvoit se soutenir d'elleemême. Ils ont par consequent jetté au vent tout ce qu’ils on fait de bon. Tout ce qu'il y a eu de respectable en France parmi les représentants, se trouvoit dans la prémiere Assemblée ; la seconde n’a éte composée que de populace; et la troisieme n’est qu’un tas de fange ramaïñsée dans les rues. La seconde Assemblée a renversé d'un seul coup tout ce que la premiere avoit établi. Il reste a voirsi la troisieme n'agira pas de méme à l'égard de lasecorde; toutes ses demarches jusqu’à présent ont été autant de pages copiées dans le code de l'anarchie L’empire des piques de Paris a dirigé les opérations de l’Assemblée nationale; témoin ce mémorable arrêt dévoué à une éternelle infamie; cet arrêt porté par les suffrages de 280 membres qui, a force de menaces, de sang, et de massacre avoient réduit la majorité à s’absenter ou a garder le silence; cet arret qui a détroné le Roi et aboli la constitution sous laquelle toute là France avoit juré de vivre et de mourir.

Les inembres de la convention assemblés depuis ont préi senté le même spectacle; ils ont sans cesse été intimidés par la populace des galleries ; jh. ont voté ayant la pique pointee

contre

contre anavc loi ext coupal mort.

Roi: I sassins litique France royaur liberte son pe tous le leur a niap les art leçon les in:

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sont prés midés par ue pointee contre

AVIS À La GRANDE BRETAGNE. 65

contre la gorge ; 1ls ont existé s'attehdlant à toute heure,

a n'avoir plus la permission de vivre plus longtemps. Leur

loi exige les trois quarts des voix, au moins, pour déclarer

coupable un accust, et pour prononcer contre lui la peine de

mort. Une majorité de cinq voix a décidé la mort de leur

Roi: Et cette majorité a été obtenue par les menaces des assassins païcs par Egalité, Ïls ont consommé leur infunie politique, en faisant mourir le meilleur des princes que la

France ait jamais vu sur son tronc; le seul monarque que ce royaume ait jamais reconnu pour être réellement ami de la liberté, où quiait jamais désiré plus sincerement de rendre son peuple vraiment heureux. Grande et terrible leçon pour tous les princes du mondel—Ce n'est pas une leçon qui leur apprenne a être doux, ni a faire attention aux plaintes, ni a prèter l'oreille aux amis de l'innovation, ni a proteger les arts, la littérature et la philosophie. Ce n’est pas une leçon qui pui:se les engager a répandre les lumieres, ni qui les invite a faire instriire les ignorants. Cette leçon n’est pas propre à leur inspirer le désir d’user des voies de la persuasion plutôt que de cellés du pouvoir, ni a leur faire substituer la voix douce du sentiment et de l'humanité au langage sevêre de l'autorité. Non: cette exécrable 1bomi= nation exige d’autres sentiments. Elle doit (pour le bonheur réel du genre humain) elle doit faire serrer de plus en plus lesreines, elle doit faire mettre un frein plus dur ct une plus solide muséliere à la gueule de ce monstre horrible qui est la plus hideuse caricature de la dépravation hümainc ; du monstre républicain jacébin, métafhicisien, philosophe et athée. Ce monstre sera à Jamais en execration, parce qu’il a donné, à tous les souvérains de l'univers, le spectacle du seul Prince qui ait jamais mis volontairement des bornes à son pouvoir, trainé €t IMMOLE’ POUR CETTE RAISON SUR UN £cHArau»D, La trop grande bonté de ce frince l'a perdu lui même et a ruiné son peuple. Louis XVI prêtoir l'oreille a ceux qui lui représentoient les abus ; il désiroit metire tous ses sujets dans un état d'aisance ; il cherchoit 4 être populaire; il avoit permis la liberté de la presse et n'en avoit pas même reprimé la licence; il avoit favorise ies beaux I arts

a ms me

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arts qui ont formé un David; il avoit protegé les sciences dans le sein desquelles il a nourri et soutenu un Condorcet ; * 11 n’avoit pas voulu répandre le sang des traitres, des COn : spirateurs et des rebelles ; Ÿ il avoit écouté ceux qui sollicitoient une REFOoRME.—-Nous avons aussiceux qui démandent une R£ErTORME: Et si notre législature ne profite pas de ce grand exemple, si elle écoute les doctrines qui ont inonde de sang toute la France, nous pouvons nous preparer a voir des spectacles auxquels il seroit trop horrible de penser maintenant. La derniere tiagédie ne suffit elle pas pour nous convaincre qu'il n'y a point de sçéleratesse trop noire et trop atroce pour des réformateurs républicains.

