CESSATION DES SOINS
mauvais, les juges n’oiil pas à en décider, el le malade ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Pourquoi a-t-il appelé celui-là, au lieu de tel autre de ses confrères? Cur talem
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Nous arrivons maintenant à un point particulièrement délicat, qui est peut-être celui qui divise le plus le corps médical. Je veu.\, parler des rapports des médecins entre eux, quand un client les quitte pour prendre un autre médecin.
Vous savez que le plus souvent les jeunes médecins qui s'établissent, dans une ville ou un village où se trouve déjà depuis un certain nombre d’années un autre praticien, reçoivent de celui-ci un accueil assez froid. Il est certain que l’arrivée du nouveau venu lui retirera aussitôt une partie de sa clientèle.
Cependant le malade est libre de prendre le médecin qui lui plaît et de quitter celui dans lequel il n’a plus conliance ; cela est indiscutable. Mais que doit faire le médecin qui est ainsi appelé ?
M. Dechambre pense que le médecin devrait suivre l’exemple du notaire. Vous savez que le notaire ne doit pas recevoir le client habituel d’un autre notaire; si cependant le client tient à changer l’officier ministériel qu’il veut charger de ses intérêts, nul ne peut l’en empêcher. Quand le notaire a vu que la détermination du client est formelle, il l’accepte et écrit à son confrère pour le prévenir de ce qui se passe (1).
Le conseil de M. Dechambre est excellent, mais il me semble n’avoir pas songé que le notariat et l'art médical ont un exercice bien différent. N’est pas notaire qui veut, même après avoir reçu l’instruction professionnelle nécessaire. Le nombre des études de notaire est limité, et pour que ce nombre puisse être augmenté, il faut un décret du Président de la République ; de plus, la rétribution du notaire pour le service rendu est tarifée, de sorte que le dommage causé est assez facilement appréciable. Aussi, lorsqu’un décret
(l'i Dechambre, LHciio'nnaire eniyclvpûliqne des sciences mcdiccdes article DéoNTOi.üGii:, p. 480.
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nONORAlUES.
crée une élude nouvelle, il indique en même temps au nouveau notaire la somme qu’il devra verser aux notaires qui l’environnent, pour les dédommager des clients qui pourront les quitter.
Il n’en est pas de même en médecine ; le nombre des médecins est illimité, et tout docteur muni de son diplôme a le droit de s’installer où bon lui semble, à côté ou dans la maison même de son confrère. C’est ainsi que cela se pratique de temps immémorial, et c’est ainsi qu’ont sûrement fait les praticiens, qui aujourd’hui se montrent fort étonnés de voir un jeune médecin s’établir à côté d'eux.
Quoiciu’il en soit, le médecin qui se rend pour la première fois dans une famille doit prendre certaines précautions, de façon à ne pas troubler les bonnes relations qu'il doit entretenir avec ses confrères.
Il est d’abord une règle générale, au sujet de laquelle le médecin ne doit jamais transiger. « Tout médecin qui se respecte ne doit, dans aucun cas et sous aucun prétexte, enlever un malade à ses confrères. »
Examinons les différents cas qui pourront se présenter.
Le malade est en cours de traitement, sa maladie est suivie, depuis plusieurs jours ou plusieurs semaines, par un de vos confrères, mais la famille, trouvant que la guérison tarde, vous envoie chercher.
Que devez-vous faire? Vous vous rendez auprès du malade et vous commencez par vous informer du nom du confrère qui a déjà donné des soins. Que votre diagnostic confirme le sien ou soit contraire, vous ne devez rien en dire ; vous ne devez pas, devant des personnes incompétentes, vous faire juge de la médication instituée par un confrère.
Au contraire, vous devez vous efforcer d’effacer les doutes que la famille peut avoir sur son médecin habituel, les réconcilier si c’est possible, et demander que l’on vous mette tous deux en présence, afin de vous permettre d’étudier ensemble la médication à adopter.
Dans aucun cas, vous ne devez céder aux sollicitations du
MÉDECIN d’associations.
client et accepter de visiter le malade concurremment avec votre confrère, sans que celui-ci le sache. Vous ne devez jamais entrer chez un client par l’escalier de service.
Cependant, si, malgré vos exhortations, le client est formellement décidé à changer de médecin et vous choisit, vous ne pouvez refuser. Mais avant d’accepter, il faut que vous affirmiez au chef de famille qui vous a fait appeler, qu'il est absolument nécessaire que vous ayez une consultation avec le médecin qui a commencé le traitement et que vous le priiez de lui demander un rendez-vous. S’il vient, vous lui exposerez la situation, et la meilleure chose qu’il ait à faire est de l’accepter. S’il ne vient pas, ce qui se produit le plus souvent, vous vous informez à nouveau, atin de savoir s’il a bien été prévenu, et, si l’on vous répond affirmativement, vous pouvez accepter ce nouveau client. Vous avez fait votre devoir, votre confrère a refusé la consultation que vous lui proposiez, il a renoncé à ce malade.
Le médecin qui est ainsi délaissé n’a qu’à se résigner. Il enverra rapidement la note de ses honoraires, mais sans se laisser entraîner à ajouter la moindre récrimination ; toute explication né peut que compromettre sa propre dignité.
Si le malade n’est pas en cours de traitement, les difficultés sont moins grandes. Ce client avait un médecin qui l’avait soigné pour des maladies antérieures, il ne s’est pas trouvé satisfait de la médication qui lui a été donnée, et, au début d une indisposition nouvelle, il vient vous chercher. Rien n’est plus naturel : vous n’enlevez pas un client à un confrère, vous vous rendez à l’appel d’un malade.