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LA RESPONSABILITÉ DU MÉDECIN
qu’il avait commis une faute, en donnant à sa femme des secours pe'cuniaires pendant son séjour à sa clinique.
Le Procureur de la llépublique me demanda une consultation à ce sujet.
Après avoir pris connaissance du dossier, et avoir demandé quelques éclaircissements au D*" L... et à son assistant, je fus convaincu que la plainte était en tous points mal fondée. La malade n’avait pas été opérée par surprise, puisque c’est elle-même qui demandait à être débarrassée d’une infirmité qui l’exposait aux plaisanteriesde ses camarades d’atelier. L’opération, qui, dans un cas de strabisme aussi accentué, doit forcément porter sur les deux yeux, avait été pratiquée avec tous les soins d’antisepsie et d’asepsie désirables, puisque aucun des points sur lesquels avait porté l’opération n’avait suppuré. Enlin, si le L... avait donné des secours à la malade, c’était simplement par bonté, pour lui venir en aide pendant le temps qu’elle était obligée de passer à sa clinique où, du reste, elle était soignée gratuitement.
Au cours de mon enquête, il me fut démontré que l’infection provenait bien du fait de la malade, qui était atteinte de blennorragie, et non du fait de l’opérateur. Je rédigeai ma réponse dans ce sens, et le juge rendit une ordonnance de non-lieu.
Cette alYaire a eu une suite assez imprévue : quelques jours après, le D" L... reçut la visite du beau-frère du plaignant, qui vint lui faire des excuses, disant qu'il n’avait appris qu’après le dépôt de la plainte les imprudences commises par sa belle-sceur et qui avaient déterminé sa maladie; il ajouta que la malade était très heureuse de l’opération qu’elle avait subie et que la vision de l’œil malade s’était très sensiblement améliorée.
Les oculistes peuvent être également poursuivis àla suite de l’application de certains médicaments. Les clients attribuent volontiers les accidents non à la maladie, mais à la médication.