PRÉFACE
Par sa profession, le médecin prend part à tous les actes de la vie des familles et à un grand nombre de ceux qui intéressent l’administration des communes, du département, de l'État ou l'exercice de la justice. Ortous ces actes sont régis par des lois, par des décrets, À des règlements et même des conventions internatio- 9 nales.
Pendant son séjour dans les Facultés de médecine, le jeune docteur s’est, avec raison, préoccupé d'acquérir la plus grande somme de connaissances possible sur le diagnostic, le pronostic et le traitement des ma- ladies. Mais, comme élève, il a été uniquement en rapport
__ avec les malades des hôpitaux. Le chef de service ne s’est préoccupé devant lui que des questions relatives àla nature, à l’évolution et au traitement des maadies ; le directeur et l'administration de l'hôpital ont charge de veiller à l’accomplissement régulier des formalités prévues par les lois et concernant les nais-
Fe sances, les inhumations,2l'aliénation mentale, etc. L'élève n’a pas entend parler de ces formalités, à peine les soupçonne-t-il; parfois même il considère avec un certain dédain les prescriptions réglementaires
ii sexécutent à côté et en dehors de lui.
ssi, lorsqu'il entre dans la pratique médicale, il
torité an ot ou judiciaire.
Il sait que, suivant la vieille formule, rien de ce qui concerne l'humanité ne doit être étranger au médecin, etil pense qu’il trouvera dans sa conscience les : moyens de parer aux diverses éventualités. Certes, il ne peut trouver un meilleur guide. Mais il ne suffit pas de vouloir bien faire, il faut savoir comment faire, et en ignorant les lois auxquelles il doit obéir, il
risque de compromettre les intérêts du malade etles siens. ,
Ainsi, chaque jour, des élèves, des docteurs, demandent au Doyen de la Faculté des autorisations, des faveurs, des dispenses, alors que les droits de chacun sont réglés par des lois, qui lient le Doyen aussi bien Si que le Ministre. La distinction entre une loi, un décret, 4 un arrêté ministériel, un règlement intérieur, n’est pas familière aux étudiants. Leur conviction, si leur demande est accueillie ou repoussée, c’est qu’on leura accordé ou refusé une faveur, dépendant uniquement du bon vouloir. Cet état d'esprit n’est pas nouveau, ESS est traditionnel, on l’a souvent reproché aux médecins.
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