Cet événement maudit, profondement imprimé avec les caractères de l'enfer, a jetté une stupeur sur tout le genre humain. Quand les souverains et les législateurs des diftésents pais de l'univers seront revenus de leur étonnement, il est très probable qu’ils n'oublieront pas cette observation de Machiavel: Perche con pochissimi essempi sarar piü pretoso, che quelli li quali, per troppa pietà, lasciano seguire à disordint onde naschino occisioni o rapine.

Il y a des gens qui ne cherchent jamais la cause éloignée des événements, quand ils en ont une prochaine sous les yeux. Ceux là atiribuent aux bouchers de la Convention ce crime énorme qui souillera a jamais les annales du genre

humain

* C'est-à-dire ce caractère méritant et vertueux qui a parmi nous ses pareils, fiers de sa correspondance, ainsi qu’ils s’en sunt vanté publiquement, Ceux qui désirent connoitre bien ce Condorcet, n’ont qu’à consulter La Methrie, Journal Phisyque ; is y trouveront son portrait ainsi que dans les mémoires sur l'assassinat du Duc de la Rochefoucault.

+ Cet acte d'humanité a attiré sur sa mémoire une remarque dictée par une insensibilité abominable, et que j'ai lu queique part, dans quelque journal de gargotte ; c'est que la peine phisique, qu'il a souffert dans son arécuiion, a été un moindre supplie que le tourment lent de La Fayette, Mais l’innocent Louis avoit ii üéclaré que /e plus saint des devotrs étoit l''insurréction. dont ils ont été victimes tous les deux ? Les enfants de la Fayette ont ils serré les genoux de leur pere conduit au supplice? Plus nous voyons de jacobinisme, et plus 1l y a de quoi le trouver aimable.

* cé Faise ur setit nombre d'e xempies, c'est aimer le bien ; ublie nlus #€ réellement, que de laisser, par trop de bonté, introduire des déscrdres 4 d'ou naissent ies meurtres où les rapines.”

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5 déscrdres

AVIS à za GRANDE BRETAGNE. 67

humain, On pourroit également attribuer la mort de Charles I, à l'ambition de Cromwell, comme à une cause directe: mais il y a d’autres causes auxquelles il faut remonter ; celles ci sont plutot un résultat d'événements précedents. Ce n'est pas Robertfpierre et Fgalité qui ont fait mourir Louis, mais c'est Necker avec son double tiers: c’est à la REPRESENTATION PERSONELLE seule qu’il faut attribuer cette horrible atrocite qui a été précédée et qui sera suivie d’une infinite d'autres crimes. Si jamais de sernblables horreurs venoient a flitrir e caractère national en Angleterre, à qui faudroit1l s'en prendre? Seroit ce à des misérables qui formeroient, par la suite, une Convention d'anarchie ? Non, ce seroit à nos REFORMATEURS qu'il faudroit attr'buer tout le mal; ce seroit à nos jacobins qu'il faudrait s'en prendre, pour avoir été partisants d'un? représentation P/us parfaite parmi nous, et pour avoir établi dans ce royaume les principes qui ont fait nager la France dans son sang le plus pur. Telle est la représentation personelle : telle est la volonté souveraine d’une populace: telle est la liberté quand eile a pour base l'égalité et les droits de l’homme! La représentation se détruit d’elle même ; elle amene infalliblement une oligarc hie qui met le gouvernement dans les mains d'un petit nombre de démagogues de la populace ; enfin de toutes les voix qui crient, celle qui 2 fait le moins entendre, c’est la voix qui exprime la volonté réelle du peuple. Dans l'Assemblée législative, 280 voix ont déclaré la volonté de 745 mem bres dontelle étroit composée ; et dans Paris, onze millé voix, ont été l'organe de cent cinquante mille votans ! ! ! Quelques mauvais et corrompus que vous supposiés nos bourgs ne valent ils pas encore mieux que cela ?

