Conférences sanitaires internationales
Enfin, Messieurs, une autre raison nous oblige à déclarer certaines maladies épidémiques; c’est une raison d ordre commercial qui a la plus haute importance.
Vous connaissez l’bisloire des quarantaines : les A eniliens en rapport constant avec l’Orient, avaient décidé, nue les navires venant de pays où régnait une maladie contagieuse ou ayant eu des décès à
de déposer leurs passagers dans un îlot dcdic a .an Jazare et ne pourraient entrer dans le port pour debarqii i Imirs marchandises qu’après un temps variable suivant a nature de la maladie. Celle méthode prophylactique a su >
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COXrKRENCES SANITAIRES INTERNATIONALES.
îlommes employés et transportés sur un navire était de quarante ou cinquante; on pouvait les parquer dans le lazaret, les nourrir pendant la durée de la quarantaine; mais actuellement, avec les paquebots qui font un service rapide entre l’Europe et les Indes et peuvent amener en quatorze jours de Bombay à Marseille 1400 à 1 600 individus, ce qui était chose facile est devenu impossible. Avec ce système, quand la peste a éclaté à Bombay il y a un an, nous aurions eu, au lazaret de Marseille, au moins 20 000 personnes; comment eût-il été possible de les loger et les nourrir?
On a proposé la désinfection et l’on s’est heurté à la même difficulté. La désinfection est possible pour un navire de très faible tonnage, mais songez au personnel et au nombre considérable d’étuves qui seraient nécessaires, pour désinfecter les 80000 colis des grands paquebots. Cela est absolument impossible.
A la suite de conférences sanitaires internationales, on a substitué au système défectueux des quarantaines, un système nouveau basé sur la déclaration des maladies.
D’après ces conventions, les puissances s’engagent :
1® A faire connaître si, dans le pays ou le port duquel le navire est parti, il existe des cas de maladie infectieuse;
2° A ne laisser charger à bord de leurs navires aucune marchandise souillée;
8° Chaque navire doit être muni d’une étuve à désinfection, qui permet d’enrayer toute épidémie se produisant à bord. Lnfm, à l’arrivée, les colis contenant des marchandises suspectes peuvent être désinfectés.
Depuis que ce système fonctionne, il a donné les meilleurs résultats; l’obligation absolue de donner le diagnostic des maladies infectieuses qui est la sauvegarde des dilTérents peuples, étant obligatoire, les municipalités ne pourront avoir recours à des subterfuges capables d’amener la suspicion sur toute une région. Dans un grand port de la Méditerranée, il y a quelques années, le clioléi'a régnait,
et la municipalité, qui avait le plus grand intérêt à ce que cette épidémie restât ignorée, répondait à toutes les demandes que l’état sanitaire était excellent. Le consul d une nation voisine put convaincre la municipalité de fausse déclaration ; il suivit une femme qui allait faire une déclaration de décès, l’accompagna à sa sortie de la mairie, lui prodigua des consolations, puisse rendit chez elle, capta sa confiance et prit une parcelle de matière fécale qu’il fit examiner à l’étranger. Le décès avait bien été causé par le choléra. Le résultat de cette enquête fut bientôt connu de toute l’Europe. La perte causée au port en question fut beaucoup plus considérable qu’elle ne 1 eût été si la déclaration franche et honnête de quelques cas de choléra avait été faite, parce que, arguant de cettefausse déclaration, les puissances étrangères prétendaient, alors que l’épidémie avait cessé, ne pouvoir accorder foi aux affirmations de ceux qui avaient voulu les tromper.