‹ l` exercice de la medecineChapitre 88 sur 188 · ATROPINE · texte numérisé non relu

ATROPINE

L'intoxication par l’atropine peut survenir de diverses manières : d’abord par suite d’une erreur de flacon.

Un enfant de deux ans avale en partie un collyre qu’on lui avait prescrit pour une conjonctivite; il absorbe environ 3 centigrammes de substance active. Deux heures après, il a de la mydriase, de la dilatation pupillaire énorme, de la paralysie des muscles de la déglutition et tombe dans le coma. Au bout de cinq heures apparaît un rash scarlatiniforme sur les bras, la face et la poitrine. Après un trailement approprié, le coma cesse au bout de neuf heures, les pupilles réagissent et le petit malade peut avaler du lait. La guérison fut complète en vingt-quatre heures (1).

Un autre mode d’empoisonnement accidentel est l’ingestion de baies de belladone.

Il y a quelques années, à Asnières, les enfants d’une . classe enfantine furent pris de malaises inexpliqués ; craignant une épidémie, l'école fut licenciée. Les enfants avaient mangé des baies de belladone : six d’entre eux furent très malades, mais aucun ne mourut.

(1) Brit. Med. Journal, ? juillet 1887, p. 19.

Enfin l'erreur causant l'empoisonnement peut provenir du pharmacien ou de l'herboriste qui, se trompant de bocal, délivre des feuilles de belladone au lieu de feuilles de chicorée sauvage ou d’autres plantes inoffensives.

Je fus, un jour, prié par le Préfet de police de visiter dans les circonstances suivantes une personne qui, croyait-on, était atteinte d’aliénation mentale : La malade avait été prise subitement de crises furieuses; elle s'était portée à des voies de fait sur la demoiselle qui l’aidait à tenir son magasin et sur son mari. Le médecin appelé conclut à l’aliénation mentale, et une demande d'internement fut aussitôt transmise au commissaire de police. Celui-ci, étonné de celte crise subite que nul symptôme antérieur n’avait pu faire prévoir, en référa au Préfet de police. Quand j'arrivai, je trouvai une femme atteinte d’hallucinations, de délire de combativité, de troubles cardiaques et pulmonaires, la bouche sèche, la pupille dilatée et le corps couvert d’un rash caractéristique. Je conclus à l’'empoisonnement par la belladone, un traitement fut institué et la malade guérit rapidement. Voici comment celte intoxication s'était produite; cette personne ayant désiré, je ne sais pour quelle cause, prendre de la tisane d’érysimum, s'était rendue chez ‘une herboriste qui lui avait remis des feuilles de belladone ; elle avait absorbé une décoction contenant environ 3,50 de feuilles, qui avait suffi pour occasionner les troubles que je vous ai décrits.

Ces cas dus à des erreurs sont rares.

Le plus souvent l'on voit survenir des accidents à la suite d'injections sous-cutanées d'atropine. Quand M. le D' Béhier apporta d'Angleterre la méthode des injections hypodermiques, on ne pratiquait que les injections d’atropine ; ce n'est que quatre ou cinq ans après, que l'on commença à se servir de la morphine. Au début on ne signala pas d'accidents, la nouvelle médication faisait merveille.

Au moment de l'inauguration de l'Opéra de Paris, un lord anglais, accompagné de sa fille, traverse la Manche

RS RU ne MAUR CE > +

Page 1