Dequoi est composée la Convention actuelle de France ? elle est composée de gens de la dernicre lie du peuple, des plus pauvres, des plus indignes et des plus sçelerats :——Elle est composée de l'écume des prisons, des galleres, et de l'écume de notre marine : elle est composée de brigands et de coupe gorges sans nom, sans fortune et sans aucune espérance sous tout autre gouvernement que ceiui de l’anar- 5 chie-

68 L'EXEMPLE pe La FRANCE

chic. Ilya, dans la même Assemblée, une classe de personnes un peu moins Viles, mais donc le caractère est plus flétri et plus méprisable, s'il est possible, que ne peuvent être ceux des bouchers et des tailleurs. Qu'est ce qu’un Condorcet, un Paine, un Brissot, un Rabbeau ? Qui sont ils, sinon des gens dont l'exemple prouve qu’il faut une certaine éducation, quelques connoissances et un peu de talents, pour précipiter le genre humain dans l'abime le plus profond de l’avilissement et du crime? Qui peut douter que nous ayons, en Angleterre, des hommes de ces différentes especes ? Quelques un. d'entre eux ont eu soin de faire enregistrer leurs noms sur 1cs tablettes de la Convention — vuidés nos prisons, lui disent ils — Arretés les vaisseaux qui font voile jour Botany Bay—Æt qui peut mettre en question, que nous ne puissions, à l'aide de nos sociétes réformatrices, former une Convention Britannique ca, able de rivaliser en mérite avec l'Assemblée de Paris ? On trouveroit un nombre suffisant de gens as és pauvres pour qui ce scroit le comble du bonheur d'occuper une place de membre dans la Convention Nationale d'Angleterre, ‘vec pouvoir absolu de vol:r et de massacrer. Des hommes de cet!» espece peuvent ils aimer la guerre prés'nte ? Non assurement ; elle déconcert leurs proje ts etrenverse leurs espérances, Plus ces gens là s’anin ent a condamner la guerre, et plus les honrètes gens, et plus les amis de l'ordre et des Joix sont cbligés de bénir la sagess’ de notre gouvernement : Car il s'est reveil aux dangers qui nous menaçoient, ef il s'est décidé pour la GUEkRE qui est le moyen efficace de nous assurer nos maison:, nos propriétés, nos biens, nos loix, notre religion et nos vies. Jusqu'à présent on n'avait jamais, dans la Grande Br tagne, mis en queen s’il falloit entreprendre une guerre pour une cause de cette nature, et pour de semblables motits. Voulés vous avoir une municipalité dans votre maison de ville, et une pique dans votre sein, avec ce que quelques uns apellent la paix? Ou bien voulés vous faire la GUERRE afin de tenir éloignés de vous les assassins.françois, et ramener les Jacobins anglois a la sou- MhissiON aux joix de i ‘Añgieterre.

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AVIS À La GRANDE BRETAGNE. 6s

Terminons cette digression et revenons à notre sujet. Tout ce que Faine dit, sur les distinctions entre la nature d'une constitution et celle d’un gouvernement, n’est qu’un ramas d’absurdités complettes: car il n’en fait pas l'application a une confédération de républiques indépendentes, comme sont celle: de l'Amérique; mais il les a confondu et les confond avec la nouvelle constitution de France. L’Assemblée nationale, qui tormoit le gouvernement d’alors, a glorieusement copié l'absurde verbiagede Paine l5rs qu'elle a détruit la constitution, et demandé, a un peuple vivant sous l'anarchie, qu'on en fit une nouvelle. Ce fait prouve claire. mentqu'une réjrésentation égale siégeant dans une même Chambre, et dans une grande ville, a eu le pouvuir de détruire une Constitution établie par loule la France, et que toute la France avoit

juré de maintenir de tout son pouvoir. [1 faut conclure de ce

fait que le gouvernement assemblé à Paris, pour le moment, pourra également et tout aussi bien détruire la constitution prochaine quelqu'elle puisse être. |

Voici un des raisonnements sur lequel on s'appuie le plus, et que j'ai entendu proposer.—Il faudroit, dit-on, accorder quelque chose aux hommes modérés, afin de les détacher du parti républicain. On insiste, en disant que l'opiniatreté d'ure législature qui n’accorde rien, force les gens modérés a s'associer avec d'autres déit les vues sont bien moins moderces. On ajoute que, si la législature effectuoit ou seulem nt commençoit une réforme modérée, ceux qui ont à présent, des raisons de mécontentement se détacheroient des réformateurs, et que le parti des gens violents tomberoit dans l'oubli.

En repliquant a cette objection commune et oriinaire, mon intention n'est point d'avancer qu'il faille toujours rejetter toute innovation. Je voudrois seulement rappeller, aux gens moderés, quelques circonstances qu'il est très a propos de bien peser.

