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Oculistes

11 est à remarquer que, parmi les opérateurs dont la responsabilité est le plus fréquemment engagée, ce sont les oculistes et les dentistes qui occupent le premier rang, surtout à cause des accidents qui peuvent survenir au cours de l’anesthésie qu’ils pratiquent pour des opéra tious bénignes en apparence. Nous nous occuperons de ce point en parlant des anesthésiques.

Voyons d’abord pour les opérations considérées surtout dans leurs résultats.

En 1893, le D'’ L... pratiqua une opération destinée à amener le redressement des yeux chez une femme atteinte de strabisme. Voici dans quelles circonstances.

En 1893, cette femme s’était présentée à la clinique du D’’ L... L’œil droit était atteint de cécité survenue, d’après les affirmations de la malade, à la suite d’un érysipèle, qui, aux environs du terme d’une grossesse, l’avait frappée du coté droit do la face; il était, de plus, atteint de strabisme ; la déviation atteignait 20 degrés.

En 1893, ce strabisme s’était accentué et avait atteint 40 degrés, mesurés à l’arc périmétrique. A l’ophtalmoscope, on trouva la papille blanche, sans trace de papillite ou rétinite ancienne; le diagnostic fut le suivant: atrophie du nerf nplir/ue^ secondaire d'une rétinite rétrobulbaire d origine infectieuse. L’opération s’imposait.

Après lui avoir fait des lavages antiseptiques des yeux avec une solution de sublimé à 1 p. 3 000, le D' L... lit

(I) Voy. p. 37-2.

Ol’ÉKATlONS. — OCULlSTliS.

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du

l’opératioii du redrGssGnieiil. Klant donné Ig dG^n strabismG Gl l’aniaurosG dG l’œil droit, il pratiqua la iénoio mie Gt Vavancement musculaire sur lœil dévié Gt 1g simple

avancement sur l’autre.

Six jours après l’opération, 1g L... rGtira Igs fils dGS deux yGux. On pratiqua dGS lavages antisGptiquGS avec du sublimé à 1 p. 8 000, et; 1g lendemain, on remplaça le pansement par des lunettes coquilles fermées.

Deux jours après, l’assistant du D-- L... constata dans l’œil gauche le début d’un abcès de la cornée, dans le segment supérieur de cette membrane. Il est a remarque! qu à ce moment la guérison de 1 opération était normalement accomplie, les muscles s’étant attachés au globe oculaire par première intention, et que l’opération n avait aucunement porté sur le point atteint de suppuration.

Le D" L... institua le traitement rationnel, pratiqua des cautérisations au galvanocautère et, cinq jours plus tard, les progrès de l'infection étaient arrêtés. On put éviter la hernie de l’iris et la luxation du cristallin, pendant l’organisation de la cicatrice, et la malade, au bout de quarante-six jours, quitta la clinique. Les yeux étaient à ce moment entièrement redressés; l’œil gauche pouvait distinguer les gros objets et les mouvements de la main dans tous les segments du champ visuel. La vision devait, du reste, s’améliorer par la suite, par la formation d’une papille artificielle en rapport avec le segment de la cornée qui avait pu être ménagé.

Le mari de la malade engagea des poursuites contre le D'’ L... pour les motifs suivants : d’après lui, sa femme avait été opérée par surprise, attendu que si, avant l’opération, on l’avait prévenue, elle s’y serait refusée; en second lieu, il accusait le médecin d’avoir institué un traitement qui n’était pas rationnel ; car, disait le mari dans sa plainte, il avait « acquis la certitude que, pour opérer un œil du strabisme, il n’est pas nécessaire d’opérer l’autre œil »; enfin, il faisait remarquer que le D'' L... avait prouvé

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