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ATROPINE

pour assister à cette solennité. Débarqué en France, il télégraphie au Grand Hôtel que sa fille souffrant d'une névralgie, il désire que ie médecin de l'hôtel vienne au moment de jeur arrivée, pour que la jeune fille puisse aller le soir à l'Opéra. Le médecin de l'hôtel était un ancien chef de clinique de Trousseau, qui, après examen de [a malade, pratiqua une injection d’atropine. La jeune fille succomba en quelques minutes. IL n'y avait pas eu erreur de médicament; la solution employée avait déjà servi pour d’autres personnes qui n'avaient présenté aucun symptôme spécial. La responsabilité du médecin ne pouvait être mise en cause.

Cet accident fit grand bruit, on en parla dans les réunions médicales et l’on ne larda guère à connaître un certain nombre d’accidents de même nalure, arrivés à des médecins qui, jusqu'alors, ne les avaient pas signalés.

Est-ce à dire que l’on doive toujours incriminer l’injection sous-cutanée dans ces cas de mort subite? Assurément non, car on peut parfois trouver à l’autopsie des lésions expliquant parfaitement ce genre de mort.

Il y a quinze ans environ, M. R... fit appeler un médecin, qui lui fit une injection sous-cutanée d’atropine; le malade mourut; la femme réclama une indemnitéet des poursuites furent engagées. A l’autopsie, on trouva le foie et les reins très durs : foie et reins d'alcoolique; sur le côlon descendant, on découvrit un rétrécissement cylindrique, capable, à lui seul, d’occasionner la mort subite. L'affaire n'eut pas de suites.

M. le D° Vibert à rapporté une observation analogue, qui présente un grand intérêt médico-légal, en raison de la situation occupée par la victime et des contestations qui auraient pu survenir après sa mort, au sujet du payement d'une prime d’assurance sur la vie.

Un jeune médecin de trente-trois ans, exerçant dans les environs de Paris, vient déjeuner chez son frère, honorable commerçant ; il avait contracté l'habitude de se faire des piqûres de morphine, parce qu'il ressentait parfois de vives

douleurs abdominales. Dans la matinée, il est pris de malaise, de douleurs de ventre, de diarrhée; il refuse de déjeuner, et comme ses souffrances s’exaspèrent, il veut rentrer chez lui. Le voyage semble s'être passé sans incidents et il meurt dans le cabinet du chef de gare de la localité qu'il habitait. Comme le frère du docteur X... savait que celui-ci avait contracté une assurance sur la vie, il se rendit chez le Procureur de la République, et, très loyalement, lui déclara qu'il se demandait si le décès de son frère n’était pas dû à une cause imprévue, et s’il n’y avait pas eu suicide, par injection d'une dose exagérée de morphine. Dans le cas où l’autopsie confirmerait ces suppositions, M. X... était décidé à renoncer à toute revendication vis-à-vis de la compagnie d’assurances sur la vie. L'autopsie médico-légale fut pratiquée par M. le D° Vibert; elle montra qu’au niveau du côlon descendant, il existait un rétrécissement tubaire, long de 17 centimètres, commençant un peu au-dessus de l’S iliaque. La paroi de l'intestin était indurée, épaissie, et présentait, au-dessous de la muqueuse, une couche de tissu très dense, d’environ À millimètre d'épaisseur; l'intestin était un peu boursouflé; au-dessus du rétrécissement, il y avait une petile quantité de matières fécales. Le D' Vibert, en l'absence de substances toxiques, rejeta l'idée de suicide et conclut à une mort naturelle. Vous savez que certains médecins ont proposé de praliquer des injections atropo-morphinées, sous le prétexte que la morphine est l'antidote de l'atropine; je crois que cette méthode n’est pas heureuse et ne peut qu'augmenter les chances d'accidents, en associant deux causes de dangers. Pour l’atropine, je vous répéterai ce que je vous disais pour l’aconitine. On ne trouve en général aucune lésion anatomo-pathologique, l'analyse chimique des viscères ne donne habituellement aucune indication et l'analyse physiologique ne fournit que des résultats incertains.

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