‹ L'exil de Machiavel drame en trois actes et en vers (volume 2)Chapitre 5 sur 55 · M1NT · texte numérisé non relu

M1NT

Oui, Monsieur, c’est mon nom.

FERRALDI.

N’avez- vous pas chez vous d’autres personnes?

FULVI.

Non !

FERRALDI.

Non.

MINTO

Pourquoi cette erreur? Il faut toujours, mon frère, Aimer la vérité, nous fût-elle contraire.

FULVI.

Mais en quoi donc, mon frère, ai-je pu la trahir?

minto, à Ferraldi.

Un soin pieux, Monsieur, nous a fait recueillir Là, dans cette demeure, à la nôtre adhérente, Une jeune persone, Alix, notre parente.

Elle a, pour gouvernante, une duègne.

FERRALDI.

Personne autre?

C’est bien.

MINTO

Un valet?

FERRALDI.

Plus rien encor?

MINTO

Plus rien !

J’oubliâis... Nicolo, notre maître... un poète!

FERRALDI.

Donc, votre solitude est réelle et complète. ..

Une jeune parente, un maître... rien de plus...

Sous le toit paternel, vous vivez en reclus...

Et cette solitude, où nul n’ose paraître.

Ne s’ouvre qu’aux brouillons qu'a pardonnés mon maître : Eh, tenez, les voilà, sans doute, au rendez-vous.

fulvi, allant à cinq ou six jeunes gens qui entrent.

Mes amis? De quel droit les soupçonneriez-vous?

ferraldi, montrant ses soldats.

Du droit qui, devant lui, fait que tout tremble et ploie...

. ( Montrant un écrit.)

Du droit que m’a donné le maître qui m’emploie.

FULVI.

Que nous reproche-t-il? Parlez !

, alix, bas, fixant Minto.

Contenez-vous !

Et regardez !

f> L'EXIL DE MACHIAVEL.

minto, à part.

Alix m’observe !

FERRALDI.

Écoutez tous ! (Il lit.)

« ün loyal ami des Médicis croit de l’honneur de signaler à » son Altesse une maison, devenue, à San Casciano, le refuge » des mécontents. Dans cette maison, dont le père a fui quel- » ques jours après la mort de sa femme, se trouvent deux » frères, à peu près du môme âge, Fulvi et Minto ; mais au- » tant Minto est grave et modéré, autant son frère est hardi et » dangereux. Le loyal serviteur de son Altesse pense que la » proximité de Florence exige que Fulvi soit éloigné de San » Casciano. »

fulvi, voulant prendre l'écrit.

Livrez-moi... Je veux voir...

minto, le déchirant avant que Fulvi ait pu le voir .

. Non, c’est vous faire injure;

Où se cache le nom se montre l’imposture.

aux, très -bas, regardant toujours Minto.

Écoutez !

minto, embarrassé par le regard d'Alix.

Le méchant qui nous vaut cet éclat,

Vous trompe en vous donnant comme hostile à l’État,

Un citoyen honnête et dévoué quand même Au duc que la Toscane a mis au rang suprême !

FULVI.

Qu’osez-vous dire?

FERRALDI.

Eh quoi! Ce noble dévouement, Le désavoueriez-vous ?

Peut-être en ce moment...

FEItKALDI.

Et pourquoi?..

MINTO

De son cœur je connais la noblesse :

L’injustice l’irrite, et le soupçon le blesse;

Fort de son dévouement, il le veut respecté ,

Et conteste le droit de le voir contesté...

Un mot accusateur lui semblant un outrage,

Se défendre, pour lui, c’est manquer de courage,

Et perdant, s’il le faut, le calme et le respect,

Il sera factieux pour n’être pas suspect.

FULVI.

Mon frère!...

minto. *

Eh quoi! mon frère, irez- vous contredire

** Ferraldi, Minto, Fulvi, Alix.

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