Des clubs, des associations, et des socictés se sont formées dans la vue de soliciter une réforme. Pour y réussir, elles pnt adopté quelques plans projettés par différents écrivains

dont

70 L'EX EMPLE pe 14 FRANCE

dont les uns sont moderés, et les autres violents. Ces asso. ciations ont communiqué au public, et ont plusieurs fois repèté à tout le monde les principes sur lesquels elles vou. droient fonder la liberté nationale, et les divers changements qu'elles désireroient faire dans laconstitution. Tous ceux qui embrassent cc; opinions vont bien loin, et ne réflechissent pas sur les fais suivarts. Les imaginations sont échauffées par l'exemple de la France: on ne met pas de bornes aux éloges qu'on nrodigue à la révolution. Les demandes qu'on fait sont de nature a menacer notre gouvernemeiit d’un entier bouleversement. Les droits de l’homme ont inundé de sang toute la France ; et l'on avoue ouvertement que lc: droits de l’homme sont les principes qui conduisent à ja réforme qu'on solicite en Angleterre, Ï1 faut convenir avec franchise, que toutes ces circonstances actuelles fournissent une belle et ample matiere pour repliquer aux gens modeïfs, Voici ce que nous avons à leur répondre. Il n° paroit pas que l2 moyen d’appaiser les clameurs soit de donner peu dans un temps ou l’on demande beaucoup. Hi n'est pas à propos de fat cesconcessions, dans un temps ou des miiliers d'écrits et oc déhih-rations déclarent que la panacée, qui doit guérirtous nos maux, C’est la représentation personelle ; (quoique sous cent cénominations difftrentes) Ils la demandent d'un ton ménacant. N'est-il pas évident pour tout homme judicieux et réflechi, que des concessions peu importantes accordées aux hommes moderés seroieni perdues dans les troubles du moment ?—N'est-il pas évident qu’on ne les estimeroit pas comme obtenues par la voie de ia persuasion, mais qu’on les mépriseroit comme arrachées par la crainte? Elles ne seroient qu’un acheminement a de nouvelles demandes ; et les clameurs, aulieu d'étre reduites au silence, se renouvelleroient avec plus de force.

11 faut donc opposer, dès le premier abord, une ferme résistance a toute demande qui auioit pour objet la théorie ou la

pratique de la représentation personelle. 11 faut donc prendre

la résolution bien déterminée de ne jamais faire le premier as vers l'anarchie, la confusion, l'effusion de sang, vers le jacobinisme, en un mot, qui renferme tout ce qu'il y a de

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plus atroce et de plus dépravé en pelitique. Voila ce qu'on doit considerer comme la seule ligne de démarcation, clairement tracée, qui sépare les sentiments moderés d'avec les foilies de l’innovation.

Paine dit que lorsque le droit de faire une constitution est éla= bli dans une nation, il n'y pas a craindre qu'elle en fasse usage à son préjudice. Une nation n'a pas interêt à se faire tort. Mais la conduite des françois dément cette maxime ainsi que toutes les pages de son ouvrage, elle est la meilleure repliau: qu’on puisse donner à sa théorie de principes séditieux, La France à é/abli ce droit ; et ques’en est il suivi? Rien de plus que de se couper là gorge à elle mème, Elleen a fait usage pour quelque chose de pis que son préjudice, car elle s en est servi pour se perdre et se détruire entierement, Il est vrai qu’une nation ne peut Jamais avoir interêt à se faire tort, mais elle ne s'est jamais determinée a être juste contre ses propres interêts, L'expérience faite par les François est une pierre ae touche qui fait disparoitre toute la force et tout le mérite de ce tissu d’assertions sans fin que Paine a pris la peine d'ourdir.

C’est le principe de notre constitution que les proprietaires soient représentés: ils le sont effiacement dans la pratique, quoique imparfaitement dans ja théorie. La grande masse des propriétaires en terres, en argent et en commerce se trouve représentée, par des moyens défectueux en apparence, mais qui cachent peut-être un mérite réel. Les maux quirésultent deceite représentation sont peu de chose, ainsi qu'il paroit par l’aisance, le bonheur et la sureté dont jouissent les dernieres classe: du peuple. Il est donc possible qu’une représentation virtuelle et presque équivalente ait lieu, lors-même que la représentation réelle semble le plus éloignée.

Si la représentation virtuelle est bonne, la représentation réelle ne vaudroit elle pas mieux? Non répond l'expérience: onena essayé en Hrance, ct l'épreuve a tout à fait manqué. La représentation réelle personelle n'est pas un

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