MG
UONORAIHES.
une série de visites à un malade ; malheureusement, il prodigue ses soins en vain ; il considère que, vu la gravité de la maladie, tout secours médical sera désormais impuissant. Par honnêteté professionnelle, il prévient le chef de la famille qu’il est inutile qu’il continue ses visites, attendu qu’il ne reste plus qu’à attendre le dénouement fatal. Mais supposez ({ue l’on aille chercher un autre médecin, et que celui-ci, soit par suite d’une rémission de la maladie, soit pour toute autre cause, parvienne à sauver le moribond, que se passera-t-il quand le premier médecin réclamera le montant de ses honoraires?
Le chef de famille, étonné que le médecin ait ainsi quitté un malade qui ultérieurement a guéri, pensera aussitôt qu’il a abandonné son malade, soit par crainte de n’être pas payé, soit par négligence. Il refusera de solder la note, et l’alfaire sera portée devant les tribunaux.
Messieurs, dans un cas de ce genre, le tribunal a jugé qu’il n’y avait pas abandon du malade; si, après le départ du médecin, on était revenu le chercher, et s’il avait refusé de se rendre à l’appel de son client, il y aurait eu abandon ; mais autrement, non. Le tribunal a admis : que si le médecin prévient la famille de son intention de ne plus revenir, c’est simplement par discrétion, de façon à ne pas grossir la liste des visites, alors qu'il est certain que les soins qu’il pourra donner sont inutiles, et que, par conséquent, la note de ses honoraires doit lui être payée.
Si, au contraire, c’est le malade ou sa famille qui refuse la visite du médecin, il n’y a aucun doute ; celui-ci a droit à ses honoraires, attendu que ce n’est pas par son fait que les soins ont cessé. Le malade, dans ce cas, refuse généralement de recevoir le médecin, parce qu’il pense que le traitement est inutile ou dangereux, et il ne manque pas de le dire au tribunal. Sur ce point, la jurisprudence est formelle, au moins jusqu’à présent; le tribunal n’a pas à apprécier la valeur du traitement prescrit; le médecin a été librement choisi par le malade : que ce choix soit bon ou