ORDONNANCES INCOMPLÈTES
bien certain que tel de nos grands médecins ou chirurgiens ne formule pas six ordonnances par jour, et, cependant, il touchera au bout de l'année, un chiffre d'honoraires infiniment supérieur à celui du petit médecin d'un quartier excentrique, qui, pour vivre, aura été obligé de rédiger chaque jour quinze ou vingt ordonnances. Il faut, en outre, compter avec les mauvais payeurs et avec ceux qui sont trop pauvres pour payer. Non seulement le médecin ne sera pas rémunéré de son dérangement, mais encore il aura été obligé de laisser chez son client insolvable une ou plusieurs ordonnances, dont il aura acquitté le timbre.
Je pense que ce remède serait encore pire que le mal; aussi, je crois que le mieux, pour nous, est de ne pas demander ce limbrage des ordonnances, qui aurait de grandes chances d’être un impôt ajouté à celui que nous payons.
La seule solution, à mon avis, est de bien recommander aux médecins d'écrire leurs ordonnances d'une façon correcte et lisible, en insistant sur ce point que l'écriture illisible ne peut servir qu'à permettre à l'exercice illégal de la médecine d’être pratiqué avec la plus grande facilité et sans aucun risque.