‹ L'exercice de la médecine et le charlatanismeChapitre 145 sur 164 · EXERCICE ILLÉGAL. — CURÉS, SŒURS · texte numérisé non relu

EXERCICE ILLÉGAL. — CURÉS, SŒURS

au malade que son afTection reçoit les soins nécessaires; le malade néglige par conséquent de faire appel en temps utile à une médication curative, et lorsque l’intervention d’un médecin est sollicitée, celle-ci arrive trop souvent quand la situation est au-dessus des ressources de l’art.

Dans le jugement du tribunal de Grenoble, on (rouvait les considérants suivants:

Attendu... qu’en agissant ainsi, l’abbé Roux n’a pas fait acte de médecin ni usurpé les privilèges du corps médical; que, tant que ces granules et ces manuels seront dans le commerce à la disposition de tous, ce ne peut être un délit d’en conseiller et d’en diriger l’emploi.

Attendu qu’il n’est pas sans importance de considérer aussi que la loi du 30 novembre 1892, qui, de l’avis de ses auteurs, a été conçue dans un sens plus libéral et plus large que la loi de ventôse an XI, qu’elle a remplacé, qui a eu pour but de défendre l’humanité souffrante contre les entreprises de l’ignorance et du charlatanisme et de protéger le corps médical, si utile à la société, qui, toutefois, tolère, ainsi qu’on peut le voir dans l’exposé des motifs, les magnétiseurs, les masseurs et les arracheurs de dents, qui restent dans la limite de leur arl, ne peut avoir pour effet d’incriminer celui qui, comme l’abbé Roux, n’a fait de mal à personne, qui a fait, au contraire, beaucoup de bien en dirigeant avec intelligence et dévouement l’application d’une médication qui est connue de tous, que les pharmaciens vendent, que beaucoup de malades préfèrent, mais que les médecins ne veulent pas employer, non qu’ils la considèrent comme dangereuse ou nuisible, mais seulement parce qu’ils la tiennent pour absolument inutile.

Toutes les opinions émises par les magistrats qui ont rédigé cette partie du jugement sont inadmissibles.

Si chacun avait le droit de visiter les malades et de leur conseiller des traitements vantés dans des brochures, le législateur n aurait pas eu besoin de s’inquiéter de l’exercice illégal de la médecine, car il est bien peu de médicaments qui aient échappé à ce genre de réclame. Quel que soit le médicament, préparation magistrale ou officinale, ou remède secret, la prescription doit être faite par un médecin.

Enfin, dans le dernier paragraphe où les magistrats

oOG ClIARLATAMSME ET EXERCICE ILLÉGAL.

jugent lionne la pratique de l’abbé Roux et portent un jugement sur la valeur de la méthode de Matteï, ils ont dépassé la limite de leur compétence.

Après exposition de ces diverses raisons, je terminais ma consultation en disant que les faits rappelés dans le jugement du tribunal correctionnel présentaient tous les caractères de l’exercice illégal de la médecine.

L’alTaire vint en appel et l’abbé Roux fut condamné, en vertu des articles 16, 18,27 de la loi du 19 novembre 1892, et en vertu de l’article 4C3 du Code pénal, à 16 francs d’amende, 23 francs de dommages-intérêts envers le Syndicat médical du Sud-Est, et aux dépens de première instance etd’appel (1).

11 est fort curieux de voir combien le public se laisse entraîner facilement à consulter les prêtres qui pratiquent l’exercice illégal de la médecine; tous ceux qui préconisent un traitement, pour une maladie quelconque, sont certains du succès. Vous savez quelle est la vogue de la méthode Kneipp, qui se compose presque exclusivement de pratiques hydrothérapiques. Pour toutes les maladies, le traitement est le même; la seule différence consiste dans le nombre d’âffusions, d’ablutions ou de promenades dans l’eau. Les ordonnances sont, du reste, tout imprimées, et il suflit de placer en regard de chaque prescription thérapeutique le nombre de fois qu’il faut l’exécuter par vingt-quatre heures et pendant combien de temps. En voici, du reste, un spécimen (p. 507).

En ce moment, il existe dans la ville de Sens un curé qui passe pour guérir radicalement les coxalgies, les luxations congénitales de la hanche, en général tous les boiteux, par application de bandages spéciaux. Je ne sais s’il en a guéri quelques-uns, mais ce qui est certain, c’est qu’à ma connaissance, plusieurs chirurgiens ont été obligés d’intervenir a la suite de son traitement. Ce curé est assisté d’un médecin qui.

(1) Gazette hehd. de méd. et de chir., 189i, série, t. XXXI, p. 477, et 1895, 2e série, l. XXX 11, p. 72.

Nlî. Les ;i|)plic;itiünÿ prosei-itcs iloiveiit flre prise# a inten-nlles égaux, et en le# alternant les unes avec les autres Pour tous les iletaiL, un peut #e repia ler a mes ililVéreilt# uilvrage#. qui sont en \eiite (.laiis les meilleures litirairies.

EXERCICE ILLEGAL

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