ACIDE PHÉNIQUE
faut placer celle qui survient à la suite de la simple application de compresses imbibées de solution phéniquée sur une plaie. Maschka rapporte le cas d’un enfant nouveau-né, mort en vingt minutes, à la suite d'une application, sur la section du cordon ombilical, d'une compresse imbibée d'huile fortement phéniquée (1). Meltzer cite un enfant auquel on plaça autour du gland des compresses imbibées d'une solution phéniquée à 4 p. 100, quatre heures après une circoncision. Ces compresses furent laissées jusqu'à la mort, qui survint au bout de vingt heures; elles avaient été changées toutes les deux heures (2).
Il est à remarquer que l’intoxication se produit d'autant plus facilement que la compresse chargée d'acide phénique est changée plus souvent, de nouvelles quantités de substance active étant apportées par chaque nouvelle application.
Woresundam, à propos d'une observation de gangrène du doigt survenue à la suite d'application de compresses trempées dans une solution phéniquée forte, rapporte vingt cas de gangrène phéniquée {3). Kelloch et Baldwin citent cinq nouveaux faits de ce genre (4); dans deux cas, l'amputation fut nécessaire.
Vous le voyez, Messieurs, les cas d'intoxication ou de gangrène par suite de l'application de pansements phéniqués sont assez fréquents ; il est donc nécessaire que vous preniez à ce point de vue de sérieuses précautions; la meilleure est de constater chaque jour l'élat des urines de vos malades; sitôt qu'elles offrent une teinte brune, il est nécessaire de cesser le traitement; de plus, je vous recommande de vous méfier des susceptibilités personnelles, surtout chez les enfants.
(1) Maschka, Schmidl's Jalr'bucher, t. 11, 1887.
(2) Meltzer, New York med. Monalschrift, t. 1, p. 4, 1889; Schmidés
Jahrbucher, décembre 1889, p. 234.
(3) Woresundam, Gangrène phéniquée (Med. News, avril 1890). (4) Kelloch et Baldwin, /bid., mai 1890.