‹ L'Exfoliation Lamelleuse Des Nouveau-NésChapitre 12 sur 20 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

PREMIÈRE OBSERVATION Cas présenté à la Société de Dermatologie par MM. HacLorEau et WATBLET, en 1892.

L'enfant est né le 21 janvier. Examiné un quart d'heure après sa naissance, tout son corps élait alors recouvert comme d’une pellicule très blanche. On aurait dit qu'on l’avail saupoudré avec de la poudre de riz. Un quart d'heure après, cette cuticule se fendillait par places, surtout au niveau des plis naturels de la peau, puis elle se recroquevillait et tombait par lambeaux. Partout, l'épiderme semblait tendu, particulièrement au niveau de la bouche dont les contours avaient l’aspect parcheminé. Toute la surface du corps présentail une coloration carminée, lirant sur le jaune : elle ressemblait à celle qu'aurail produite l'immersion dans un bain de teinture d'iode.

Le 23, la coloralion de la face était moins vive.

Le 24, la desquamalion se faisail par places ; Pépiderme paraissait particulièrement lendu au niveau des extrémités digitales qui élaient décolorées el rappelaient l'aspect du doigt mort.

Les membres étaient en permanence à demi fléchis el on élait empêché de les redresser, par la résistance de l’épiderme.

Le 25, on conslale que loute la peau présente une coloration d’un rouge vif, presque scarlaliniforme ; elle

Ro

n'est pas indurée et ne semble pas épaissie ; son altéralion paraît porter exclusivement sur l'épiderme ; il semble que le feuillet corné de cette membrane ne fasse plus corps avec les parties sous-Jacentes et ait partout tendance à s’en détacher. Déjà, en différents points, el particulièrement sur le devant du tronc, ainsi qu'au pourtour des orbites, il s'est craquelé et est devenu le siège de fissures au niveau desquelles le tissu sous-jacent est excorié superficiellement; en différentes régions, l’épiderme desquame en larges lambeaux assez épais ; les surfaces ainsi mises à nu, sont d’un rouge plus vif que les autres. Les paupières supérieures sont renversées en ectropion et leur déviation s’accentue davantage quand l'enfant vient à pleurer.

Le 26 janvier, lépiderme se soulève et tend à se détacher en beaucoup de points, surtout au tronc. L’ectropion ne se produit plus que lorsque l'enfant pleure.

Le 8, l’épiderme a desquamé en larges lambeaux sur la plus grande partie du tronc, sur loute la face et sur une partie des cuisses. Sur les parties desquamées de la face, on voil de nouvelles squames, très fines et très minces. L’ectropion n'existe plus. Le feuillet altéré de l'épiderme persiste encore sur la plus grande partie des membres ; on ne saurail encore mieux faire, pour donner une idée de son aspect, que le comparer à une couche de collodion qui aurait été appliquée sur la surface de la peau el se serait craquelée en divers points. En diverses régions, l'épiderme prend une teinte brunâtre tout à fait semblable à celle qu’il présente dans cer- Laines brûlures et aussi quand il à séjourné un certain temps sur une table d'amphithéâtre.

Les doigts et les orteils sont fléchis et décolorés comme sur le cadavre.

Les pavillons des oreilles sont aplalis; leur bord est

notablement épaissi.

On note, au-dessus de l’ombilic, dans une région où la desquamation s'est produite il y a déjà plusieurs Jours, une fissure transversale encore ulcérée ; l'épiderme est craquelé et fissuré au niveau du pli de flexion du poignet droit.

La rougeur des téguments est actuellement beaucoup moins vive que les premiers jours. Les cheveux persistent après la desquamation.

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