SCÈNE II
NICOLO, seul.
Oh ! l’étude ! le livre ! Admirables trésors ! (Lisant.)
Contre les corrupteurs quels vigoureux transports !
Que ce Tacite est grand, et qu’il est sympathique !
C’était un honnête homme ! Etait-ce un politique?
•22 L’EXIL DE MACHIAVEL
Je le fus... Et pourtant je gravis aujourd’hui L’escalier étranger, je vis du pain d’autrui !
Florence compte en moi son fils le plus insigne ;
Florence m’a cliassé comme un valet indigne !
Je lus, pendant vingt ans, son oracle, sa loi,
Et Florence m’oublie, et sait vivre sans moi !
Si Tacite eut plus d’âme, eut-il plus de génie?
Allons, relevons-nous de tant d’ignominie !
Le pouvoir appartient aux plus forts, aux plus grands !
C’est mon bien, je l’attends! je le veux, je le prends !
A moi ses voluptés, à moi sa jouissance!
Mon génie est mon droit, ma plume est ma puissance. Rivaux obscurs, fuyez ! rentrez dans votre nuit !
Ombres, disparaissez... quand mon soleil reluit !